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Tome neuvième.
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C R E

Une banque dans fa premiere institutioneitun dépôt ouvert à toutes les valeurs mer-cantiles d’un pays. Les reconnoissances dudépôt de ces valeurs, les représentent dansle public , & se transportent d’un particu-lier à un autre. Son effet est de doublerdans le commerce les valeurs déposées. Nousvenons d’expliquer son objet.

Comme les hommes ne donnent jamaistellement leur confiance qu’ils n’y mettentquelque restriction , on en a exigé que lesbanques eussent toujours en caisse un capi-tal numéraire. Les portions de ce capitali font représentées par des reconnoissances ap-.pellées actions , qui circulent dans le public.

Le profit désintéressés est sensible: quandméme la vaine formalité d’un dépôt oisifse roi t exécutée à la rigueur, la banque a unautre genre de bénéfice bien plus étendu.A mesure qu’il se présente des gages, ou dupapier solide de la part des négocians ; elleen avance la valeur dans ses billets , à unepetite portion près qu’elle se réserve pourPintérét. Ces billets représentent réellementla valeur indiquée dans le public ; & n’ayantpoint de terme limité , ils deviennent unemonnoie véritable que l’on peut resserrerou mettre dans le commerce à fa volonté.A mesure que la confiance s'anime, les par-. ticuliers déposent leur argent à la caisse dela banque , qui lui donne en échange ses re-connoiíîànces d’un transport plus commode;tandis qu’elle rend elle-méme ces valeurs aucommerce, soit en les prêtant, soit enremboursant ses billets. Tout est dans Tor-dre ; la sûreté réelle ne peut être plus en-tiere , puisqu’il n’y a pas une feule obliga-tion de la banque qui ne soit balancée parun gage certain. Lorsqu’elle vend les mar-chandises fur lesquelles elle a prêté , ou queles échéances des lettres de change escomp-tées arrivent,elle reçoit en paiement, ou sespropres billets, qui dès-lors font soldés jus-qu’à ce qu’ils rentrent dans le commerce ,oudel'argent qui en répond, lorsque le paie-ment sera exigé, & ainsi de suite.

Lorsque la confiance générale est éteinte,& que par le resserrement de Targent lesdenrées manquent de leurs signes ordinairesune banque porte la vie dans tous les mem-bres d’un corps politique : la raison en estfacile à concevoir.

C R E SSf

Le discrédit général est une situation vio-lente dont chaque citoyen cherche à se tirer.'Dans ces circonstances la banque offre uncrédit nouveau , une sûreté réelle toujoursexistante , des opérations simples , lucrati-ves & connues. La confiance qu’elle ins-pire , celle qu’elle prête elle-même , dissi-pent en un instant les craintes & les soup-,çons entre les citoyens.

Les figures des denrées sortent de laprison ou la défiance les renfermoit, ÔCrentrent dans le commerce en concurenceavec les denrées : la circulation se rapprochede Tordre naturel.

La banque apporte dans le commercele double des valeurs qu’elle a mises enmouvement : ces nouveaux signes ont l’effetde toutes augmentations actuelles dans lamasse de Targent, c’est-à-dire , que l’industries’anime pour les attirer. Chacune de cesdeux valeurs donne du mouvement à Tin-dustne, contribue à donner un plus hautprix aux productions , soit de T art, soit dela nature, mais avec des différences es-sentielles.

Le renouvellement de la circulation deTancienne malle d’argent, rend aux denréesla valeur intrinsèque qu’elles auroient dûavoir relativement à cette masse , & rela-tivement à la consommation que les étran-gers peuvent en faire.

Si d’un côté la multiplication de cetteancienne masse , par les représentations dela banque , étoit en partie nécessaire pourla taire sortir , on conçoit d’ailleurs qu’enla doublant on hausse le prix des denréesà un point excessif en peu de temps. Cesurhaussement sera en raison de Taccroìsse-ment des signes qui circuleront dans lecommerce , au-delà de Ta c croassement desdenrées.

Si les signes circulans font doublés , &que la quantité des denrées n’ait augmentéque de moitié, les prix hausseront d’unquart.

Pour évaluer quel devroit être dans unpays le degré de la multiplication des den-rées , en raison de celles des signes , il fau-’roit connoître Tétendue des terres, leurfertilité,la maniéré dont estes font cultivées,Us améliorations dont elles font suscepti-

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