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Tome XV.
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corps humain, étant tous contigus, nepeuvent osciller, se dilater, augmenterde diamètre, se resserrer , s’alonger, &se raccourcir ; éprouver alternativementces différens changemens fans disconti-nuité , pendant toute la vie , sans se frotterentr’eux, fans se toucher pendant leur dila-tation, par un plus grand nombre de pointsqu’ils ne faisoientpendantleur contraction :ce qui est fur-tout bien sensible àl’égardde l’espece de vaisteaux qu’on sait être sus-ceptibles d’u ne pulsation marquée, conti-nuellement renouvellée, tant que la viedure. Ces changemens de continuité plusou moins étendue, ne peuvent pas se fairesans qu’il se faste austì en même tems uneespece d’attrition entre les parties élémen-taires des fibres qui composent les vais-seaux , & le frottement étant austì répété,austì fort que l’impulsion des humeurs dansleurs vaisteaux, il ne peut que s’ensuivre undéveloppement, une plus grande action desparticules ignées distribuées entre ces fi-bres , entre ces parties élémentaires , d’oùdoit être engendré une véritable chaleurdans le corps qui en est composé, Voye\les Elémens de chymie de Boerhaave,part. II, expér. io , coroll. 5.

II y a donc lieu de penser que le mouve-ment des vaisteaux entre eux, soscillationde leurs fibres, le frottement des musclesles uns contre les autres, lorsqu’ils font misen action dans les exercices & les travauxdu corps, peuvent contribuer à la produc-tion de la chaleur animale; & par consé-quent que ces différentes sortes de mou-vemens fervent par cette raison à combat-tre , à empêcher les effets du froid , à pro-portion qu’ils font plus considérables ; &vice versa.

II n’est point vraisemblable que le mou-vement des fluides , sur-tout le choc desglobules sanguins entre eux, leur broie-ment en tout sens par la contraction desvaisteaux, par la force impulsive, par lapression contre les extrémités résistantes,ont austì part à ce phénomène. Cela se con-firme par ce que rapporte le doct. Martine,dans son Traitéde la chai. anim. au sujetde seau même, qu’il assure avoir échaufféepar le seul mouvement, par la seule agita-tion. Cela paroît aussi par ce qu’a ob-

servé Aîbinus à l’égard du lait, qui acquiertune chaleur sensible par la feule attritionnécessaire pour le convertir en beurre ; cequi n’est pas ignoré des gens même qui lefont : observation fort relative à ce dont ils'agit, à cause de l’analogie que l’on saitêtre entre le lait & le sang , qui sont com-posés l’un & l’autre d’un grand nombre deglobules huileux flottans dans un véhiculeaqueux ; & entre la maniéré dont font pré-parés , battus, l’un & l’autre de ces flui-des , pour que le lait soit changé en beurre& le chyle en sang. De ce que le lait estsusceptible d’être échauffé par le seul mou-vement , on peut même en inférer, à l’é-gard du sang , que tout étant égal, l’effetdoit être plus grand, à proportion de ladensité des globules de celui-ci furies glo-bules de celui-là.

Ainsi l’on peut conclure de cette derniereassertion , que la différence du sang dansles différens sujets , contribue beaucoup àla différence que l’on observe dans la cha-leur naturelle, & le plus ou moins de dis-position à recevoir les impressions du chaud& du froid , à l’égard de chaque individu ,respectivement au tempérament dont il estdoué , c’est-à-dire, selon que la mastè deses humeurs abonde plus ou moins en glo-bules rouges, & que ces globules font plusou moins denses, plus ou moins élastiques.C’est fan s doute par cette considération,que fauteur du livre fur le cœur , que l’ontrouve parmi les œuvres d’Hipocrate , dit,en comparant le sang aux autres humeurs,qu’il n’eff pas chaud de fa nature , maissusceptible de s’échauffer, apparemment àcause de sa consistance : ce qui paroît eneffet devoir réellement concourir, avec ladisposition des solides, pour la productionplus ou moins facile , plus ou moins cons-tante, de la chaleur animale, qui augmente& diminue avec l’augmentation & la dimi-nution d’action dans les vaisteaux, & d’agi-tation dans les humeurs. Cela rend rai-son de l’intempérie froide qui domine dansles personnes d’un tempérament pituiteux ,dans les hydropiques, dans les chloroti-ques, en un mot dans tous ceux dont lesang est mal travaillé , manque de conden-sation , ou dont les globules rouges bienconditionnés ne font pas en suffisante quan-