F L E
<juî ne sont pas mieux établies ; mais nousnous arrêterons feulement a celle de JacquesChissiet, à cause des partisans qu elle s’estacquise.
Dans la découverte faite a Toumay eniéj3, du tombeau de Childeric I , on ytrouva Vanneau de ce prince , environ centmédailles d’or des premiers empereurs ro-mains , ioo autres médailles d’argent toutesrouillées, un javelot, un graphium avec sonstilet, & des tablettes ; le tout garni d’orune figure en or d’une tête de bœuf avecun globe de crystal , 6c des abeilles auííìtoutes d or au nombre de trois cens 6c plus.Cette riche dépouille fut donnée à l’archiducLéopold, qui étoit pour lors gouverneurdes Pays-Bas ; & après fa mort Jean-Phi-íippe de Schonborn , électeur de Cologne ,fit présent à Louis XIV en 166y, de cesprécieux restes du tombeau d’un de ses pré-décesseurs : on les garde à la bibliothèquedu roi.
M. Chifllet prétend donc prouver par cemonument , que les premieres armes denos rois étoient des abeilles , 6c que despeintres 6c des sculpteurs mal habiles ayantvoulu les représenter, y avoient si mal réussi ,qu’elles devinrent nos fleurs de lis , lorsquedans le douzième siecle la France 6c lesautres états de la chrétienté prirent desarmes blasonnées : mais cette conjecturenous paroît plus imaginaire que fondée ;parce que , suivant toute apparence , lesabeilles de grandeur naturelle & d’or massif,trouvées dans le tombeau de Childeric I,n’étoient qu un symbole de ce prince , 8cnon pas ses armes. Ainsi dans la découvertequ’on a faite en 1646 du tombeau cfe Chil-deric II, en travaillant à l’églife de S. Ger-main-des Prés, 011 trouva quantité de figuresdu serpent à deux têtes , appelle par lesGrecs amphisbène , lesquelles figures étoientfans doute également le symbole de Chil-deric II, comme ks abeilles Vétoient deChilderic I.
Au surplus, Chifflet, dans son ouvrage àce sujet intitulé liliumfrandeum , a eu raisonde se moquer des contes ridicules qu’il2voir lus dans quelques-uns de ros histo-riens , fur les fleurs de lis. En effet , lestteis couronnes, les trois crapauds changéseu trois fleurs de lis par Vange qui vint
F L E 61 j
apporter à Clovis Vécuíson chargé de cestrois fleurs; ce qui a engagé les uns à imaginerque íesrois de France portoient au commen-cement de fable à trois crapauds d’or ; lesautres, d’or à trois crapauds de fable ; Scd’autres enfin , comme Trithème , d’azurà trois grenouilles de sinople; tout cela, dis-je,ne peur passer que pour des fables puérilesqui ne méritent pas d’être réfutées sérieu-sement. f M. le chevalier de Taucgurt.)
Flëurdelisé, Fleuri, Florette, ùc.adject. sont des termes de blason , donton se sert quand les lignes qui terminentles pieces des armoiries, sont contournéesen fleurs, en lis , en fleurs de lis , &c. ainsil’on dit : il porte une croix fleurdelifée , 6cc.-Fleur , (Orig. Géog.J terminaison déplu-*-sieurs lieux maritimes de Normandie , Bar-fieur,Harfîeur,Honflcur,8cc.nomsqm dans lesanciens titres sont terminés en flot : en ce cas,,cette terminaison vient de fluclus , qui a passepar le saxon ; car fleoten , en cette langue ,signifie couler , Flot s’est changé en f/eut ;6 c de fleut est venu fleur , comme du latinf los. Les noms des lieux de Hollande ter-minés en uliet , ont la même situation 6c lamême origine. Le flevus des anciens estencore de ce genre , 6c vient de la mêmesouche. Nous ne devons pas oublier d’ob-server que le bas-breton, les lieux dontles noms commencent par les syllabes depieu 6c de pion , sont battus des flots dela mer ; 6c que l’origine de ces syllabes8c celle de fleut ou de flou , qui signifie lamême chose , peut avoir été commune à lalangue celtique & à la langue germanique»Cette remarque est de M. Hue t, on gin. deCaen , pag. 448. (D. J.)
FLEUR AISON, s. m. ( Jardinage,) est letemps où les fleurs font fleuries; ce terme»quoique peu usité, est très-expreisif. (K)FLEURÉ , adj. en termes de S.'afon , fedit de bandes, bordures , orles, trécheurs ,& autres pieces dont les bords sont en formede fleurs ou de trèfles. On dit auisi fleuri ;mais c’est seulement des rosiers 6c autresplantes chargées de fleurs. On dit encorefleurcté , fleuronnî , & fleurdelifé ; ce quiveut dire , bordé ou terminé en fleur ,commeune croix , un bâton»
Des Cornais en Picardie , d’or au chevronde gueules , au double uédieur fleuré , ccn-