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Tome neuvième.
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mande aux moissonneurs de couper les fro-mens un peu haut pour qu’il reste une plusgrande longueur de paille fur la terre. Mieuxla paille est nourrie , plus elle a de consis-tance , & plus le chaume' 1 est propre à faireune bonne couverture. Pour couvrir des gla-cières , on préféré le chaume de seigle , ouà son défaut, la paille la plus menue, parceque les parties de ce chaume s’approchentplus les unes des autres, & ne donnent aucunpassage à l’air.

Le chaume faisant une couverture très-légere , il est inutile de donner beauctíùpde force à la charpente du toit ; il ne doitêtre ni trop plat ni trop roide , parce quedans le premier cas Peau couleroit trop len-tement & pénétrerait le chaume, & quedans le second plusieurs parties de chaumeRéchapperaient peu-à-peu, & par-là donne-raient bientôt entrée à la pluie.

Le couvreur ayant fait son cours de lat-tes fur les chevrons, à six ou sept pouces dedistance , prend au meulon ou tas où est lechaume , une braisée de cette matière qu’ilsecoue à terre pour rendre les brins égauxen les faisant tomber peu-à-peu ; & lorfqu’ill’a bien rangée , il en forme une javelle :après que toutes ces javelles font faites , ilchoisit celles dont le chaume est de meil-leure qualité , & en forme l’égoût du toit enles y arrêtant par un enlacement d’osier , &en arrangeant les coujjlnets , ou les javellescoupées en deux, de façon à fe bien ferrerles unes les autres, 6c à fe recouvrir un peupar le côté.

Ce premier lit de javelles étant bien fait,on continue ainsi de rang en rang jufqu’aufaite ; & pour donner aux brins de chaumele temps de s’affaisser les uns fur les autres ,on ne finit la couverture que deux ou troisjours après. Ensuite le couvreur va la visiterpour y introduire avec la palette , qui est unmorceau de bois de forme elliptique & àmanche court, & remettre de nouveau duchaume dans les endroits qui n’en font pasasl'ez garnis. II finit son travail en polissantle chaume avec les dents du peigne , oti râ-teau de bois dont les dents font perpendi-culaires au manche.

La couverture en roseaux qui croissent-dans les marais, fe fait à peu-près commecelle de chaume , avec cette différence que

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les cours des lattes ne font distans que dstrois pouces ; & que , comme le roseau estsujet à couler , on le lie en plusieurs en-droits. Cette couverture, qui exige plusd’adreste que celle de chaume , coûte auílîdavantage , & dure au moins une quaran-taine d’années fans qu’on soit obligé d’yfaire aucune réparation.

Le couvreur en tuile doit savoir en re-connoître la cuisson au son qu’elle donnelorfqu’il frappe dessus avec son marteau ,afin de ne pas employer une marchandisedéfectueuse & faire une mauvaise couver-ture.

Quand la tuile est montée, il commencepar former l’égoût en posant sur la chan-latte un sous-double' ou rang de demi-tuiles,qui déborde la chanlatte de quatre pouces.Les chanlattes font des planches de six àsept pouces de largeur, taillées en chan-frein , dont un bord a deux pouces d’épais-seur , & Pautre est taillée en lame de cou-teau. Sur ces demi-tuiles on pose le doubléqui consiste en un rang de tuiles qui portentfur la chanlatte, & dont le bord soit arraferle fous-doublé, fans laisser de pureau, c’est-à-dire , fans laisser aucune partie apparentede la tuile de destous.

Dans la couverture des toits ordinaires,'on fait toucher les tuiles; dans les verreries,brastèries, brûleries, fonderies & hangards,on les couvre à clairevoie, en laissant d’unetuile à Pautre la distance du tiers de la lar-geur de la tuile.

Lorsque le toit & les arêtiers font cou-verts , & qu’on a formé les noues , les fran-chis , & les ruellées , on couvre le faîteavec des faîtieres , ou faîteaux , ou tuilescreuses. On appelle franchis la tuile qu’onrehaustè un peu du côté du mur qui est plusélevé que le toit, & on la couvre d’un filetde mortier ou de plâtre , ce qu’on nommeune ruellée.

Les couvertures d’ardoife font les plusbelles & les meilleures que nous ayions ;quand elles font bien faites elles forment unplan très-uni, font impénétrables à la pluie,6c durent long-temps.

Le couvreur commence son opérationpar préparer les ardoises qu’il choisit de lameilleure qualité : voye\ ARDOISIER. IIlatte ensuite , en espaçant son lattis, suivant