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Tome quatorzième.
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seule différence du temps que ce mal dure ;Sc c’est d’après la différente durée de cesfievres qu’on nomme quotidienne, tierce , demi-tierce , quarte , double-quarte , & c. il y ena quelquefois de quintes , «-tyiíTO/o» , Scmême Boerhaave en a vu de septénairesexquises.

Distinction des fievres du printemps & d’au-tomne. Mais une distinction essentielle, c estcelle des fievres intermittentes de printemps& d’automne. On appelle en général fie-vres intermittentes de printemps , celles quirègnent depuis le mois de février juíqu'à celuid’août : Sc fievres intermittentes d’automne ,celles qui commencent au mois d'août &finistent en février. Cette distinction est très-nécessaire à cause de la différence qui setrouve, tant dans la nature 6c les symptômesde ces deux fortes de fievres , que dans leurfin , leur durée 6c leur traitement ; d’ailleursl'une se change en f autre. Souvent même aucommencement de l’automne, elles imitentexactement les fievres continues à cause de lalongueur 6c du redoublement des accès ; ce-pendant leur caractère 6c leur cure diffèrentextrêmement.

Cours & caractères de lafievre intermittente.Elle commence avec des bâillemens, desalongemens, avec lassitude , débilité, froid,frisson , tremblement, pâleur aux extrémi-tés , respiration difficile , anxiété , nausée ,vomissement, célérité , foibleífe 6c petitessede pouls. Plus ces accidens font considé-rables 8c plus il s en trouve de réunis ensem-ble , plus la fievre , la chaleur 6c les autressymptômes qui la luivent, font mauvais ; telest le premier état de la fievre intermittente ,Sc cet état qui répond à l'augment des fievrescontinues , est aussi le plus dangereux detous : alors l’urine est ordinairement crue Scténue.

Harvée en ouvrant des cadavres de gensmorts dans ce premier degré de fievre inter-mittente, après des oppressions , des soupirs,des anxiétés, des langueurs qu’ils avoientsouffert, a trouvé le poumon farci de sangépais. Harv. exercit, anat, ch. xvj.

Au premier état il en succédé un second,qui commence avec chaleur , rougeur, res-piration forte , étendue , libre , moins d’an-xiété , un pouls plus élevé , plus fort, unegrande soif de la douleur aux articulations 6c,

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à la tête, le plus souvent avec des urines rou-ges 6c enflammées.

Enfin la maladie finit d’ordinaire pardes sueurs plus ou moins abondantes : tousles symptômes se calment, les urines sontépaisses, 6c déposent un sédiment ressem-blant à de la brique broyée ; le sommeil,1 apyrexie Sc la lassitude surviennent.

Ses effets. La fievre intermittente qui estde longue durée , endommage les fibres despetits vaisseaux 6c des viscères par la stagna-tion , l’obstruction , la coagulation , ['atté-nuation qu’elle cause ; de-là non-seulementles vaisseaux s’affoiblissent, mais les liquidesdégénèrent principalement, en ce que leursparties sont moins homogènes Sc moins éga-lement mêlées ; de ces vices naît l’acrìmoniedes liqueurs , 8c de toutes ces choses ensem-ble , suit une disposition aux sueurs , quidébilite beaucoup par la perte de la viscositémême du sang qui sort avec elles ; l'urine estalors trouble , grasse 6c épaisse : telle est aussila salive : ainsi le sang étant affoibli, dissous,privé de fa meilleure partie , celle qui restedevient acre 8c tenace ; c’est conséquem-ment par le relâchement des vaisseaux , l’é-paissiffèment 6c l’âcreté des liqueurs, queces fievres , lorsqu’elles durent long-temps ,dégénèrent quelquefois en maladies chro-niques , telles que le scorbut, l’hydropisie ,l’ictere , la leucophlegmatie, les tumeursskirrheuses du bas ventre, 6c autres mauxqui en résultent.

Cause prochaine des fievres intermittentes.Après cette exacte discussion du cours desfievres intermittentes,on établit pour leur causeprochaine la viscosité du liquide artériel, Scpeut-être l’inaction des esprits , tant du cer-veau que du cervelet, qui sont destinés pourle coeur , quand par quelque cause que cesoit, la contraction du coeur devient ensuiteplus prompte Sc plus forte, Sc quand la réso-lution des humeurs qui sont en stagnation ,vient à se faire. Par conséquent, comme iln’est point de fievre intermittente qui ne gardecet ordre , il paroît que celui qui a pu sur-monter le premier temps 6c lapremiere cause,aura la force de supporter entièrement le pa-roxysme.

Mais comme le premier état d’une fievreintermittente 6c fa cause prochaine peuventvenir d’une infinité de causes, même assez