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Tome neuvième.
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la c j vioissinre d’une découverte fort rem ir-quabîe , publiée en Anglais par M. Nihell,au sujet des observations furies crises faitesprincipalement par le docteur Don Solano ,médecin Espagnol. Je ne parlerai pas icide ces observations, qui mettront, si ellesfont bien. constatées, Solano à côté des plusgrands médecins : elles regardent l’hémor-rhagie du nez, le cours de ventre & la sueur,évacuations critiques que Solano fe flatte depouvoir prédire par le pouls. Voye\ Pouls.

Je parlerai feulement ici d’une disserta-tion que M. Nihell a faite fur la nature descrises , far I’attention des anciens & lanégligence des modernes au sujet deserses ; c’est le quatrième chapitre de sonouvrage , qui a paru en françois fous letitre d 'observations nouvelles & extraordi-naires , fur la prédiction des crises parlepouls , année l J48.

M. Nihel! avance d’abord qu'on n’a ja-mais démontré publiquement la fausseté desobservations des anciens fur les crises , nijustifié le peu de cas qu’on en fait aujour-d’hui , & cela est vrai ; mais il est aisé derépondre à M. Nihell, qu’il s’agit de dé-montrer la vérité , & sur-tout futilité desobservations des anciens , & non point dedire qu’on n’en a pas prouvé la fausteté. 11a lui-même senti la difficulté qu’il y avoitde le faire , car il commence par prévenirson lecteur qu’il est éloigné de ses livres :mais ce ne font pas les Uvres qui nous man-quent à cet égard , ce font les faits évidens& bien discutés.

II se réduit ensuite à avancer , i°. queles jours septénaires & demi-septenairesfont particulièrement consacrés aux révo-lutions critiques y fans exclusion de s autresjours : 2°. que les crises peuvent être pré-dites par les fignes que les anciens oivdonnés pour cela. La premiere propositionde M. Nihell est contenue en termes aumoins équivalons dans ce que nous avonsrapporté de Chirac , & dans plusieurs au-tres ; ainsi elle apprend seulement que M.Nihell est de cet avis, & on peut la re-garder comme la principale question. Quantà ce que M. Nihell ajoute , que les crisespeuvent être prédites par les figues que lesanciens ont donnés pour cela , il l’avance,mais il ne le prouve pas. D’aillçursj il ne

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suffit pas que les crises puissent être prédi-tes ; il faudroit, pour poursuivre les anti-critíques dans leurs derniers retranche-mens , prouver que les crises doivent êtreattendues.

II est évident , dit M. Nihell , que lesobjections tirées des différentes façons decompter les jours des fievres aiguës , fontnulles & de nulle valeur , puisque le s diffé-rences ne font pas positivement prouvéesdans les faits particuliers rapportés en fa-veur des anciennes observations fur lescrises. M. Nihell nes’est pas rappelle qu’Hip-pocrate fe contredit, comine je P ai dit ci-dessus, & qu’on l’a vivement attaqué enfaisant voir le peu de rapport qu’avoientses propres observations dans les épidémies,avec son système des jours critiques , &celui de Galien.

M.Nihell observe ensuite que de quarante-huit histoires de maladies dont Forestusfait mention , les trois quarts furent ac-compagnées de crises j cinq arrivèrent auquatrième jour , & des cinq malades trois,moururent : vingt-deux , dont trois ma-lades moururent, furent terminées au sep-*tieme , & toutes les antres fe terminerentheureusement ; sept au quatorzième , deuxau onzième, une au dix-septieme , & uneau vingt-unieme ; ce qui eíten effet très-favorable au système des anciens , auquelForestus étoit attaché.

M. Nihell, après avoir fait quelques re-marques qui ne sont pas tout-à-fait con-cluantes contre la méthode des modernes,rappelle un fait arrivé à Galien , qni s’op-posa à une saignée ordonnée par ses con-frères , prévoyant une hémorrhagie criti-que du nez, qui arriva en effet. M. Nihell.a peine d croire qu’il y eût aucun méde-cin moderne qui n’eût voulu être à la placede Galien ; mais on pourroit lui deman-der s’il auroit lui-même voulu être à laplace du malade ; & s’il voudroit encoreJans ce moment-ci risquer pareille avan-ture , sachant la vérité du prognostic deGalien , & de ceux de Solano même. Pit-carne n’auroit pas manqué de faire cettedemande , lui qui avançoit fans façon qu’ily auroit peu de médecins qui voulussent ris-quer leur bien en faveur de leurs opinionsparticulières.