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Tome neuvième.
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de décider íì les oiseaux ont été avant lesàfs, ou les oeufs avant les oiseaux. De sortequ’ils concluoient que le monde étant éter-nel , toutes choses avoient été & seroientdans une vieilli laide mutuelle de générations.Les philosophes Grecs avoient été prévenuspar les Egyptiens dans l’opinion de l’éternitédu monde ; & peut-être les Egyptiens I’a-voient-ilsétépar d’autres peuples dont nousn’avons aucune connoiflance. Mais nons nepouvons en être éclaircis; car c’est en Egypteoù nous découvrons les premieres traces dela philosophie. Les prêtres étoient ceux quis’y appliquoient le plus ; mais généralementtous les Egyptiens croyoient& admettoientdeux divinités premieres & éternelles, lesoleil & la lune , qui gouvernoient toutl’univers. Quoique ce système ne supposâtpoint entièrement le monde éternel , ce-pendant il approchoit beaucoup de celuid’Aristote , en supposant l'éternité du so-leil & de la lune. II étoit beaucoup moinsabsurde que celui qui rendoit le hasard lacause de l’arrangement de Punivers ; au lieuque les deux premiers principes intelligensque supposoient les Égyptiens, leur fai-soient trouver aisément la cause de l’ordre& de sa continuation. Ils n’étoient plus sur-pris de la justesse que nous appercevonsdans le cours des astres & dans les arrange-mens des saisons , puisque la réglé avoit étéfaite & étoit encore conservée par des êtresintelligens & éternels.

Mais si le système de l’éternité du mondeétoit plus suivi & mieux raisonné que celuides épicuriens , le système de ces derniersavoit fur l’autre beaucoup d’avantages , quelui fournissoient les vestiges sensibles qu’onrencontroit par-tout, de la jeunesse & de lanouveauté du monde. Pour se tirer d’affai-re, on avoit recours aux déluges & aux em-brasemens. Mais rien n'est plus vain ni plusfrivole que cette réponse ; car ces inonda-tions & ces embrasemens n’ayant pû consu-mer que quelques contrées, puisqu’un dé-luge ou embrasement universel n’est possi-ble que dans l’ordre surnaturel, le mondene seroit pas retombé dans fa premiere en-fance par ces désordres. Les nations conser-vées auroient reçu ceux qui seroient échap-pés à ces malheurs, & leur auroient com-muniqué leurs avantages. A supposer même

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qrue ces tristes restes du genre humain eus-sent subsisté seuls , & qu’ils eussent été en-gagés à repeupler la terre , ils n’auroienepas oublié les commodités nécessaires à lavie : quand même ils auroient voulu négli-ger la culture des arts & des sciences, lesmaisenv, les navires , le pain , le vin , leslois , la religion , étoient de ces choses né-cestaires , qu’un déluge ou un embrasementne pouvoit effacer de la mémoire des hom-mes , fans détruire entièrement le genrehumain. On auroit quelque monument fquelque tradition , quelque petit recoindans l’histoire , qui nous laiíseroient entre-voir ces inondations & ces embrasemens \au-Iieu qu’on ne les trouve que dans les con-jectures ou dans la feule fantaisie des philo-sophes entêtés d u système de la prétendueéternité du monde. Ainsi il faut nécessaire-ment demeurer d’accordque toute l’histoire-de l’univers réclame contre cette absurdité.

Mais pourquoi tant d’habiles gens ont-ils-embrassé un système si incompatible avecF histoire ? Les raisons n’en font pas diffici-les à trouver. II n’y avoit point de milieuentre le sentiment d’Epicure , qui attri-buoit la formation de l’univers au concoursfortuit des atomes, & l’opinion de l’éter-nité du monde. Car la création n’a été con-nue que par la révélation; la raison humainen’avoit pas assez de force d’elle-même pourfaire cette découverte. Ainsi étant réduits àla nécessité de choisir un monde éternel,ou un monde formé par l’aveugle hasard, ilstrouvoient beaucoup moins de difficultés àprendre le parti de l’éternité, tout contrairequ’il étoit à l’histoire , contre le concoursfortuit des atomes, qui tout téméraire &aveugle qu’il est , auroit formé néanmoinsun ouvrage , le plus sage & le plus constantque l’esprit humain se pût figurer , un ou-vrage permanent, uniforme, & toujoursconduit par une sagesse simple dans ses voies& féconde dans ses effets.

A peser les difficultés , ils en trouvoientbeaucoup moins dans leur système , & ilsavoient raison. Mais comme d’un autre cô-té , ni l’histoire, ni les monumens du mon-de , n! la nouveauté des sciences & des arts,ne pouvoient s’allier avec ce système de l’é-ternité ; pressés qu’ils étoient de ces objec-tions par les épicuriens, ils coupoient ce