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Tome quatorzième.
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filajse préparée selon la nouvelle méthode, Scdeux prix de dix livres aux deux femmes quiauront le mieux travaillé après la premieretrieuse.

On offre de prendre le fil non-feulementde celles qui auront remporté le prix, maisencore celui des bonnes fîleufes qui aurontconcouru, & de le leur payer, li elles leveulent. ,

Ceux qui connoiífent les vrais moyensd’étendre le commerce, de favoriser la po -pulation, Sc de rendre les peuples heureux,ne trouveront pas les prix proposés par M.l’intendant de Bourges, fort inférieurs à ceuxqu’on a fondés dans les académies. Son goûtpour les choses utiles s’est étendu jusqu’à laperfection de notre ouvrage ; & c’est dumémoire qu’il a fait répandre dans fa pro-vince , Sc qu’il a bien voulu nous communi-quer , que nous avons tiré ce qui précede furla culture d u chanvre Sc fur la meilleure pré-paration de la filasse. '

FILASSIER , 1. m. ouvrier Sc marchandtout ensemble qui donne les dernieres fa-çons à la filasse , après que la chenevotte a ;été grossièrement concassée & brisée par un :instrument qu'on nomme brie en Norman-die , Sc brayoire en d’autres endroits.

Il y a à Paris une communauté ou corpsde métier composé de femmes qui prennentla qualité de linicres, ckanvriercs , Scfilafiie-res ; cette communauté est fort ancienne ;ses statuts de 1485 ne fontqu’une additionà ceux qu’elle avoit déja depuis long-temps.Dans ces statuts qui font les premiers deceux qui lui restent, cette communauté étoitcomposée de maîtres Sc de maîtresses égale-ment admis à la jurande , deux de cha-que sexe.

Ce fut encore au nom des maîtres Sc maî-tresses , jurés Sc jurées, que furent deman-dées Sc accordées les lettres-patentes d’HenriII en 1549 , aussi bien que celles de 1578;mais en 1666 > la communauté ayant obtenude nouveaux statuts Sc réglemens, Sc unenouvelle forme de gouvernement, il n’y estplus fait mention de maîtres, de jurés , nid’apprentis : depuis ce temps-là, c’est unecommunauté de maîtresses, qui ne partagentla jurande avec personne.

Ces derniers statuts Sc les lettres-pa-tentes furent non-leulement enregistrés au ,

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parlement Sc au châtelet à l’ordínaire ,mais ils furent encore lus Sc publiés à son de.trompe, le 1 janvier 1667, lur la permissiondu lieutenant civil du 30 décembre 1666.

Les jurées de cette communauté lont aunombre de quatre, qui font élues deux cha-que année.

Les maîtresses ne peuvent avoir d’ap-prentisses quelles ne tiennent boutique ou-verte , magasin, ou étalage pour leur proprecompte.

Elles ne peuvent avoir qu’une apprentisse àla fois, Sc doivent l’obliger pour !:x ans.

L’apprentisie aspirant à la maîtrise doitfaire chef-d'œuvre , dont néanmoins la fillede maîtresse est exempte.

Aucune apprentisse ou fille de boutiquede ces fortes de marchandes ne peut entrerau service dune nouvelle maîtresse, à moinsqu’il n’y ait douze ou treize boutiques entrecelle où elle entre Sc celle d’où elle fort ;Sc cela parce que presque toutes les bouti-ques de ces sortes de marchandes étant dansune des halles de Paris, & toutes attenantesles unes des autres, il seroit difficile d’entre-tenir la paix entre la nouvelle Sc l’anciennemaîtresse de ces filles.

Enfin les chanvres, lins, Sc filasses q Rap-portent les forains font sujets à visite ; Sc lesmarchands font tenus de les faire descendreSc mettre en la halle pour y être visités.

C’est dans un canton de la halle au blé deParis, que de toute ancienneté les marchan-des chanvrieres font établies. Aussi il est faitmention de cette place dans leurs plus an-ciens statuts, Sc toujours depuis elles y ontété conservées Sc maintenues par leurs lettres-patentes jusqu’à présent.

C’est-là aussi qu’il est ordonné par les sta-tuts que les marchands doivent transporterleurs marchandises.

Il y a pourtant une exception à cet arti-cle, en faveur de la foire S. Germain ; lesmarchands forains ayant droit d’y déchar-ger leurs marchandises, que les jurées chan-vrieres peuvent bien Sc doivent, mais qu’el-les, non plus que les autres maîtresses, nepeuvent acheter qu’après que les bourgeoiss’en font fournis pendant les deux jours quileur font accordés par préférence. Voye^ lesréglemens du commerce.

FILATERIUS LAPIS , (Hist. nat.)

pierre