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Tome neuvième.
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Chine , im des réformateurs ou des fou-dateurs de la médecine Françoise , qui sedonne lui-mème pour disciple de Barbeï-rac & des autres médecins de Montpel-lier , quitta cette fameuse école où il avoitdéjà formé bien des éleves, & ou il avoitsoutenu pendant dix-huit ou vingt ans ( ens’en rapportant à un passage d’un de sesouvrages que je citerai dans un moment ),des opinions erronnées qui l’égaroient ; ilvint prendre à Paris des connoissances quiy font aujourd’hui les fondemens de la mé-decine ordinaire ; de forte qu’on ne sau-roit bien décider si le système de Chiracest né à Montpellier ou à Paris , & s'iln’appartient pas par préférence à la méde-cine de la capitale où Chirac trouva plusd’nne occasion de s’instruire & de revenirde ses opinions erronnées de Montpellier;d’ailleurs, la célébrité de son système estdue aux médecins de la faculté de Paris.

Quoi qu’il en soit, les idées simples &lumineuses que Chirac nous a transmises ;font devenues des lois fous lesquelles la plu-part des médecins François ont plié. On ya pris les maladies dans leurs causes évi-dentes ; on a combattu les idées des an-ciens & celles des Chymisles ; on a íorméune médecine toute nouvelle , à laquellela nature a pour ainsi dire obéi , & qu’ona bien fait de comparer au Cartésianismedans la Physique.

La retenue & les préjugés des anciens ,qui n’osoient rien remuer dans certainsjours, ont été singulièrement combattuspar Chirac. II a employé les purgatifs , lesîes émétiques & les saignées dans tous lestemps de la maladie , où les symptômesont paru l’exiger ; ensi.o il a bouleversé &détruit la médecine ancienne : il n’en resteaucune trace dans l’esprit de ses disciples ,trop généralement connus & trop illustres ,pour qu’il soit nécessaire de s’arrêter à lesno rimer. Ils ont peut-être été eux-mêmesplus loin que leur maître , & ils ont rendu lamédecine en apparence si claire, si à portéede tout le mande, que si, par hasard,on ve-noit à découvrir qu’eîle n’a point acquisentre leurs mains autant de fureté que debrillant & de simplicité, on ne sautoir s’em-pácher de regretter des opinions qui sem-blent bien établies, & de faire des efforts

CRI

pour détruire tout ce qu’on pourroit leuropposer.

Voici quelques propositions tirées duChiracisme , qui feront mieux juger que jene pourrois le iaire du genre de cette méde-cine : Jsippocrj.ce & Galien , dit Chirac ,(trait, des fièvres malig. & int.),/ie doiventpas avoir plus de privilège qu’Aristote ; ilsn’étoient que des empiriques y qui,dans uneprofonde obscurité’, ne cherchoient qu’à tâ-tons', ils ne peuventêtre regardes par des es-prits éclairés , que comme des maréchaux-ferransqui ont repus les uns des autres quel-ques traditions incertaines.... Quand mêmeils n’auroient jamais existe , & que tousleurs successeurs n’auroient jamais écrit ,nous pourrions déduire des principes quej’ose me flatter qu’on trouvera dans mon ou-vrage y tout ce qui a été observé par les an-ciens & les modernes...Les Chimistes pleinsde présomption n’ont fait qu’imaginer...leur audace n’a produit qu’un exemple con-tagieux pour plusieurs médecins ; ils m’ontégaré moi-même pendant plus de dix-huitou vingt ans , par des opinions erronnéesque j’ai eu bien de la peine à effacer de monesprit. C’est en suivant les mêmes principes;que M. Fizes s’explique ainsi dans son traitédes fièvres ( trdclat. de febrib. ): », la fièvre»> est une maladie directement opposée au»> principe vital », : principio vitali di-reclè ôppofitus.... Sic , ajoute-t-il , na t li-ra m errantem dirigimus , & collabentemsustinemus , non otiofi crifium speclatores :» c’est ainsi que nous dirigeons la nature» qui s’égare , & que nous la relevons dans», ses chûtes , fans attendre négligemment» les crises »,.

Je choisis ces propositions, comme lesplus éloignées de Yexpecla desStahlliens, &du quo natura vergit des anciens ; on pour-roit peut-être les trouver trop fortes ; maisce n’est ni par des injures,ni par des épigram-mes qu’il faut les combattre. Le fait est desavoir si elles font vraies , si en effet le mé-decin peut retourner , modifier , & dirigerles mouvemens du corps vivant ; si on peuts’opposer à des dépôts d’humeurs, emporterdes arrêts ,' replier des courans d’oscilla-tions ; & purger , saigner , & faire suer ,ainsi que Chirac le prétend , dans tous lestemps, fans craindre les dérangemens qui