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fc ne conçois pas comnîenr on a píi sou-tenir sérieusement que W foi est plus cer-taine que la raison. Les partisans de cetteopinion n’ont pas pris garde qu’ils détrui-soient d’une main ce qu’ils élevoient del’autre. La foi supposé la raison, & la raisonconduit à la foi. Avant de croire par lemotif de la révélation, il saut en constaterl'existence par le secours de la raison même.
Or comme la raison n est pas pour nousun guide plus sûr , lorsque nous consta-tons 1 existence de la révélation , que lors-que nous nous en servons pour reconnoîtrela vérité d’un théorème , ou l’existence deCésar, les vérités que nous croyons d’aprèsla révélation constatée, ne peuvent être pluscertaines que le théorème & l’existence deCésar. Dans les deux cas, c’est toujours lamême raison & les mêmes lumières. J’a-joûterai à ceci quelques réflexions.
Dans l’examen de cette question les théo-logiens ont fait ce me semble deux fautes.
D’abord ils n’ont comparé que le motifimmédiat qui nous fait croire à la propo-sition révélée, c’est-à-dire la véracité deDieu, au motif de l’évidence qui nous faitaccorder notre assentiment à une vérité mé-taphysique , ou mathématique ; au lieuque pour estimer la certitude de la foi , ilfalloit nécessairement avoir égard aux autresmotifs subordonnés, par lesquels on cons-tate l’existence de la révélation ; & deman-der si l’ensemble des motifs qui assurentla vérité d’un dogme de foi , doit produireune certitude plus grande que celle qu’en-gendre l’évidence.
La raison de cela est que le motif de lavéracité de Dieu ne peut agir sur l’esprit,& y faire naître la foi ( entant que persua-sion ), qu’autant qu’on se convainc queDieu a vraiment révélé le dogme en ques-tion ; que si l’on n’a pour se convaincre surce dernier point que des preuves douéesd un certain degré de force, ou dans legenre moral, la certitude de motif de lafoi de ce dogme fera aussi dans le genremoral, & n’aura que le même degré de•force : & quand même on fupposeroit lemotif de la véracité divine s’élever en par-ticulier à un degré de certitude plus grand,je ne vois pas que la certitude d’un dogme& de la foi çn général dût en être plus
grande. Qu’on me permette une compa-raison. Çe motif de la véracité divine estlié avec plusieurs autres, en suppose plu-sieurs autres, que la raison seule fournit.Je me représente ces motifs comme unechaîne formée de plusieurs chaînons, parmilesquels il y en a un ou deux plus forts queles autres; & d’un autre côté je regardeles motifs qui appuyent une vérité évidente,comme une chaîne composée de plusieurschaînons égaux, & semblables aux petitschaînons de la premiere. Cette premierechaîne ne fera pas plus forte que la seconde,& ne soutiendra pas un plus grand poids,Vous aurez beau me faire remarquer la force& la grosseur de quelques-uns des chaînonsde celle-là. Ce n’est pas par-là, vous di-rai-je , quelle rompra ; & comme dans sesendroits foibles elle peut se rompre aussifacilement que l’autre , il faut convenir quel’une n’est pas plus forte que l’autre. C’estainsi que dans l’aflemblage des motifs quiproduisent la persuasion d'un dogme defoi , la certitude supérieure qu’on preteroitau motif de la véracité de Dieu ne pour-roit pas rendre le dogme de foi plus certain.
Je dis la certitude supérieure qu’on prête-rai t au motif de la véracité de Dieu , parceque cette supériorité n’est rien moins queprouvée. L’impoíîibilité que Dieu noustrompe étant sondée sur l’évidence même,n’est pas plus grande que l’impostibilité qu’ily a que l’évidence nous trompe.
L’autre faute qu’on a commise en trai-tant cette question , est de savoir conçûedans les termes les plus généraux , au lieude la particulariser. Il ne fàlloit pas de-mander , la foi esl-elle aussi certaine que laraison , mais un dogme de foi en particulier?Cette proposition , par exemple , il y atrois Personnes en Dieu , est -elle aussi cer-taine de la certitude de motif ( en prenanttout l’ensemble des motifs qui la font croire)que celle-ci, un & deux font trois ? Césara conquis les Gaules. Je crois que si l’oneût conçû la question en ces termes, onse sèroit contenté de dire que la foi est aussicertaine que la raison; en effet on auroitvû clairement que la certitude de ce dogmedépend de la véracité de Dieu & des preu-ves qui constatent que ce dogme est ré-vélé & que parmi ces preuves il en entreF f f f f i