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Agir avec liberté , c’est agir avec indépen-dance ; procéder avec franchise , c’est seconduire ouvertement & noblement. Par-ler avec trop de liberté , c’est marquer del’audace ; parler avec trop de franchise ,c’est trop ouvrir son cœur. Article de M.de Voltaire.
FRANCHISE de pinceau , ou de burin.{Peint, gravure.) On entend par ce termecette liberté & cette hardiestè de main quifont paroître un travail facile, quoique faitavec art. Rien ne caractérise mieux les ta-lens & l’heureux génie d’un artiste qui nefatigue point, & qui se joue en quelquesorte des difficultés. Voye\ Facilité ,Liberté.
FRANCISCAINS, f. m. pi. (Ordremona/ìiq.J religieux encore plus connusfous leur autre nom de cordeliers. Voy.Cordeliers ; & joignez - y, avec vospropres réflexions, les deux traits histori-ques qui suivent, & qui méritent de n’êtrepas oubliés dans l’histoire de ces religieux.
Si les franciscains vénèrent singulière-ment François d’Assise , s’ils lui attribuenttant de miracles , il faut du moins convenirque c’en fut un bien grand qu’opéra ce fon-dateur , en multipliant son ordre au pointque neuf ans après l'avoir fondé, il se trou-va dans un chapitre général qui se tint prèsd’Assise, cinq mille députés de ses convens.Aujourd’hui méme, quoique les protestansleur aient enlevé un nombre prodigieux deleurs monastères, ils ont encore sept millemaisons d’hommes fous des noms différons,&plus de neuf cents couvens de filles. Ona compté par leurs derniers chapitres centquinze mille hommes, & environ vingt-neuf mille filles.
La querelle théologique de cet ordreavec les dominicains plus puiffims qu’eux ,quoique moins nombreux , paroît avoirpris ía source dans la feule jalousie. Lapremiere occasion qui se présenta de ladéployer, tomba sur la naissance de lamere de J. C. Les dominicains ayant ditqu’elle étoit livrée au démon comme lesautres, les franciscains crièrent à l’im-piété , & soutinrent qu’elle avoit étéexempte du péché originel. Les domini-cains s’appuyerent de l’autorité-de S. Tho-mas , de celle méme de S. Bernard, appellé
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le soldat de la'Vierge; & les franciscains ,de celle-de Jean Duns, Ecoslòis, nomméimproprement Scot , mais fort connu enson tems par le tire de docleur subtil. Voy.Immaculée conception. ( D . J .)
FRANCISQUE, f. f. ( Hijl. mod. mi-lit. ) arme faite en façon de hache, dontse servoient les Francs ; & c’est peut-étrede là que lui vient son nom. Quoi qu’ilen soit, la francisque a été seulement enusage dans les tems où les Francs n’accor-doient à leurs rois qu’une autorité très-bornée , ne connoifîòient guere leurs sou-verains dans le camp que comme générauxde soldats conquérans , & ne leur don-noient leur part du butin, que selon quele sort en décidoit : on sait là-dessiis ce quiarriva à Clovis, après fa victoire fur Sia-grius. Ce monarque voulant rendre à unévêque un vase sacré qui avoit été prisdans un pillage , requit de ses troupes qu’ilne fût point compris dans le partage quis’en devoit faire ; mais un Franc qui re-gardent cette pieuse libéralité du princecomme une entreprise sur les droits del'armée, donna un coup de fa francisquefur ce vase, & dit fièrement au roi, qu’ilne disposeroit que de ce que le sort luidonneroit à lui-même dans le partage dubutin. Clovis, quoique naturellement co-lère & terrible, fut obligé de dissimuler lechagrin qu’il ressentoit de ce refus. N’o-sant pas alors en tirer raison par l’aiitoritéroyale, il eut recours Tannée suivante àcelle de général, en faisant la revue de sestroupes au champ de Mars. Dans cette re-vue , il ne se contenta pas de réprimanderce soldat, sous prétexte que ses armesétoient mal en ordre, il lui arracha fa fran-cisque, la jeta par terre, prit la sienne,& lui en fendit la tête , en lui disant, sou-viens-toi du vase de Soijfons : action bienindigne d’un prince qui, en se faisant chré-tien , auroitdû apprendre à pardonner, ouplutôt à être iuste. {D. J.)
FRANCKENDAL, (Geog.) petite,nouvelle, & ci-devant sorte ville d’Alsace,dans les états de sélecteur Palatin. LesFrançois la prirent en 1688 , & la démoli-rent en 168q ; efle fut rendue clans cet état,par le traité de Westphalie, à sélecteur Pa-latin , qui ne l’a guere rétablie. Elle est