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prendre. Par cette précaution le général,lorsque ses espions le servent bien, c’est-â-dire lorsqu’il les choisit intelligens & qu’illes paie bien, peut juger de l’objet dePennemi ; s’il croit qu’il ait dessein de tom-ber fur les fourrageurs, il leur envoie desordres pour les faire retirer promptement.
4 0 . Si le général apprend que Pennemimarche en force pour troubler le four-rage , & que cette nouvelle arrive avantque les fourrageurs puissent être parvenusau lieu du fourrage, il envoie auíîì-tót au-devant d’eux pour les arrêter ; & si l’onprésume qu’ilsy soient arrivés, on leur faitles signaux convenus, pour les rappelles oules faire retirer. Ces signaux se ton t ordi-nairement par un certain nombre de dé-charges de pieces de canon.
Si c’est le commandant du fourrage quisoit informé par k ses partis, que Pennemis’avance en bon ordre pour l’attaquer avecun nombre de troupes supérieur aux sien-nes, il fait retirer promptement les four-rageurs, & il envoie au camp pour eninstruire le général, & lui demander du se-cours , pour astùrer & protéger fa retraite ;en attendant il rastèmble toutes les escor-tes, & il leur fait prendre le chemin ducamp dans le meilleur ordre qu’il lui estpossible.
Lorsque les ennemis qui marchent con-tre un fourrage sont en grand nombre, ilest rare que le pays leur permette de mar-cher fur un assez grand front pour arriverensemble. Si le terrein leur est favorablepour cela, il est au moins difficile de mar-cher alors avec ordre & vitesse. Les dif-férées corps de Parmée ou du détachementde Pennemi íe trouvent dans I’obligationde s’attendre les uns les autres : pen-dant ce tems le commandant du fourrage,dont la marche est plus légere, fait fa re-traite ou fe met à portée du secours que legénéral lui envoie?
Si Pennemi détache quelques troupesen-avant pour commencer Pattaque & re-tarder la marche des fourrageurs ; pendantqu’il s’avance plus lentement avec le grosde son détachement, le commandant dufourrage doit faire ensorte que la retraitene soit point interrompue ; & pour fe dé-barrasser des ennemis qui le harcèlent,Tome XV.
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réunir à la ^reue des fourrageurs unnombre de troupes de Pescorte, supérieuraux détachemens ou aux partis de Pen-nemi ; & lorsque ces partis se trouvent àportéed’être attaqués, on les fait chargervigoureusement, en recommandant ex-pressément aux troupes de Pescorte de nepas s’abandonner à leur poursuite , mais derejoindre la queue des fourrageurs austi-tótqu’elles auront rompu celles de Pennemi,de maniéré qu’elles ne puissent pas íè ral-lier aisément. On en use ainsi , asin que lestroupes de Pescorte ne cessent point decouvrir la retraite des fourrageurs , &qu’elles soient toujours en état de s’op-pofer aux nouvelles entreprises que Pen-nemi pourroit faire contre eux.
5°. Lorsque Pennemi se trouve obligé,pour interrompre ou troubler un fourrage,de s’éloigner de son camp d’une distancetrop considérable pour en être aisément se-couru dans le besoin, il arrive rarementqu’il ose le tenter , parce qu’il ne peutguere le faire sons s’exposer à être battu :car comme il est difficile qu’il soit exacte-ment informé de la force des troupes quicomposent Pescorte, il peut arriver qu’el-les soient supérieures aux siennes, & qu’el-les le laissent s’engager dans le pays, pourlui fermer la retraite & le défaire entiè-rement. Un général prudent ne s’expofepas à cet inconvénient ; c’est pourquoi ilne cherche guere à troubler les fourragesqui fe font loin de son camp, au moinsavec de gros corps de troupes ; il fecontente d’y envoyer quelquefois destroupes légeres ; & alors les escortes bienplacées & bien commandées , sont suffisan-tes pour la fureté des fourrageurs.
6 °. Lorsque le général est plus fort encavalerie que son ennemi, & qu’il ne craintpoint de s’engager à combattre, il peutíè hasarder davantage dans les fourragesqu’on ne l’a supposé ici.
II peut mener sa cavalerie du côté dePennemi ; & s’il ne voit point de mouve-mens dans son camp , faire mettre pied àterre à une partie de son monde pour four-rager , pendant que l’autre qui est sous lesarmes , tient Pennemi en respect. S’il semet en devoir d’attaquer les troupes quicouvrent les'Uburrageurs, ceux-ci lais-