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& qui portent des fleurs ; elle jette auíìì desqueues de même longueur & de même figu-re , qui soutiennent des feuilles ; elle poustèencore des jets traçans & rampans fur terre,noueux , donnant de chaque nœud desfeuilles & des racines, par lesquelles cetteplante fe multiplie. Ses feuilles, au nom-bre de trois fur une queue , font oblon-gues , larges, semblables à celles de l’ar-gentine, veinées, velues, dentelées à leurbord, vertes en-dessus, blanchâtres en-destòus. Ses fleurs, au nombre de quatreou cinq fur un même pédicule, font en roseà cinq pétales blancs placés en rond ; ellesont beaucoup d’étamines courtes, garniesde sommets jaunâtres, & un pistil sphéri-que , porté fur un calice découpé en dix par-ties; le pistil fe change en un fruit ovoïde ,bon à manger, charnu, mou, rouge quandil est mûr , quelquefois blanc, rempli d’unsuc doux , vineux, odorant , chargé dequantité de petites graines entastêes lesunes fur les autres.
Cette plante fleurit en mai, & donneson fruit mûr au mois de juin. Elle vientnaturellement dans les forêts & à sombre;on k cultive dans les jardins, où elle profitedavantage, & porte des fraises plus gros-ses & plus douces que celles des bois &des montagnes, mais bien moins odoran-tes & moins agréables au goût.
M. Frézier, en revenant de son voyagede la mer du Sud, a le premier fait con-noître en Europe le fraiser du Chili ,fra-garia chilienfis fruclu maximo ,foliis car-nofis , hirsutis. II différé de toutes les es-pèces européennes par la largeur , l’épaif-feur & le velu de ses feuilles. Son fruit, decouleur rouge blanchâtre , est générale-ment de la grosseur d'une noix , & mêmequelquefois austi gros qu’un œuf de poule ;mais fa faveur n’a pas l’agrémcnt & le par-fum de nos fraises de bois. Cette plante aproduit du fruit au jardin royal de Paris,& en porte aujourd’hui dans le jardin deChelfea par les foins de Miller. Elfe réus-sit le mieux à l’expofition du soleil du ma-tin , & demande de fre'quens arrofemensdans les tems de fécherestè.
Le fraiser, tant celui qui porte des frai-ses rouges , que celui qui fournit des frai-ses blanches, fe multiplie de plant enraciné.
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Le plant de fraiser qu’on tire des bois ,vaut mieux pour transplanter que celuides jardins ; les fruits qu’il produit fontplus odorans.
On met les frais ers en planche ou enbordure, dans une terre bien préparée ; &pour le mieux, on les plante fur des à-dos,contre un mur exposé au midi, afin d'avoirdes premieres fraises ; on les espace de huitpouces en terre sablonneuse. On observeque les planches ou les bordures soient unpeu plus enfoncées que les allées ou que lessentiers , pour y retenir les eaux de pluie &des arrofemens.
Si l’on en plante dans des terres grastes& presque fraîches, comme la grande hu-midité pourrit les pieds, on les éloignecommunément de dix à douze pouces ; &on en met deux à trois pieds dans chaquetrou , que l’on fait avec un plantoir.
Le tems de les planter est au commen-cement de juin , c’est-à-dire avant les sé-cher estes ; on en plante néanmoins toutTété dans les tems pluvieux. II est impor-tant d’en faire des pépinières dans quel-que endroit exposé au nord, pour éviterles grandes chaleurs d’été : on les plantepour lors à trois ou quatre ponces l’un deî’autre. Lorsque ces pieds font fortifiés ,on les replante dans le mois de septembrepour en faire des planches ou des quarrés,selon le besoin qu’on en peut avoir.
La principale culture des frais ers con-siste en premier lieu à les arroser fréquem-ment dans la sécheresse : on laiíle en se-cond lieu quelques montans des plus fortsà chaque pied ; en troisième lieu , on nelaiíïe fur chaque montant que trois ou qua-tre fraises, qui font les premieres venues,& les plus près du pied. On pince toutesles autres fleurs de la queue des branchesqui ont déjà fleuri , ou qui font encore enfleurs ; car rarement on volt nouer & ve-nir à bien toutes ces dernieres fleurs : iln’y.a que les premieres qui réussissent; &quand on est soigneux de bien pincer, onest assuré d’avoir de belles fraises.
Les frais ers font fort bien Tannée sui-vante qu’ils ont été plantés, fi c’est au moisde mai qu’on les a plantés; mais médio-crement , s’ils n’ont été plantés qu’au moisde septembre.