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Tome XV.
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sur-tout si on mêle des matières différen-tes. On voit bien des gens fur qui cet objetfait grande i m pression, & qui aiment mieuxles'compositions d’une couleur diaphane,blanche, dorée, rouge, bleue, que cellesqui en ont une jaune, verte, noire, opa-que. On ne peut pas néanmoins détermi-ner physiquement en général , quelle ferala couleur résultante' des différentes cou-leurs mélangées. La chymie, par le mélangedes matières fans couleur, en produit uneblanche, jaune, rouge, bleue, brune ,noire , &c. elle tire méme toutes fortes decouleurs de toutes fortes de matières ; elleest presque ici la feule science qui donneles exemples & les réglés dont le médecina un besoin effèntiel.

Les odeurs ne changent pas moins queles couleurs dans le mélange des remedesdifférens ; mais leur efficacité est bien plusgrande & plus réelle. Ainsi remarquez i°.qu’il y a peu de réglés pour rendre les odeursagréables ; que ces réglés font très-bornées& très - incertaines ; que les odeurs quiplaisent à quelques personnes, déplaisent àbeaucoup d’autres. z°. Que l’agréable &l’utile ne vont point ici de pair ; les hypo-condriaques & hystériques fe trouventquelquefois ne pouvoir pas supporter ce quisent très-bon ; souvent les odeurs fortes,fétides ou suaves, font de grandes impres-sions en bien & en mal. 3 0 . Qu’en géné-ral on aime davantage ce qui n’a point d’o-deur , ou ce qui ne sent ni bon ni mauvais.4°. Que souvent toute la vertu des reme-des dépend de leurs odeurs, ou du principequi les produit.

De plus, on ne peut pas prévoir tou-jours I’odeur du mixte par celle des ingré-diens. Voici cependant ce que nous ap-prend la chymie , & qui prouve combieníl est utile de la savoir quand on commen-cera à formuler.

i°. II y a des matières fans odeur, quele mélange rend très-odoriférantes. Quandon mêle, par exemple, le sel alkali fixe oula chaux vive qui font l’un & l’autre fansodeur , avec le sel ammoniac, quelle odeurforte nesent-on pas tout-à-coup ? La mêmechoffi arrivera, si on verse l’acide vitrioli-que ilir le nitre, le sel marin, le sel am-moniac , le tartre régénéré , & autres sem-

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blables. 2°. II y a des ingrédiens très-odo-riférans, qui après le mélange n'ont plusd’odeur : l’efprit de sel ammoniac, jointà l’acide du nitre ou du sel marin , en estun exemple. 3 0 . II résulte quelquefois uneodeur extrêmement iétide, du mélanged’odeurs , ou suaves , ou médiocrementfétides : pareillement des matières très-fé-tides mêlées ensemble, donnent des odeurstrès-agréables. Quand on verse du vinaigrefur une dissolution de soufre par les alkalisfixes, on sent l’odeur d’œuf pourri. Dessucs trcs-puans que M. Lémery avoit misdans un petit sac, rendirent une odeur demusc. Hìft. de Vaccad. roy. ann. 1706,page 7.

Les faveurs demandent les mêmes pré-cautions & les mêmes connoiffànces chymi-ques que les odeurs. Les faveurs naturel-les , douces, acides , amer es, un peu sa-lées , &c. font les meilleures. Les plus dé-sagréables font celles qui font putrides ,rances , urineufes. La chymie apprend qu’ily en a d’autres bien différentes, & souventtrès-extraordinaires, qui naisiènt du mé-lange de différentes matières. Les acides& les alkalis mêlés ensemble, se détrui-sent. Rien n’est plus désagréable que legoût salé que contractent les acides parle mélange des yeux d’écreviííès qui fontnaturellement fades, & de tous les autresabsorbans marins. Les terres grasses, insi-pides , jointes à une acide, deviennent alu-mineufes ; le plomb , uni aux acides, ac-quiert une douceur de sucre ; Le fer, dedoux devient stiptique. On fait quel goûtaffreux ce même mélange donne aux autresmétaux.

Quelquefois même il arrive des chosesqu’on n’attendoit pas naturellement dansle mélange. En voici quelques exemples.Les acides & les alkalis mêles ensemble »perdent leurs forces particulières, & de-viennent un sel neutre. Les terres bolaires,médicinales, jointes aux acides, acquiè-rent une force astringente plus considéra-ble, & même alumineufe. Un acide jointà la fcamonée, la rend aussi peu active quele fable ; au lieu qu’un alkali fixe en aidefaction. Le sel de tartre adoucit la forcedu jalap & de la coloquinte. Le sucre af-faiblit les mucilagineux & les astringens.