Band 
Tome XV.
Seite
103
JPEG-Download
 

F OS

ce moyen le terrein qui est trop humide :on met, si l’on veut, du poisson dans cessortes d q fossés , & on les revêt de murs àchaux & à ciment.

Mais quel qu’en soit l’ufage, un noble nepeut pas faire des foJJ'és autour de fa mai-son , fans iettres-patentes du roi, adresséesà la chambre des comptes, qui ne les vé-rifie cju’information préalablement faitede la commodité ou incommodité , & à lacharge d’un droit de reconnoistànce. Al’égard du seigneur, son consentement esttoujours requis. Ainsi un censitaire ou unvastàl ne peut faire fojsês ni ponts-levisen fa maison , fans le consentement de sonseigneur. Pour peu qu’on sache shistoirede France, & qu’on remonte aux siéclesprécédons, on découvre aisément l’originede ces sortes de servitudes. {D. J.)

Fossé, (le) Fortification , est tou-jours une profondeur qu’on pratique aupied du côté extérieur du rempart.

La ligne qui le termine du côté de lacampagne, se nomme contrescarpe ; il estordinairement revêtu de maçonnerie versce côté, afin que les terres ne s’éboulentpoint dans \ç J'oJj’é.

Lorsque le rempart de la place est re-vêtu , son talud extérieur est continué jus-qu’au fond du fojsé; & quand il ne Testpoint, le talud extérieur se termine au borddu fojsé, au niveau de la campagne : alorson lai Lie entre le pied du rempart & le fojséun chemin de dix ou douze pieds, qu’onnomme berme ou relais ; il sert à soutenirles terres du rempart , pour qu’elies nes’écroulent point dans le JoJsé.

Le fojj’t des places tortes est sec ou pleind’eau ; Pun & l’autre ont leurs avantages &leurs inconvéniens : le JoJsé sec se défendmieux que la JoJsé plein d’eau; mais aussimet-il la place moins à l’abri des surprises :l Q J°JJe plein d’eau est meilleur à cet égard,mais il ne donne pas la même facilité pourfaire des sorties fur l’ennemi. Au reste,il ne depend point de l’ingénieur qui fortifieune place, d’en faire les fojfés secs ou pleinsd’eau ; il est obligé de se conformer à la na-ture des lieux où les places sont situées.Ainsi dans les lieux aquatiques le fojsé estplein d’eau , & il est sec dans les autres.Les meilleurs fojsês font ceux qui sont

F O S 105

secs, & qu’on peut remplir d’eau quandon le veut par le moyen des écluses ; telssont ceux de Landau , de Valenciennes ,& de plusieurs autres places.

La largeur & la profondeur du fojje serèglent sur le besoin qu’on a des terres pourla construction des ouvrages de la fortifi-cation : c’est pourquoi dans les terreins oùil y a peu de profondeur, il faut donner plusde largeur au JoJsé : cette largeur doit tou-jours être assez grande pour qu’on découvrele chemin-couvert, lorsqu’on est placé surla banquette; elle est ordinairement dequinze, dix-huit, ou vingt toises , au fojsédu corps de la place, & de douze à celuides dehors. Pour la profondeur, elle nepeut être moindre que la hauteur d’unhomme : on la fait de trois toises ou dix-huit pieds , si le terrein le permet.

Pour tracer le fojsé d’un front de for-tification , il faut prendre avec le compasdix-huit ou vingt toises de l’échelle ( PI. Ide fortification , fig. 5 ), mettre une de sesjambes fur le sommet A de sangle flanqué,& décrire un arc E F vis-à-vis cet angle,en-dehors du bastion. 11 faut du même in-tervalle de dix-huit ou vingt toises, & del’angle flanqué B, décrire un arc CL) ; po-ser ensuite la réglé sur sangle de l’épauleL & fur sarc F E ; enserre que la ligneE M L tirée le long de la réglé , soit tan-gente à sarc F E au point E , c’est-à-dire,qu’elle touche cet arc sens le couper , &qu’elle aboutisse au sommet L de sanglede l’épaule IL B. On tirera de même laligne C G tangente à sarc C D au point C,& aboutissant fur le point G. Ces deuxlignes E L , C G se couperont dans unpoint M, qui sera le sommet de sanglerentrant E M C de la contrescarpe : on tra-cera de la même maniéré le fojsé de tousles autres fronts.

Par la construction qu’on vient de don-ner , le fojsé est découvert des flancs danstoute son étendue. La partie qui est vis-à-vis la courtine est vue & défendue parles deux flancs GH, IL. Le fojsé vis-à-visla courtine est défendue par tout le flancG H ; puisque la contrescarpe ou le bordextérieur du fojsé C M étant prolongé,aboutit au sommet G de sangle de sépaule.Le fojsé opposé au flanc IL, vis-à-vis A G,