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Tome XV.
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métal ; Vespace que doit occuper le métal ,& l ’enveloppe ou la chape qui doit retenirle métal «St donner la forme extérieure à lapiece que l’on moule. Pour faire le noyau ,on prend un pieu à plusieurs pans, qui estplus gros par un bout que par l’autre , &qu on appelle Y arbre; autour de cet arbreon tortille des cadenettes de paille, & onen fait un peloton à peu près de la figureque doit avoir le noyau ; c’est ce pelotonque l’on appelle la torche. Par-deíTus cettetorche on applique plusieurs couches deterre que l’on tait sécher, & auxquelles ondonne la forme convenable, par le moyend’un calibre ou échantillon , comme noussavons expliqué à l’article de la fonte descanons, au mot FONDEUR EN BRONZE.Quand le noyau est formé & séché , ils’agit de remplir l’efpaceque le métal doitoccuper.

Pour cela on commence par enduire lenoyau, par le moyen d’un pinceau , d’unecouche de blanc de craie ou de potée( voye\ Fonte des canons) , pour enempêcher i’adhérence avec la terre qu’onva mettre par-destìis. Quand le blanc estsec , on enduit le noyau d’une couche deterre maigre , à laquelle on donne autantd’épaisseur qu’en doit avoir le métal. Par-dessus cette terre, on remet de nouveaudu blanc ou de la potée, pour empêcherl’adhérence avec la chape ; & enfin on enfait la chape même , avec la même terrequ’on a employée pour le noyau. L’épais-seur de la chape est toujours réglée par unéchantillon. L’ouvrier marque fur la chapel’eridroit des pieds , des anses, &c celui danslequel il la fendra ensuite avec un couteaupour ôter la seconde couche de terre quiest entre le noyau & la chape. Le mouleétant séché, un ouvrier y applique le mouledes anses , qui a été préparé par le moyende morceaux de bois, autour defquels onarrange de la terre. Le moule des ansestient à la chape par un enduit d’ar-gille. Le tout étant séché , un ouvriertrappe avec un maillet de bois fur le boutde Y arbre qui est de plus petit volume ;ce qui le fait sortir : mais il ne peut sortirqu’il n’amene en même tems la partie dela torche qui est clouée fur le gros bout quifort le premier. On acheve aisément de

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tirer la torche , & dans cet état on poirele moule fur des planches, où il scche dou-cement.

Un ouvrier place le moule fur son éta-bli , & avec le couteau il acheve de fendrela chape suivant la ligne qui a été tracée,& qui ne doit passer ni dans les anses nidans les pieds. La chape étant fendue , lesdeux morceaux fe détachent aisément dela seconde couche, à cause du léger enduitde craie qu’on lui a donné. On enleve en-suite cette seconde couche qui se détacheausti très-aifément du noyau : de là il estaisé de voir que si l’on approche les deuxpieces de la chape autour du noyau , ilrestera un vuide proportionné à l’épaistèur& à la forme de la seconde couche enlevée,& qui forme la place que doit occuper lemétal ; mais avant que de rapprocher cespieces, on place les moules des pieds quiont été préparés d’avance , de la même ma-niéré que ceux des anses, & on les fixe avecde l’argille ; on bouche austi la partie dutrou que l’arbre a laissée à la partie infé-rieure du noyau.

Les pieds étant placés, on rapproche lesdeux parties de la chape, qu’on tient égale-ment éloignées du noyau, par Pinterposi-tion de quelques balles de plomb qui fontdu même diamètre que doit avoir le vuidequi entoure le noyau. La fente que le cou-teau a faite se recouvre d’argille, afin queles pieces tiennent ensemble. Après cela ,pour que le moule soit entièrement fini,il ne reste plus qu’à y ajuster les jets ou cou-lées par où le métal doit être introduitdans le moule ; ils consistent en deux tuyauxde terre grasse qui se réunissent en un seulà l’endroit où ils s’inferent dans la chape.Enfin, quand le moule est fini, on le portefous un hangar, où on le couvre de char-bons ardens ; on l’y tient asièz long-temspour que la chaleur puisse pénétrer jusqu’aucentre & le recuire parfaitement.

Plusieurs moules en cet état fe portentau fourneau,où on les enterre dans du fablequi est ordinairement devant l’ouvrage , &dans lequel on coule les gueuses. Les couléesétant plus longues que les pieds du moule, iln’y a qu’elles qui débordent au-dessus dufable. On puise ensuite la fonte dans le four-neau, &c on la verse datis les coulées.La fonte