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Tome XV.
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celles qui, bien considérées, semblent plutôtcomposées de lames que de grains , fontinférieures aux grenées ; les meilleures ontles lames plus fines, plus détachées les unesdes autres : les plus mauvaises de toutes ontdes amas de lames qui forment comme degros grains applatis.

Après le secret de conserver aux fontes,pendant une seconde fusion , la douceurqu’elles avoient naturellement, ou cellequ’elles avoient acquise dans les recuits, ilrestoit à trouver celui de corriger le défautde leur couleur , parce quelles restent tropgrises, & qu’elles ne poudroient pas prendreun beau poli.

C’est l’alun mêlé avec de la poudre decharbon , ou de la poudre de charbon &d’os, qui, fans rendurcir la fonte, lui don-nent la blancheur convenable qui la met enétat de paroître brillante après qu’elle auraété limée. Mais si on outroit la dose d’alun,au lieu d’une fonte douce on en auroit unetrès-dure. Deux gros de ce sel avec demi-once de charbon sur une once d e fonte grise,sont un exemple d’une des proportions heu-reuses ; mais il sera prudent dans les essais,de pécher plutôt par le trop peu que par letrop: on aura toujours un ouvrage limable.S’il n’a pas une couleur aísez vive &: as-sez blanche, on augmentera la dose d’alundans la composition qu’on fondra dans lafuite pour en couler de semblables ou-vrages.

Une précaution absolument essentiellequ’il faut prendre avant de couler la fonteradoucie , est de faire bien chausser lesmoules & à un très-grand degré ; car il estcertain que la fonte qui eût été douce & griseii elle eût coulé dans un moule chaud à uncertain degré, devient de la fonte blanche& intraitable, si elle est coulée dans unmoule moins chaud, où elle se fige pluspromptement, & où elle reçoit une efpecede trempe ; ainsi il paroît qu’en général onpeut dire que de la fonte blanche est dela fonte trempée.

Les moules ordinaires des fondeurs sontmaintenus par des châssis de bois ; maispour avoir la commodité de pouvoirchauffer les moules autant qu’on veut, &autant qu’il est nécessaire , il faut leur subs-tituer des châssis de for. Les moules étant |

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plus chauds, les traits des ouvrages moulésseront plus vifs ; il n’y aura plus de précau-tions à prendre pour empêcher les ou-vrages minces de se casser dans les moules oùils se refroidiront peu à peu comme dansun four chaud.

C’est un principe , que plus les matièresdes moules seront aisées à chausser, & moinson aura à craindre qu’elles endurciííent lemétal.

Si à un mélange de chaux & de fable,ou de chaux Lc de poudre d’os, on ajoutede la poudre de charbon, on aura une com-position qui rassemblera toutes les qualitésqu’on peut souhaiter pour mouler la fonteadoucie. A l’égard des moules de terre, lesmeilleurs sont ceux qu’on fait avec de bonneterre à creuset, mêlée avec de la mine deplomb paffee au tamis. II faut ne mettrequ’autant de terre qu’il est nécessaire pourdonner du corps à la mine de plomb , &avoir attention de faire sécher parfaitementles moules avant de s’en servir. Ces moulessechentsans diminuer considérablement devolume, ils reçoivent les impressions lesplus délicates, & soutiennent parfaitementle métal en fusion.

Supposé les moules faits & arrangés, onmesurera le tems nécessaire à fondre , furla quantité de matière dont on veut lesremplir, de façon qu’elle ne soit en bainque quand ils seront assez chauds. Selon ladifférente épaisseur de leur fable, ils de-mandent des durées de chaleur différentes ;ils veulent être aussi plus ou moins chauds,selon la qualité de la fonte dont on doit lesremplir. Enfin le moule doit être plus oumoins chaud , selon que les pieces qui y sontmoulées ont moins ou plus d’épaisseur. 11est aisé dans la pratique de s’assurer s’ils lefont aísez , en commençant par les chaufferà un grand degré, & diminuantd’estàienessai jusqu’au point suffisant. D’ailleurs, onfait assez comment s’en assurer par l’étatintérieur du moule ; plusl’intérieur devientchaud , plus les nuances de la flamme blan-chissent.

11 esttrès-efsentiel que les verseurs soientbien maîtres de leur creuset ; dès que lafonte commence à couler , elle doit coulersans interruption. Le fil, le jet du liquidedoit être continu , & tomber autant qu’il