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Tome XV.
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ou de l’autre espece, proportionné aux di-mensions qu’il prétend donner à son fer,& le chauffe jusqu’à blanc tout au plus, àmoins que la qualité du fer dont il fe sertlorfqu’il est question d’en souder les par-ties , n’exige qu’il pouffe la chaude au-delà.Le fer ainsi chauffe , il le orend avec lestenailles les plus appropriées à la formeactuelle du loppin ; les tenailles dont faforge doit être abondamment pourvue ,devant être de différentes grandeurs & dedifférentes figures. II le présente à plat furla table de l’enclume. Un apprentis ou unautre compagnon armé du marteau à frap-per devant , frappe toujours de maniéré àalonger & à élargir le loppin, & chacunde fes coups est suivi de celui du premierforgeur , dont la main droite saisie du fer-retier ne frappe que sur l'épaisseur du fer.Pour cet effet, comme leurs coups fe suc-cèdent fans interruption , celui-ci , aprèsavoir posé le loppin à plat pour l’exposorau marteau de l’apprentif , le retournepromptement de champ pour l’expofer àson ferretier ; & ainsi de fuite , jusqu’àce qu’une des branches soit suffisammentébauchée : du reste , les coups du ferretiertendent comme ceux du marteau au pro-longement du loppin , mais ils le rétrécis-sent en même tems , & lui donnent lacourbure qui caractérise le fer du cheval ;c’est ce que les maréchaux appellent dégor-ger. Pour la lui procurer plus promptement,le forgeur adresiè quelques-uns de fes coupsfur la pointe non chauffée du loppin, tan-dis que f autre porte fur fenclume ; caril doit avoir eu l’attention de ne fairechauffer de ce même loppin qu’environ lesdeux tiers, afin que la partie saisie par latenaille ait astèz de solidité pour rejetersur la partie chauffée tout Peffet des coupsde ferretier qui font dirigés fur elle. Cettebranche dans cet état, le forgeur quitteson ferretier & prend le refouloir , aveclequel il la refoule à son extrémité, pourcommencer à en façonner l’éponge.

11 remet au feu ; &, par une secondechaude conduite comme la premiere, ilébauche au même point la seconde branche& la courbure , ou la tournure , pour meservir de l’exprestion du maréchal ; aprèsquoi lui seul façonne le deslùs, le dessous,

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les côtés extérieurs & intérieurs des bran-ches , en fe íèrvant au besoin de l'un & del’autre bras de la bigorne , pour soutenirle fer lors des coups de ferretier qu’iladresse fur l’extérieur, ce fer étant tenude champ fur le bras rond quand il s’agitde former l'arrondissement de fa partieantérieure , & fur le bras quarré quand ilest question d’en contourner les branches.II emploie, de même que ci-devant, lerefouloir.

II seroit à souhaiter que tous les maré-chaux s’en tinssent à ces opérations , juí-qu’à ce que l’infpection du pied auquel lefer fera destiné, les eût déterminés fur lejuste lieu des étampures. Ce n’est qu’alorsqu’ils devroient passer à la troisième chau-de, & profiter des indications qu’ils au-roient tirées. Cette chaude donnée , leforgeur, à l’effet d’étamper, pose le fer àplat fur l’enclume , ce fer étant retournéde maniéré que fa face inférieure est en-destùs ; il tient l’étampe de la main gau-che ; il en place successivement la pointefur tous les endroits où il veut percer , fansoublier que l’une de fes faces doit être tou-jours parallèle au bord du fer ; & le com-pagnon ou l’apprentif frappe fur la tête decet outil, jufqu’à ce qu’il ait pénétré pro-portionnément à l’épaisseur de ce mêmefer. L’étampure faite, le forgeur le rap-proche avec son ferretier de la forme quece dernier travail a altérée ; & après savoirretourné, il applique la pointe du poin-çon sur les petites élévations apparentes àla face supérieure ; & frappant du ferre-tier fur la tête de ce poinçon, il chasseen-dedans & détache parles bords la feuilleà laquelle le quarré de l’étampe a réduitl’épaisseur totale du fer. Cette action avecle poinçon fe nomme contre-percer. Enfinil refoule & il rétablit dans ce premier con-tour , avec ce même ferretier, les bordsque l’étampure a forcés, & il porte I’ajuf-ture du fer à fa perfection.

Ces trois feules chaudes feroient insuffi-santes dans le cas où il s’agiroit de forgerun fer à crampons , & à plus forte raisondans celui où le fer seroit plus composé.Lorsque l’ouvrier se propose de former descrampons quarrés , il a soin de refoulerplus fortement les éponges, & de tenir les