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Tome quatorzième.
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de onze pouces foibles, enforte qu’il peutglisser librement dans la coulisse , fans quele canon qu il porte puisse se détourner dela ligne des axes. Deux anneaux de fer fontsoudés perpendiculairement aux deux ex-trémités du sépé, & c’est dans ces anneauxque l’on passe le canon & qu on l’assujettitdans fa vraie situation avec de petits coins defer ; après quoi on place le fépé dans la cou-lisse à l’extrémité du banc, le bout du ca-non dirigé à la lanterne.

Une auge ou bac de pierre régné au-dessous du banc de forage : on f emplitd'eau j & elle sert à rafraîchir le canon ,qui s’échauffe assez tandis qu’on le force ,pour empêcher de le manier aisément;cette auge sert encore à recevoir la limailleque l'on fait sortir du canon à chaqueforet qui y passe , & à rafraîchir le foretlui-même , qu'on trempe dans l'eau lors-qu'on retourne le sépé, pour évacuer lalimaille.

Au-dessus du banc de forage est: une trin-gle de bois garnie dans toute fa longueurde pointes de fer auxquelles on suspend lesforets qui font, à cet effet, percés à leurtête, tous ceux qui doivent palier dansle canon, au nombre de vingt-deux , ycompris les deux meches, font placésdans leur ordre : le premier ou le pluspetit, auprès de la lanterne, & le vingt-deuxieme ou le plus gros, à l'autre ex-trémité : c’est ce qu’on appelle la troussede forets.

Les bancs de forage ne font que mieux& plus solidement établis , s’ils lont posésfur un massif de maçonnerie, & c’est ainsiqu’ils font construits dans les usines de lamanufacture de Charleville.

Toutes choses étant disposées, on pâliede l’huile le long de la coulisse, & fur lepremier foret qu’on introduit dans le ca-non ; on donne l’eau à la roue qui met lamachine en mouvement: le foret tourne,& l’on fait avancer le canon par le moyend’un petit levier coudé qui porte fur unepartie relevée à l’extrémité du sépé, la plusvoisine de la lanterne : les ouvriers appellentce petit levier la crosse : ses points d’appuisuccessifs font des chevilles verticales espa-cées à quatre pouces l une de l’autre le longd’une des longues pieces du châssis, la plusTome XIV.

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éloignée de l’ouvrier. Le canon avance d’unmouvement direct, &, si la machine est bienfaite , fans sortir de la ligne des axes. Il fautavoir attention, lorsque le premier foret aparcouru la moitié de la longueur du canon,de retirer le sépé de la coulisse, & dandi-ner le canon pour faire tomber la limaille ;après quoi l’on remet le íepé dans la coulisse,en observant de le retourner bout pour bout,eníbrte que le foret qui étoit entré d’abordpar la bouche du canon , entre à cette foispar le tonnerre. On en use ainsi pour leshuit à dix premiers forets, après lesquelsceux qu’on fait passer dans le canon le par-courent tout entier & dans toute íà lon-gueur; on doit, dans la fuite de l'opération,retirer le canon , & le secouer deux ou troissois à chaque foret: plus il approche de soncalibre, & plus cette précaution est nécessaire;il y a dans la limaille des grains plus ou moinsdurs, & plus ou moins gros, qui, tour-nant avec le foret, formeroient dans l’inté-rieur du canon des traits circulaires plus oumoins profonds qu’on ne pouroit atteindre&c effacer, à moins de lui donner un calibreplus grand qu’il ne doit l’avoir. Lorsqu’ona fait passer les huit à dix premiers forets ,il faut arrêter pour dresser le canon en de-dans ; on ifo.it passer pour cela dans le canonun fil de laiton très-mince, aux extrémitésduquel on suspend deux poids, enforte quele fil soit bien tendu : alors on fixe l’œil autonnerre , & l’on présente au jour le boutdu canon, qu’on fait doucement tournersur lui-même, pour appercevoir & mar-quer par dehors les endroits où le fil neporte pas : c’est ce qu’on appelle dresser aucordeau. On retire le fil, & l’on dresse àpetits coups de marteau fur une enclume ;on vérifie ensuite avec le fil, & l’on répettcjusqu’à ce que lame du canon soit biendroite ; on le remet dans les anneaux dusépé, & l’on y fait passer deux ou trois fo-rets toujours huilés , après lesquels on s’as-sure de nouveau avec le fil de laiton que1 intérieur est bien dressé. Cette vérifica-tion ne peut pas être trop fréquente , sur-tout lorsqu’on approche des derniers forets,ainsi que la précaution d’évacuer la limaille.Lorsqu’on est au bout de la trousse , qu’iln’y a plus que deux ou trois forets à foirepasser dans le canon, & que l’on est assuréDddddd