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Tome XV.
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F R A

Je suis très-dispensé d’entrer ici dansaucun détail de Pétat présent du royaume.Sa force réelle & relative ; la nature deson gouvernement ; la religion du pays ;la puissance du monarque , ses revenus,ses ressources , & fa domination , toutcela n’est ignoré de personne. On ne saitpas moins que les richesses immenses de laFrance , qui montent peut - être en ma-tières d’or & d’argent, à un milliard dutitre de ce jour ( le marc d'or à 680 livres& celui d’argent à yo livres ) , se trouventmalheureusement réparties, comme l’é-toient les richesses de Rome , lors de lachute de la république. On fait encoreque la capitale forme , pour ainsi dire ,I’état méme ; que tout aborde à ce gouf-fre , à ce centre de puissance ; que lesprovinces se dépeuplent excessivement ;& que le laboureur accablé de sa pauvreté,craint de mettre au jour des malheureux.II est vrai que Louis XIV s’appercevant,il y a près d’un siecle (en 1666) , de cemal invétéré, crut encourager la propaga-tion de l’espece, en promettant de récom-penser ceux qui auroient dix enfans, c’est-à-dire, de récompenser des prodiges ; ileût mieux valu remonter aux causes dumal, & y porter les véritables remedes.Or ces causes & ces remedes ne font pasdifficiles à trouver. Voye\ Impôt , TO-LÉRANCE , &c. ( D . J .)

France, (Isle-de-) Ge'og .provincede France , ainsi nommée parce qu’dleétoit autrefois bornée par la Seine, laMarne , l’Oise, l’Aishe , & l’Ourque. Lesgéographes vous indiqueront son étendueactuelle. {D. J.)

FRANCFORT fur le Mein, f. m.( Ge'og. ) ville d’Allemagne en Wétéra-■vie, aux confins de la Franconie, entrela ville d’Hanaw & celle de Mayence.

Francfort est partagé en deux par leMein, que l’on y passe fur un pont depierre. La partie qui est fur le bord sep-tentrional du fleuve, porte proprementJe nom de Francfort ; on appelle l’autreSaxen-Haufen , c’est-à-dire, les maisonsdes Saxons. Ces deux parties font forti-fiées avec des bastions à Fantique, un fosséplein d’eau, & un chemin-couvert.

Cette ville est la patrie de Charles leTome XV

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Chauve \ roi de France : elle est riche ,impériale, ansi'atique , peuplée , & mar-chande ; on y tient deux foires chaque an-née , Tune au printems, & l’autre en au-tomne , où , entr’autres marchandises, ilse fait un grand commerce de livres.

C’est là que les électeurs se rendentpour élire un empereur ou un roi des Ro-mains , conformément ou non conformé-ment à la bulle d’or de Fempereur Char-les IV, dont l’original se garde à la mai-son de ville ; c’est un parchemin /n-4. dequarante-trois feuilles, selon Wageníeil.

Francfort est fameux par son concilede l’an 794, un des plus célébrés qui sesoient tenus dans Foccident : Charlema-gne , en qualité d’empereur , y exerça lamême autorité qu’avoient autrefois lesempereurs d’orient dans les conciles, de-puis qu’ils eurent embrassé le christia-nisme. On rejeta dans ce concile le se-cond concise de Nicée ( a), dans lequel onavoit rétabli le culte des images. Voye\Iconoclastes.

Francfort embrassa la confession d'Augs-bourg l’an 1Ç30 ; le magistrat, & presquetout le peuple, sont de cette confession jles réformés , les catholiques romains ,& méme les juifs, y font également bienreçus, & y habitent avec liberté, quoi-qu ils n’y aient point d’exercice public deleurs religions (£), mais on les toléré avee-autant de sagesse que de profit. On est assèzsage dans cette ville , pour ne s’y occuperque du foin de faire fleurir le commerce,& de maintenir les droits des citoyens.

Le gouvernement y est entre les mainsde quelques familles, qu’on appelle patri-ciennes : cependant le choix des personnesparticulières qui y doivent remplir lescharges , est fait par le corps des métiers ;ce qui rend ce gouvernement aristo-démo-cratique.

Le territoire de Francfort est un petitpays entre l’archevêché de Mayence , le

( a ) M. < 1 e Marca , De concorL lib. //, cap. 17 ,prétend qitclcs évêques de Nicée & de Francfort ,verborum sono tcmtum , non re issu’, dijsenjtjse.

(i) Selon la Martiniere, les catholiques romainsont les principales églises à Francfort ; selon M.Corneille, ils en possedent quatorze. Est-il possiblequ’ils n’y aient point d’exercice publie de Leur reli-gion ?

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