r?8 F E T
nations &c les peuples différais devant leschars des ambassadeurs de l’Europe , del’Asie, de 1*Afrique & de l’Amérique , dontchacun écoit escorté de 70 cavaliers.
La troupe de s Amérique étoit la pre-mière , & entre ses danses elle en avoir uneplaiíante de jeunes enfans déguisés en singes,en guenons , en perroquets. Devant le charctoicnt douze nains montés fur des haque-nées; le char étoit tiré par un dragon.
1 La diversité & la ríchesie des habits nefaisoient pas le moindre ornement de cettefête , quelques-uns ayant pour plus de deuxcens mille écus de pierreries. --
Les trois j’étcs qu’on a mises fous les yeuxdes lecteurs, doivent leur faire pressentir quece genre très-peu connu , & fur lequel on atrop négligé a écrire, embraste cependantune vaste étendue, offre à ^imagination unegrande variété , Sc au génie une carrièrebrillante.
Ainsi pour donner une idée suffisante surcette matière , on croit qu’une relation suc-cinte dune fête plus générale , qui íît dansson temps i’admiratkm de l’Angîeterre ,& qui peut-être pourroit servir de modèledans des cas semblables , ne fera pas tout-à-fait inutile à fart.
Entre plusieurs personnages médiocres quientouraient le cardinal de Richelieu , ils’étoit pris de quelque amitié pour Durand ,homme maintenant tout-à-fait inconnu, &qu’on n’arrache aujourd’hui à son obscurité,que pour faire connoître combien les préfé-rences ou les dédains des gens en place , quidonnent toujours le ton de leur temps, in-fluent peu cependant fur le nom des artistesdans la postérité.
Ce Durand , courtisan sans talens d’untrès-grand ministre , en qui le défaut degoût n’étoit peut-être que celui de son siécle,avoit imaginé & conduit le plus grand nom-bre des fêtes de la cour de Louis XIII. Quel-ques François qui avoient du génie trouvè-rent les accès difficiles & la place prise : ilsse répandirent dans les pays étrangers, & ilsy firent éclater l’imagination , la galanterie& le goût, qu’on ne leur avoit pas permis dedéployer dans le sein de leur patrie.
La gloire qu’ils y acquirent rejaillit cepen-dant sor elle ; & il est encore flatteur pour
* Cette partie étoit imitée de la fête de Bergoi
F E T
nous aujourd'hui, que les fêtes les plus ma-gnifiques & les plus galantes qu’on ait jamaisdonnées à la cour d'Angleterre , aient étél’ouvrage des François.
Le mariage de Frédéric cinquième comte■ Palatin du Rhin ; avec la princesse d’Angle-terre , en fut l’occasion 8c l’objet. Ellescommencerait le premier jour par des feuxd’artifice en aclion fur la Tamise; idée noble,ingénieuse , & nouvelle , qu’on a trop négli-gée après savoir trouvée, & qu’on aurait dûemployer toujours à la place de ces destinsfans imagination & fans art, qui ne produi-sent que quelques étincelles, de la fumée, 8cdu bruit.
Ces feux furent suivis d’un festin superbe,dont tous les dieux de la fable apportèrentles services, en dansant des ballets formésde leurs divers caractères *. Un bal éclairéavec beaucoup de goût, dans des salles pré-parées avec grande magnificence, terminacette premiere nuit.
La seconde commença par une masca-rade aux flambeaux, composée de plusieurstroupes de masques à cheval. Elles précé-doient deux grands chariots éclairés par unnombre immense de lumières, cachées avecart aux yeux du peuple , 8c qui portoienttoutes fur plusieurs grouppes de personnagesqui y «oient placés en différentes positions.Dans des coins dérobés à la vue par destoiles peintes en nuages , 011 avoit rangé unefoule de joueurs d’ìnstrumens ; on jouiffoitainsi de 1 essor, fans en appercevoir la cause,& l’harmonie alors a les charmes de l’en-chantement.
Les personnages qu’on voyoit fur ceschariots étoient ceux qui allaient représenterun ballet devant le roi, Sc qui formaientpar cet arrangement un premier spectaclepour le peuple , dont la foule ne saurait à lavérité être admise dans le palais, mais quidans ces occasions doit toujours être comp-tée pour beaucoup plus qu’on ne pense.
Toute cette pompe, après avoir traversé laville de Londres , arriva en bon ordre, 8cle ballet commença. Le sujet étoit le tem-ple de l’honneur , dont la justice étoit éta-blie solemnellement la prêtresse.
Le superbe conquérant de l’Inde, le dieudes richesses, l’ambition, le caprice, chér-ie de Botta,
chereni