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là ; maïs en attendant nous aurons eu dessuccès. Lorsque nos ennemis auront prisles mêmes armes, nous nous retrouve-rons au pair, & notre avantage cestèra.Rien , si l’on veut, n’esl plus positif ; maisalors nous aurons fait le pas le plus difficile :accoutumés à joindre l’ennemi, à mépri-ser son feu & à le combattre avec toutessortes d’armes , nous nous trouverons en-fin dans cet état de force qui de tout temsa été bien plus commun à notre nationqu’à toute autre de celles auxquelles ellea ordinairement affaire, qui est singuliè-rement l’efFet de cette heureuse vivacitéqui la caractérise, & le seul propre à luidonner toujours sûrement & promptementraison de ses ennemis. En un mot, si lefifil-pique peut quelque jour avoir donnélieu à ce changement si fort à desirer dansnotre infanterie, il aura été , nous l’ofonsdire, d’une utilitéinappréciable à la France.(M.D. L. R.)
Fusil de MUNITION. (Fabrìquedesarmes. ) Le fufil est l’arme de l’infanterie& des dragons qui fervent à pied : le fu-sil armé de fa baïonnette, réunit le doubleavantage d’être en méme tems arme à feu& arme blanche ; il a méme beaucoup plusde puissance qu’aucune autre arme blan-che actuellement en usage, soit par íà massequi est plus grande, soit parce qu’on em-ploie la force des deux bras à la fois, pours’en servir. Ce double avantage me paroîtdécider, en faveur de n os fufils , la ques-tion si souvent agitée fur le mérite des ar-mes anciennes & nouvelles. Je doute «bail-leurs que l’arc, l’arbalete & la frondeportaslènt aussi loin & aussi juste que nosfufils , quoi qu’en aient dit le chevalier deFolard & le P. Daniel, partisans, quelque-fois outrés , des anciennes armes. Sans en-trer ici dans cette discussion, j’établiraicomme une chose avérée , que la portéedu fusil de munition , tiré à peu près ho-riíontalement, est d’environ deux centstoises, & de !ept à huit cents fous un an-gle bien au-dessous de 45 degrés : distanceprodigieuse, après laquelle la balle peutfaire encore un très-grand mal. Ces faitsfont fondés fur l'expérience & fur desexem-plesdont nous avens été témoins « 3 c qu’au-cun militaire qui a vu des iìeges &c des
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batailles ne pourra révoquer en doute. 11 ré-sulte encore de laformedenos /q/zéc, qu’ilsfont bien plus aisés à porter, à manier &à exécuter, que ne l’étoient les petites ar-mes de jet des anciens : tout Fart consisteà les bien charger, à appuyer la crosse àFépaule, & à diriger le rayon visuel le longdu tonnerre, vers Fobjet que l’on vise ; ilne faut point d’effort pour tendre le res-sort , il se détend sans secousse , & la balle adéjà frappé le but.
Le fufil de munition, armé de sa baïon-nette, pese environ neuf livres & demie.Toutes les pieces dont il est composé con-sistent en un canon, une baguette, uneplaque de couche , une détente , une piecede détente, une sous-garde, deux grena-diers , un embouchoir, une capucine , unecontre-platine ou porte-vis, & une pla-tine. Toutes ces pieces, excepté le canon,la platine & la baguette, s'appellent lagar-niture du fufil : elles doivent être bienjointes en bois, fabriquées avec de bon fer,bien polies & fans criques. L’embouchoir,la grenadiere du milieu & la capucine,suppléent les porte-baguettes, qu’on a aban-donnés avec raison , & qui leur sont bienpréférables par la facilité qu’elles procu-rent de démonter aisément le canon de des-sus le bois, toutes les fois qu’on veut lenettoyer & le laver. Un autre avantage quin’est pas moins précieux , c’est que, par lemoyen des garnitures, il n’y a plus de gou-pilles au-devant du bois qui étoit exposé ise fendre lorsque le soldat démontoit sonarme ; tout ce qui se trouvoit sous fa mainlui servant, en ce cas, de pousse-goupille.
Les bois des fufils de munition sont denoyer ; on observe de ne les employerqu’aprês trois ans de coupe. Le bois s’ap-1 pelle aussi le fufil ou la monture du fufil .
' II faut qu’il soit de 61 , sain , sans ncruds nigerfures ; car on n’y souffre ni colle nipiece. Les plus beaux bois sont bruns &veinés , ce qui dépend de leur âge & de lanature du terrein où ils ont crû : les boisblancs de htm , & non de branches, lois-qu’ils sont de n! & fans noeuds, font aussid’un excellent service ; la meilleure ma-niera de les conserver est de les frotter detems en tems avec un morceau de sergeou de drap trempé dar.s l’huiîe. Les «au-