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Tome XV.
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l’air est chargé d’une infinité de petits gla-çons que la simple vue fait appercevoir.fces glaçons piquant la peau comme autantd’aiguilíes, y excitent des ampoules, quid’abord font blanches comme du linge , &qui deviennent ensuite dures comme de lacorne. Chacun se renferme bien vite pardes tems si affreux ; mais quelque précau-tion qu'on prenne, on ne sauroit s’empê-cher de sentir vivement le froid. Dans lesplus petites chambres & les mieux échauf-fées , toutes les liqueurs fe gelent, fans enexcepter l’eau-de-vie ; & ce qui paraîtrapeut-être plus étonnant, c’eílque tout l’in-térieur des chambres & les lits fe couvrentd’une croûte de glace épaisse de plusieurspouces, qu’on est obligé d’enlever tous lesjours. t .

On ne croirait pas > si l’expérience neprouvoit le contraire, qu’un pareil froidpût laiífèr rien subsister de ce qui végété& de ce qui vit. Ce qui est certain, c’estque des froids bien moins considérablesfont souvent nuisibles aux plantes & auxanimaux.

La chaleur du soleil étant le principalagent employé par la nature dans l’ouvragede la végétation , il est clair que, quandcette chaleur diminue, les arbres & lesplantes croissent avec plus de lenteur : ainsi\e froid retarde par lui-méme les progrèsde la végétation. II est vrai que certainesplantes exigent moins de chaleur que d’au-tres ; & de là vient en grande partie la di-versité des plantes selon les lieux & les cli-mats : maisd’un autre côté il n’est pas moinsconstant que le froid pouffé jusqu'à un cer-tain degré est toujours nuisible, & mêmeernicieux à quantité de végétaux. Voye\Végétation , Plante.

Les fortes gelées qui accompagnent lesgrands froids , produisent aussi sur lesarbres & fur les plantes, de funestes effets.Voye\ Gelée & Glace.

Plusieurs auteurs ont parlé des effets dufroid fur les corps des animaux. Ilsnous di-sent qu’un air/r<W resserre, contracte, rac-courcit les fibres animales ; qu’il condenseles fluides, qu’il les coagule & lesgele quel-quefois ; qu’il agit particulièrement fur lepoumon, en le desséchant, en épaississantconsidérablement le sang qui y coule, ùc.

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de là les différentes maladies causées par lefroid, les catarrhes, les inflammations depoitrine , le scorbut, la grangrene, le spha-cele, l’apoplexie, la paralysie, &c. Le froidtue quelquefois subitement les hommes,& plus souvent les autres animaux, qui nepeuvent pas, comme l’homme , se procu-rer des défenses contre les injures de l’air.Tout ceci est parfaitement conforme à l’i-dée qu’on a donnée jufqu’ici de la naturedu froid. Voye\ Boerhaave, Inflit. med.n. 747. Arbuthnot, Essai des effets ded air fur le corps humain , &c.

Une différence essentielle entre les ani-maux vîvans & les corps inanimés, tels queles plantes, les minéraux ; c’est que ceux-ci prennent au bout d*un certain tems latempérature du milieu qui les environne ,en sorte qu’ils participent aux change mensqui arrivent dans le degré de chaleur ou defroid de ce même milieu ; au lieu que lesanimaux vivans conservent dans les sai-sons les plus extrêmes, un degré de cha-leur constant & indépendant en quelqueforte de l’air dans lequel ils vivent. Cettechaleur animale répond dans Phomme autrente-deuxieme degré au-deffus de la con-gélation du thermomètre de M. de Réau-mur. Au reste, nous parlons ici de la cha-leur intérieure du corps humain , ou de lachaleur des parties qu’on a suffisammentmunies contre le froid; car il est certainque la peau du visage, des mains, & engénéral la surface du corps humain , quandon néglige de prendre les précautions né-cessaires , fe refroidit plus ou moins, selonque l’air qui agit fur elle est plus ou moinsfroid. Voyez Chaleur animale.

Nous ne parlerons point de quelques au-tres effets du froid , qui ont trouvé ou quitrouveront leur place ailleurs. Voye\, parexemple, fur l’évaporation des liquidespendant le grand froid, les articles Eva-poration & Glace.

Du froid artificiel. On donne le nonlde froid artificiel , à celui que les hommesproduisent en quelque sorte par différonsmoyens, dont plusieurs font très-connus.Le plus simple de tous ces moyens est P ap-plication d'un corps plus froid ou moinschaud que celui qu on veut refroidir ; car}1 fuit de la loi générale de la propagation