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Tome quatorzième.
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les pays froids : celles qu’on volt si commu-nément dans les armées, y font d’ordinaireépidémiques , & l’on ne doit pas s’en éton-ner ; la même nourriture , les mêmes mou-vemens, & le même air qu’on respire,expliquent ce phénomène. L’on comprendpar les mêmes raisons, que parmi des troupesperpétuellement exposées au soleil , à desmarches forcées, & à des campemens danstoutes sortes de terreins, la bile se trouvantalors nécessairement en plus grande quantité,&c plus acre que de coutume , doit produireces fièvres bilieuses de l’automne , qui em-portent plus de monde que les bataillesles plus sanglantes. M. Pringle en fait unchapitre particulier dans ses observationsfur les maladies d’armées , j’y renvoie le lec-teur.

Fievre cAcochymique , sebris cacochy-mica ; fievre lente , légere, intermittente ourémittente , d’ordinaire erratique , rarementcontinue quand elle est simple.

Elle a pour cause principale une abon-dance d’humeurs crues, qui se (ont corrom-pues par leur stagnation suivie de la chaleur.

Ceux que cette fievre attaque , éprouventde fréquens frissons, suent beaucoup , r en- 1dent des urines jaunes, chargées, lesquellesdéposent un sédiment considérable qui pré-sage la guérison.

Il faut donc aider l’atténuation des hu-meurs crues , procurer leur expulsion par lesapéritifs & les laxatifs ; enfin fortifier le corpspar l’exercice, les stomachiques 8c les corro-borans. Foye^CACHExiE.

Fi e v r e C a x a r r h e u s e , fievre secondaireou symptomatique , par le secours de la-quelle la nature , en augmentant le mouve-ment des solides 8c des fluides , s’efforce decorriger la qualité viciée de la lymphe, dese débarrasser de la surabondance de cettelymphe, & de la chasser hors du corps dunemaniéré critique & salutaire.

Ses symptômes. Cette _/?cvre attaque ordinai-rement le soir avec continuité ou rémission.Ses symptômes, quand elle est très-grave,font des frissonnemens suivis de chaleur, unpouls fréquent & petit, l’enrouement, la pe-santeur de tête plus foible que douloureuse,la lassitude par tout le corps , la soif, la diffi-culté d’avaler , le dégoût, une chaleur dansia gorge, un picotement dans le larynx ; un

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sommeil interrompu , suivi le matin d’en-gourdissement ; l’augmentation du pouls ;les urines enflammées, troubles , couvertesau-dessus d’une pellicule blanchâtre , &c dé-posant au fond du vaisseau un sédiment bri-queté. A ces symptômes succèdent l’oppres-sion , des sueurs nocturnes abondantes, desdouleurs dans les hypochondres & dans lesreins, la strangurie , qui se termine par uneévacuation critique & copieuse d’urine ;quelquefois des nausées, des vomissemens,la constipation , les tranchées, & le coursde ventre salutaire qui les accompagne.

Quand l’acrimonie séreuse est seulementlogée dans les organes de la respiration 8c dela membrane pituitaire, elle produit unefievre légere , avec alternative! de frissons8c de petites chaleurs plus mordicantes qu’ar-dentes ; l’enchiflrenement ; la douleur detête , les yeux larmoyans, gonflés , les na-rines rouges , qui laissent écouler une séro-sité acre & corrosive ; leternuement, l’en-flure du nez & des levres , la respiration unpeu difficile; la toux, les crachats qui secuisent insensiblement, se détachent, 8cannoncent la fin de la maladie.

Causes. La cause immédiate, est une lym-phe abondante &c acre qui , dispersée partout le corps, ou logée dans les tuniquesglanduleuses , suscite une inflammationaccompagnée de douleur , de tumeur8c de rougeur. Cette sérosité est princi-palement produite par le défaut ou par lasuppression de transpiration , quelle qu’ensoit la cause ; d’où il arrive que cette fievre semanifeste davantage dans les vicissitudesconsidérables de temps, 8c principalementaux équinoxes.

Il se trouve aussi quelquefois dans l’air unematière subtile & caustique qui s’insinue parle moyen de l’inspiration dans le corps hu-main , où elle excite promptement une fievrecatarrhale , qui est d’ordinaire épidémique ,& quelquefois contagieuse.

Pronostics. Plus la quantité de lympheacre est grande , plus les symptômes fontviolens, & plus la maladie est longue. Lasimple fievre catarrhale s’en va communé-ment d’elle-même , fans le secours de l’art;mais elle peut devenir fâcheuse par de mau-vais traitemens, & dans des constitutionsparticulières. Plus elle s éloigné de fa dou-