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Tome XV.
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terme de théologie. II vient du mot la-tin fornix , petites chambres voûtées , danslesquelles se tenoient les femmes publiquesà Rome. On a employé ce terme poursignifier le commerce des personnes libres.II n’est point d’usage dans la conversation ,& n’est guere reçu aujourd’hui que dansle style marotique. La décence l’a bannide la chaire. Les caíuistes en faisoient ungrand usage, & le distinguoient en plu-sieurs especes. On a traduit par le motde fornication les infidélités du peuplejuif pour les dieux étrangers , parce quechez les prophètes ces infidélités font ap-pellées impuretés , souillures. C’est par lamême extension qu’on a dit que les juifsavoient rendu aux faux dieux un hommageadultéré. Article de M., de Voltaire.

La fornication , en tant qu’union illégi-time de deux personnes libres & non paren-tes , est proprement un commerce charneldontle prêtre n’a point donné la permj/íion.L’ancienneloi condamne celui qui a commisla fornication avec une vierge , à l’épouserou à lui donner de l’argent, si son perela refuse en mariage. Exode 22. Elle neparoît pas avoir imposé de peine pour lafornication avec une fille publique , oumême avec une veuve. Ce n’est pas quecette fornication fût permise ; nous voyonspar un pastàge des A cl es des apôtres ,XV, 20, 29, qu’on prescrivoit aux juifsnouvellement convertis, de conserver ,entr’autres observations légales , l’absti-nence de la fornication & des chairs étouf-fées. Cette attention à faire marcher depair deux abstinences si différentes, paroîtprouver, ou que la manducation des chairsétouffées, indifférente en elle-même, étoittrai tée par la loi des juifs, comme un grandmal, ou que la fornication étoit regardéecomme une simple faute contre la loi,plutôt que comme un crime. La loi nou-velle a été plus sévere & plus juste. Unchrétien regarde comme un plus grandmal de jouir d’un commerce charnel,qui n’est pas revêtu de la dignité de sa-crement , que de manger de la chair decochon ou de la chair étouffée. Mais lasimple fornication, quoique péché en ma-tière grave, est de toutes les unions illé-gitimes celle que le christianisme condamne

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le moins : l’àdultere est traité avec raisonpar l’évangile, comme un crime beaucoupplus grand. Voye% Adultéré. En effet Tau péché de lafornication il en joint deuxautres; le larcin, parce qu’on dérobé lebien d’autrui ; la fraude, par laquelle ondonne à un citoyen des héritiers qui nedoivent pas l’être. Cependant , abstrac-tion faite de la religion , de la probitémême, & considérant uniquement l’éco-nomie de la société, il n’est pas difficilede sentir que la fornication lui est, en unsens, plus nuisible que l’adultere ; car elletend, ou à multiplier dans la société lamisere & le trouble , en y • introduisantdes citoyens fans état & fans ressource ;ou, ce qui est peut-être encore plus fu-neste , à faciliter la dépopulation par laruine de la fécondité. Cette observationn’a point pour objet de diminuer la justehorreur qu’on doit avoir de l’adultere,mais seulement de faire sentir les distêrensaspects fous lesquels on peut envisager lamorale , soit par rapport à la religion , soitpar rapport à l’état. Les législateurs ontprincipalement décerné des peines contreles forfaits qui portent le trouble parmiles hommes ; il est d’autres crimes que lareligion ne condamne pas moins, mais dontl’Etre suprême se réserve la punition. L’in-crédulité,par exemple, est pour un chré-tien un auísi grand crime , & peut - êtreun plus grand crime que le vol ; cependantil y a des loix contre le vol, & il n’y ena pas contre les incrédules qui n’attaquentpoint ouvertement la religion dominante ;c’est que les opinions , même absurdes ,qu’on ne cherche point à répandre , Rap-portent aux citoyens aucun dommage :austì y a-t-il plus d’incrédules que de vo-leurs. En général, on peut observer, à lahonte & au malheur du genre humain,que la religion n’est pas toujours un freinassez puissant contre les crimes que lesloix ne punissent pas , ou même dont legouvernement ne fait pas une recherchesévere, & qu’il aime mieux ignorer quepunir. C’est donc avoir du christianismeune très-fausse idée, & même lui faireinjure , que de le regarder, par une poli-tique toute humaine, comme uniquementdestiné à être une digue aux forfaits. La