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Tome quatorzième.
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pour un roi ; ce proverbe, dis-je , est fondéen lumières & en expériences, Sc M. Rayn a pas dédaigné de prouver qu'on pouvoir leréduire à des principes incontestables d'unelavante médecine.

En effet, la fièvre benigne intermittente estun des moyens dont se sert la nature pour serétablir elle-même d'un état qui l’opprime,opérer la coction des crudités qui la sur-chargent , ouvrir les obstructions , tarir leshumeurs surabondantes, dénouer les articu-lations , Sc disposer les corps des jeunes gensà prendre tout l’accroiffement, la force & lavigueur dont ils font susceptibles. Voye^Fievre salubre.

J'ai lu quelque part (lettr. édif. tom, VII. )que l’empereur qui régnoit à la Chine en1689 , envoya trois de ses médecins en exil,pour ne lui avoir point donné de remedesdans une fievre intermittente. On diroit quequelques-uns de nos praticiens appréhendentd'éprouver le fort de ces trois médecinschinois , par Inattention qu’ils ont de ne lespoint imiter ; cependant la liberté de leurprofeííìon , nos mœurs & nos usages doiventles rassurer : ils peuvent laisser palier le coursde la fievre intermittente d’un monarque, fansdanger pour leurs personnes, Sc fans craintepour la vie du malade.

Mais la fievre intermittente se change enrémittente continue aiguë, lente , hectique;c'est alors fans doute qu'elle demande le se-cours de fart. Il faut toujours observer enmême temps , íì cette fievre est pure ousymptomatique , ce qu on découvrira enconsidérant attentivement les divers symp-tômes qui Raccompagnent , la chaleur, lefroid , la qualité du pouls , les déjections ,les urines , les sueurs, la soiblesse , la durée,les redoublemens , les rechutes. La fievresimple obéit naturellement aux remedes or-dinaires ; mais la fievre symptomatiqueaccompagne toujours la cause dont elleémane , Sc ne cesse que par la destruction decette cause.

Fievre lente , febris chronica , lento.Febricula lento , Cels. Fievre continue ou ré-mittente , par laquelle la nature s'efforcelentement de se débarrasser de la masse crou-pissante du sang ou des humeurs dans quel-qu'un des principaux viscères, & de préser-ver cette-partie du danger qui la menace.

Tome XIV,

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Différence de la fievre lente & di la fievreheclique. La fievre lente proprement Sc dis-tinctement ainsi nommée, différé à plusieurségards de la fievre hectique , avec laquelle011 la confond souvent. D'abord elle différéde la fievre hectique dans ion origine ; carelle est aster généralement produite par kdégénération de fièvres intermittentes maltraitées, ou violemment supprimées par desastringens ; mais la fievre hectique procedeordinairement de causes plus graves , & est:liée aux terribles accidens des abcès , desvomiques Sc des empyemes. Dans la fievrelente les viscères ne font point encore griève-ment attaqués; mais dans la fievre hectique ,ils le font déjapar quelque ulcéré, apostume,ou skirrhe.

Ces deux maladies diffèrent auíïi beau-coup par le caractère de leurs symptômes ;dans la fievre lente , ils font si légers , que lesmalades doutent au commencement de l'e-xistence de leur fievre ; mais ils font violensdans la fievre hectique. Ces mêmes symptômesdiminuent quelquefois dans la continuitéd’une fievre lente ; ils empirent dans la fievrehectique. Dans la fievre lente , les sueurs fontd'abord abondantes ; Sc dans la fievre hec-tique , les sueurs n’abondent que quand cettefievre est parvenue à ion dernier période. Lafievre lente est sujette à dégénérer en d'autresmaladies ; la fievre hectique ne souffre aucunchangement. Enfin la fievre lente se terminesouvent & heureusement d’elle-même parles seules sueurs de la nature ; la fievre hecti-que au contrairen’amendepoint, Lcdevientpresque toujours fatale.

Signe de la fievre lente. La fievre lente semanifeste par une chaleur non naturelle , ápeine sensible au tact Sc aux yeux du mé-decin ; le pouls foible , fréquent , inégal ;des urines troubles qui déposent en s'éclair-Cistant , un froid interne avec de légerstremblemens, de la pesanteur dans les mem-bres , de la lassitude fans travail, une langueblanche, unebouche seche, le manque d’ap-pétit : ces symptômes (ont succédés par dessueurs abondantes pendant la nuit, une soifcontinuelle , Rabattement des forces , le dé-périssement , la maigreur, la cacochymie ,

Sc autres maux qui en résultent.

Ses causes. La fievre lente se forme insen-siblement dans la santé par la destruction dc

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