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Tome quatorzième.
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coup de surface à ces racines aériennes, afinde les mettre en état de rastembler plus devapeurs & d’exhalaisons : les poils dont elleles a pourvues , arrêtent ces sucs ; de petitstuyaux , toujours ouverts, les reçoivent,& les transmettent à l’intérieur. On peutmême douter si les poils ne íont pas eux-mê-me des especes de suçoirs.

Dans les feuilles des herbes, les deux sur-£ices ont une disposition à peu près égale àpomper l’humidité ; au lieu que dans lesfeuilles des arbres , la surface inférieure estordinairement plus propre à cette fonctionque la surface supérieure : la raison de cesdifférences vient vraisemblablement de lanature du tissu.

Les bulles qui s’élevent en si grand nom-bre fur \e.% feuilles qu'on tient plongées dansl'eau , prouvent que l'air adhéré fortementà ces parties de la plante ; on peut en inférerque les feuilles ne fervent pas seulement àpomper shumidité, mais qu'tdles font en-core destinées à introduire dans le corpsdes végétaux beaucoup d’air frais 6c élas-tique.

Les expériences de M. Hales démontrentque les feuilles font le principal agent del'ascension de la fève , & de sa transpirationhors de la plante. Mais la surface supérieureétant la plus exposée à faction du soleil 5cde 1 air (cardes premieres de ces deux effets),on pourroit inférer que cette surface est cellequi doit avoir ici le plus d'influence ; elleest d'ailleurs très-propre par ion extrêmepoli, a faciliter le départ du suc ; il ne setrouve ordinairement ni poils, ni aspéritésqui puiííèntîe retenir & l’empêcher de céderà l'iimpression de l’air qui tend à le détacher.Ainsi le principal usage de la íurface supé-rieure des feuilles consiste peut-être à servirde défense ou d'abri à la surface inférieure ,à fournir un filtre plus fin, qui ne laissepalïer que les matières les plus subtiles.

Dès que les feuilles servent à la fois àélever le suc nourricier & à en augmenterk malle , nous avons un moyen très-sim-ple d’augmenter ou de diminuer la forced’une branche dans un arbre fruitier : nousl’augmenterons en laiflànt à cette branchetoutes fes feuilles ; nous le diminuerons parle procédé contraire. Nous comprendronspar 1e même moyen , que le vrai temps d’ef-

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feuillet n est pas celui où le fruit est dans loirplein accroissement ; il a besoin alors deroutes fes racines; les feuilles qui i’environ 5nent immédiatement, font fes racines.

Si l'on dépouille une plante de toutes sesfeuilles à meíure qu’elles paroi sien t, certeplante périra. L’herbe commune de nos prai-ries ÔC celle de nos pâturages, íemble d’a-bord une exception à cette réglé généralemais il faut considérer , que quoique nosbestiaux mangent les feuilles à mesurequ’elles croisiènt, néanmoins ils n'emportentqu'une très-petite partie de la feuille qui s'é-leve pour lors en tige. D’ailleurs il y a unesuccession constante de nouvelles feuilles ,qui poussent à la place des vieilles ; & com-me elles font enfoncées en terre, Òí tres-courtes , elles suppléent à celles que ont étédévorées. De plus, il est certain que l’onfait tort au sainfoin , aux luzernes, aux trè-fles , quand on les fait paître de trop prèspar les bestiaux. Quoique la racine vivacedu sainfoin le salle pouííer plusieurs an-nées , la récolte de cette denrée , qui estun objet de conséquence , est souvent dé-truite de bonne heure , lorsqu’on souffreque le bétail s’en nourrisse à discrétion. Or»ne peut donc approuver la pratique des fer-miers , qui mettent leurs troupeaux fur kilrsblés quand ils les trouvent trop forts.

Personne n’ignore que plusieurs especesde plantes ont pour leur conservation desfeuilles printanníeres, & des feuilles autom-nales. Ces dernieres rendent un service in-fini à quelques arbres , par exemple , aumûrier , &c lui sauvent la vie quand toutesles feuilles printannieres ont été mangées parles vers à foie.

Il est des feuilles dont les principales fonc-tions font moins de pomper l’humidité, &d’aider à l’évaporation des humeurs super-flues , que de préparer le suc nourricier,ôc de Fournir peut-être de leur propre subs-tance , une nourriture convenable à la pe-tite tige qu’elles renferment, la pomme duchou en est uR exemple extrêmement re-marquable : concluons que les feuilles , de:quelque façon qu’on les considéré , four-niflènt aux plantes de tels avantages , queleur vie dépend de leurs feuilles , de ma-niéré ou d’autre. Ainsi l’étroite communi-cation qui est entre les parties d’un arbre ,