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Tome XV.
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Lc on les passe trois fois pour mélanger :alors la composition est faite & prête à êtreemployée.

Une composition trop vive fait creverles fusées , comme nn mafíìftrop minceou mal recouvert par le carton que l’onrendouble destus, les fait déíoncer. C’estle terme dont les artificiers fe fervent pourexprimer qu’il n’a pu résister à l’eífort dufeu , faute d’être assez épais, ou parcequele carton rendoublé ne présentoir pas unpoint d’appui assez solide.

La composition des fusées volantes nepeut être employée trop seche , pourleur plus bel esset & pour les conserverbonnes : si on Phumectoit, l’humidité enle dissipant y laistèroit des vuides qui ad-mettroient trop de feu, & feroient cre-ver la fusée. On en excepte le feu chinois,dont il faut un peu mouiller le fable pourque le soufre s’y attache. On renvoie àYarticle des Jets pour la maniéré de pré-parer cette composition.

Art. V. Maniéré de charger les fuséesvolantes. II faut, pour charger les fuséesvolantes :

i°. Une cuiller à charger , que lesartificiers nomment cornée ; son diamè-tre est celui de l’intérieur du cartouche ;elle doit contenir autant de compositionqu’il en faut pour remplir la hauteur d’undemi-diametre extérieur de Infusée étantrefoulée.

2°. Trois baguettes creuses pour lesmoyennes fusées , & quatre pour îes gros-ses. Leur cavité doit être telle que labroche puisse lê loger en entier dans lapremiere , dans la seconde jufqu’aux deuxtiers , & dans la troisième jufqu’au tiers;& pour la facilité de les entrer & sor-tir librement du cartouche , lorsqu’on lescharge on les fait tant - soit - peu moinsgrostès que la baguette à rouler.

3 q . Une baguette fort courte & demême diamètre que celles à charger : onla nomme le majjìf ; elle sert à charger lacomposition qui excede la broche.

4°. Une baguette qui sert à rendoublerle carton fur le massif : comme elle doitprendre & refouler la partie rendoubléedu cartouche qui fait environ la moitié deson épaisseur , on lui donne de diamètre

FUS

deux tiers & un sixième de celui du moule.

5°. Un maillet de bois dur, en le sup-posant de buis , le diamètre de son cylin-dre doit être de deux diamètres troisquarts de celui du moule, fa longueur détrois diamètres un tiers, & son manchede cinq diamètres, non compris la partiequi entre dans le cylindre.

Les cartouches étant rognés & réduits âla longueur du moule , on frotte la brochede savon , pour qu’elle puisse entrer plusfacilement dans le trou de l’étranglement,qui doit être plus petit que la partie la plusgrosse de la broche , afin qu’en y entrantà force, elle le forme bien rond.

On remplit le vuide extérieur de l’é-tranglement avec de la corde pour soute-nir le cartouche, que les coups de mailletastàisseroient & feroient crever dans cettepartie ; & malgré cette précaution , lamême chose arriveroit si l’on refoulcitlacomposition plus fort qu’il ne convient.

Le cartouche étant fur la broche, &recouvert si l’on veut du moule , car onpeut très-bien s’en passer lorsque le car-touche a l’épaisseur donnée , on place leculot sur un billot bien uni & solide, onenfonce la premiere baguette à chargerdans le cartouche vuide , & l’on frappedessus dix ou douze coups pour en unir lefond & applanir les plis de l’étranglement,qui, s’ils restoient, pourroient occasionnerquelque vuide, où l’air venant à se dilaterferoit crever le cartouche.

On verse ensuite une cornée de compo-sition , on introduit doucement la baguettedans le cartouche , on l’appuie ferme furla composition , & l’on frappe quelquespetits coups pour l’asseoir ; après quoi,pour les fusées de 18 lignes, on frappequarante coups égaux.

La baguette étant retirée du cartouche ,on fait sortir la composition qui est entréedans fa cavité, en frappant contre avecune autre baguette ; fans quoi, restant en-gorgée, elle se sendroit à la seconde charge.On juge qu’elle est vuide, par la différencedu son qu’elle rend.

L’opération de la seconde & de la troi-sième baguette se fait de même , exceptéqu’à chaque changement de baguette ondiminue de cinq le nombre des coups ; &Cccc ij