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Tome XV.
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libre ; si l’athmosphere qu’il forme autourdu corps est continuellement renouvellepar le vent : enforte que l’air ambiant nerestant point astèz appliqué au corps ani-mal , pour le faire participer à la chaleurqu’il en tire, ne fait que lui en enlever fanscestè , & ne lui communique que son froidactuel, qui pénétré dans fa substance, opéréune véritable construction dans ses solides,dispose à la coagulation ses fluides. D’oùs’ensuit qu’il diminue de volume en toutsens, & que bien des gens ont observé queles habits qui ne les entouraient, ne lesenveloppoient qu’avec peine en été, pen-dant la raréfaction de tous les corps parPeffet de la chaleur, se trouvent alors tropamples ; tant la condensation de toutes lesparties se rend sensible.

Ainsi, les effets du froid de l’air fur lecorps humain, peuvent être si considérablesqu’il y a des exemples d’hommes qui fontmorts subitement par le seul effet du grandfroid , sans aucune autre mauvaise dispo-sition que celle qu’il avoit produite: ce quiarrive assez communément dans .les paysseptentrionaux , non - seulement à f égarddes hommes,mais encore à l’égard des bêtes.

On ne saurait douter que ce qui donnelieu à des accidens de cette nature, ne soitle resserrement des vaisseaux, qui,lorsqu’ilest porté à un degré considérable , inter-cepte le cours des humeurs ; à quoi se jointla coagulation de celles-ci: effets qui ontlieu principalement dans les poumons, oùles vaisseaux très-minces, tròs-exposés ,très-faciles à se laisser pénétrer par le froid ,& le sang très - exposé aux influences del’air , étant presque à découvert dans ceviscère, sont, par ces différentes raisons ,très-susceptibles d’engorgemens inflamma-toires & autres, si prompts même & siétendus , lorsqú’ils font produits par unfroid extrême, qu’ils peuvent procurer unesuffocation subite ; comme dans les cas quiviennent d’étre mentionnés.

Personne n’ignore que le sang sorti d’uneveine & reçu dans un vase sous formefluide , se fige dans l'espace de trois ouquatre minutes dans un air tempéré, &qu’il se change ainsi en une masse solide,qui s’attache ordinairement aux parois durécipient. Ce fluide animal se coagule en- J

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core plus promptement, si Pair auquel ilest exposé est bien froid , comme dans unsems de gelée ; il n’est cependant pas aiséde déterminer précisément á quel degré dela diminution de la chaleur dans Pair, lesang perd ainsi sa fluidité, puisque celaarrive également dans Pété, & qu’il n’y ade différence, en comparaison avec ce qui sepasse à cet égard en hiver , qu’en ce que lacoagulation est moins prompte dans la pre-mière que dans la seconde de ces circons-tances. On fait seulement que la sérosité dusang ne se congele qu’au vingt-huitiemedegré du thermomètre de Fahrenheit, &que par conséquent il faut un plus grandfroid pour la convertir en glace. A l’é-gard de Peau qui commence à se geler dèsle trente-deuxieme , c’est peut-être parceque la sérosité est un peu salée, qu’elle ré-siste davantage à perdre sa fluidité : mais ilsuffit, pour le sujet dont il s’agit ici, quel’on soit assuré que le froid hâte la ten-dance naturelle du sang à la coagulation ;c’est pourquoi s’il arrive à ceux qui tom-bent en syncope de rester a/sez dans cetétat pour que par la grande diminution dumouvement des humeurs elles aient eu letems de se refroidir , il se forme alors, parune fuite du défaut d’agitation vitale & dufroid qui s’ensuit, des concrétions poly-p eu ses autour du cœur dans les gros vais-seaux ; concrétions qui font le plus souventde nature à ne pouvoir être résoutes.

La constriction des vaisseaux & la coa-gulation du sang, font donc des effets dufroid de l’air fur les corps des animaux ;d’où peuvent s’ensuivre de grands désor-dres dans leur économie, à proportion del’intenfíté de la cause qui a produit ceseffets. Cette cause est même de nature àpouvoir les opérer après la mort, puisquedans cet état il ne reste plus dans le corpsanimal d’autre principe de chaleur, que decelle qui lui est commune avec tous les corpsinanimés • chaleur qui, à quelque degréqu’elle soit dans Fafhmo r phere, n’est ja-mais , comme il a été dit plusieurs fois ,qu’un froid respectif. Ainsi ce froid cau-sant une constriction générale dans tous lessolides, elle est pi us forte dans chaque partieà proportion de fa densité ; par conséquentles artères dont les tuniques font plus com-pacte*