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Tome quatorzième.
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dépendans Sc indépendans les uns des au-tres. Auffi le méchaniime intérieur desfluides , íi peu analogue à celui des corpssolides que nous touchons, Sc sujet à desloix toutes différentes, devroit être pourles philosophes un objet particulier d’admi- •ration, si l'étude de la nature, des phé-nomènes les plus simples, des élémens mêmede la matière , ne les . avo:t accoutumésà ne setonner de rien, bu plutôt à béton-ner également de tout. Auffi peu éclai-rés que le peuple fur la nature des objetsqu’ils considèrent, ils n’ont Sc ne peuventavoir d’avantage que dans la combinaisonqu'ils font du peu de principes qui leur fontconnus, & les conséquences qu'ils en tirent ;êc c est dans cette efpece d’analyse que lesmathématiques leur font utiles. Cependantavec ce secours même, la recherche dela résistance des fluides est encore si diffi-cile , que les efforts des plus grands hom-mes se font terminés jusqu'ici à nous endonner une légere ébauche.

Après avoir réfléchi long-temps fur unematière si importante, avec toute l’atten-tion dont je fuis capable, il m'a paru quele peu de progrès qu’on a fait jusqu à pré-sent dans cette question , vient de ce qu’onn’a pas encore saisi les vrais principes d’a-près lesquels il faut la résoudre : j'ai crudevoir rn appliquer à chercher ces princi-pes , & la maniéré d'y appliquer le calcul,s’il est possible ; car il ne faut point con-fondre ces deux objets , Sc les géomètresmodernes semblent n’avoir pas été aflèzattentifs fur ce point. C’est souvent le désirde pouvoir faire usage du calcul qui lesdétermine dans le choix des principes; aulieu qu’ils devroient examiner d'abord lesprincipes en eux-mêmes, fans penser d’a-vance à les plier de force au calcul. Lagéométrie, qui ne doit qu’obéir à la phy-sique quand elle íé réunit avec elle, luicommande quelquefois : s’il arrive que laquestion qu’on veur examiner soir tropcompliquée pour que tous les élémens puis-sent entrer dans la comparaison analytiquequ’on veut en faire, on sépare les plus incom-modes , on letìr en substitue d’autres moinsgênans, mais auffi moins réels; & on estétonné ûarriver, après un trayail pénible,

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à un résultat contredit par la nature ; commesi après savoir déguisée, tronquée ou alté-rée, une combinaison purement méchani-que pouvoir nous la rendre.

Je me fuis proposé deviter cet inconvé-nient dans l'ouvrage que j'ai publié en 17y asor la réfifiance des fluides. J’ai cherché lesprincipes de cette résistance, comme si['analyse ne devoir y entrer pour rien ;. &cces principes une fois trouvés, j’ai estayé*d’y appliquer l’analyfe. Mais avant que derendre compte de mon travail & du degré'auquel je l’ai poussé, il ne lera pas inutiled’exposer en peu de mots ce qui a été faitjusqu’à présent sur cette matière.

Newton, à qui la physique Sc la géo-métrie sont si redevables, est le premierque je sache, qui ait entrepris de détermi-ner par les principes de la méchanique,la résistance qu’éprouve un corps mu dansun fluide , Sc de confirmer fa théorie pardes expériences. Ce grand philosophe, pourarriver plus facilement à la solution d’unequestion si épineuse, Sc peut-être pour laprésenter d’une maniéré plus générale, en-visage un fluide sous deux points de vuedifférens. Il le regarde d’abord comme unamas de corpuscules élastiques, qui ten-dent à s’écarter les uns des autres par uneforce répulsive, Sc qui sont disposés libre-ment à des distances égales. U suppose outrecela que cet amas de corpuscules, qui com-pose le milieu résistant, ait sort peu de den-sité par rapport à celle du corps, ensorteque les parties du fluide poussées par lecorps, puissent le mouvoir librement, sanscommuniquer aux parties voisines le mou-vement qu’elles ont reçu ; d'après cette hy-pothèse, M. Newton trouve & démon-tre les loix de la résistance d’un tel fluide ;loix astez connues pour que nous nous dis-pensions de les rapporter ici.

Le célébré Jean Bernouilli, dans sonouvrage q vu a pour titre, discours fur lesloix de la communication du mouvement , adéterminé dans la même supposition larésistance des fluides ; il représente cette résis-tance par une formule aísez simple, qui aété démontrée Sc généralisée depuis ; maisil saur avouer que cette formule est insoffi-1 santé. Dans tous les fluides que nous con-