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Tome quatorzième.
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De plus, Aristote dans le chap. 6 dulivra VIII de sa politique , nous apprend que“ h flûte est plus propre à animer les es-prits , & à les porter à la colere qu’à lesconcilier» ; ce qui certainement ne convientpas plus que tout ce que nous venons dedire , ni aux flûtes douces , ni aux flûtestraveríìeres.

Puis donc que les flûtes des anciens n*é-toient point des cornets , ni des flûtes tra-veríìeres , ni des flûtes douces, il faut né~-cellàirement qu’elles fussent des hautbois,ou que leurs glottes en languettes fussentde véritables anches. Confirmons cette idéepar quelques passiges de plusieurs auteurs.

Hefychius dit que la glotte des fuiesn’est autre chose qu’une languette agitéepar le souffle du joueur., ce qui convientparfaitement à hanche d’un hautbois : d ail-leurs le mot glotte même confirme cetteopinion , la partie du corps humain ap-pelée glotte ayant de l’affinité avec uneanche.

Ptolomée , dans le chap. 3 du livre pre-mier des Harmoniques , dit : “ la trachée ar-tère est un eflûte naturelle» ; mais la trachéeartere , comme l’on fait, fe termine parlepiglotte, efpece de soupape qui s’ouvre& le ferme à-peu-près comme la languetted/un chalumeau.

Pollux , dans le chapitre déjà cité de sonOnomaf.icon , rapporte qu on peut dire enparlant d’un joueur de flûte " qu’il a lesjoues pleines , gonflées , bouffies, élevées,étendues, adhérentes, pleines de vent,les yeux irrités. . . . fanguinolens » ; il ditencore plus bas “ les anciens disent des glot-tes usées par le chant ».

11 nous est resté un traité presque en-tier d’Aristote fur les objets qui font duressort de louie ( de audibilibus ) ; 011 trouvece traité dans les Commentaires de Porphyre,fur le chap. 7 du livre premier des Harmo-niques de Ptolomée , & entr autres passa-ges , il renferme les trois fuivans.

“ Si quelqu’un ferre les levres & com-prime la glotte d’un t flûte , le son devientplus dur, plus désagréable, & plus écla-tant ».

» Si l’on mouille le sommet de la glotte,ou qu’on l’imbibe de salive , l’instrument

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raisonne mieux &: au contraire , quand laglotte est sèche.

» Si l’on comprime la glotte, le sondevient plus aigu & plus clair ».

Tout cela convient parfaitement aux flû-tes à anches, auífi-bien que ce que dit Apol-lonius de Thyane ( chap. zi , iv. V de favie , par Philostrate ), « qu’une des qua-lités nécessaires à un musicien est celle debien embrasser la glotte de fa flûte avec leslevres fans cependant y employer allez deforce pour en devenir rouge ».

Pline , dans le chap. p5 du livre XVI defou Histoire Naturelle , rapporte “ qu’avantle musicien Antigénide , on coupoit dansle mois de septembre les roseaux dont onvouloit faire des flûtes , & qu’on ne com-mençoit à s’en servir qu’après quelquesannées : qu’alors même le musicien étoitobligé de dompter pour ainsi dire son ins-trument , & d’apprendre à sa flûte mêmeà chanter , les languettes étant trop peuouvertes; » c’est-à-dire , je crois, que,comme on avoit cueilli le roseau quandil étoit déja très-mûr, les languettes étoientdures , fe comprimoient réciproquement,car il dit comprimentibus fe iingulis , & nese laifloient pas gouverner à la volonté dujoueur. “ Mais après continue Pline , onles coupa avant ce solstice ( au mois dejuin) & on s’en servit au bout de troisans , les languettes étant plus ouvertes pourfléchir les Ions » ; c’est-à-dire , qu’on cou-poit les roseaux avant leur pleine maturité,qu’alors ils étoient plus souples, que leslanguettes ne se comprimoient plus fi fortréciproquement, & que par conséquentles sons étoient plus faciles à varier.

On trouve dans les notes d’Hardouin,fur les endroits de Pline que nous venonsde citer, un paflàge de Théophraste , oùil est dit que “les anciens faisoient d’abordleurs flûtes toutes de roseaux, & qu’ilscroyoient que les anches (glottes ) dévoientêtre prises entre deux des nœuds de lamême plante dont on avoit fait la flûte ,parce que fans cela l’instrument ne réson-noit pas bien ». Ce passage seul prouve queles flûtes 'des anciens étoient à anche ; en-core aujourd’hui on préféré celles de roseauà toutes les autres.

Je crois avoir suffisamment prouvé que