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Tome XV.
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dant, fi ces inflammations arrivent dansdes corps pléthoriques, fi elles ne dégé-nèrent pas d’abord en gangrené, ou fielles font fort ardentes, comme le fontsouvent les érésipeles malignes, quelquessaignées paroissent alors bien indiquéespour faciliter le jeu des vaisseaux, & tem-pérer un peu, s’il est possible , f inflam-mation & la fievre ; mais lorsque la gan-grené est décidée par f œdématie pâteuse,accompagnée de phlyctaines & de tacheslivides, la saignée est inutile.

II faut considérer ces inflammationsfous deux états différens ; savoir, lors-qu’elles font encore du progrès, & lors-qu’elles font entièrement dégénérées engangrené. Dans le premier état, loin des’oppofer au progrès de cette inflamma-tion , il faut la ranimer • elle dépend d’unecause maligne qu’on aoit laistèr déposerentièrement. On se sert avec succès destopiques résolutifs fort actifs, & quelque-fois même des sinapismes les plus animés.Lorsque la mortification s’est emparée dela partie qui a été frappée d’inflammationmaligne, il faut soutenir les forces dumalade par des cordiaux ; & s’il reste del’espérance pour la vie , on pense à pro-curer la séparation des chairs mortes d’a-vec les chairs vives. Cette séparation dé-pend plus de la nature que de l’art; onfavorise faction vitale en emportant unepartie des escarres gangreneuses, fans in-téresser les chairs vives, en touchant lacirconférence des chairs mortes avec unedissolution de mercure dans l’efprit denitre; c’est un remede que Beîloste van-toit beaucoup. Son efficacité vient de cequ’il raffermit l’escarre, & qu’il suscite aubord des chairs vives voisines une petiteinflammation , d’où résulte une suppura-tion purulente bien conditionnée , par la-quelle fe doit faire la séparation du mortd avec le vif. Ce procédé, ou tout autreéquivalent, a lieu dans toutes lesgangre-nés de causes humorales bornées, pourappeller la suppuration lorsqu’elle ne sedéclare point, ou qu’elle est languissante.

L’étranglement est une des principales«anses de la gangrené , & c’est celle qui aété le plus ignorée. M. Quesnay en a parlésavamment dans son 2 mité de la gan-

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grene. On range fous le genre d’étrangle-ment toutes les causes capables de com-primer ou de serrer aster les vaisseauxpour y arrêter le cours des liquides. Lesanciens ne rapportoient à ce genre decause que les compressions sensibles, quiempéchoient la distribution du sang oudes esprits dans une partie, comme uneforte ligature, une tumeur, un os deplaie, ou une autre cause sensible quicomprimoit les nerfs ou les artères d’unepartie.

Les étranglemens qui arrêtent le sangdans les veines, peuvent être suivis d’en-gorgemens prodigieux, fans inflammationconsidérable. M. van Swieten rapported’après Boerhaave, le cas d’un jeune hom-me qui s’endormit les coudes appuyésfur la fenêtre étant ivre. Ses jarretièresétoient si étroitement serrées, que le sangretenu avoir enflé les jambes ; le mouve-ment vital des humeurs ayant entière-ment été suffoqué, la gangrené survint ;elle gagna promptement les deux cuisses,& causa la mort.

Les étranglemens capables de causer lagangrené , ne sont pas même toujours ac-compagnés d’engorgemens bien sensibles ;l’inflammation qui fe fait fur les partiesaponévrotiques ne produit pas une tumé-faction apparente : mais les artères étran-glées ne portent bientôt plus les sucs nour-riciers à la partie ; elle devient oedéma-teuse , parce que les sucs graislèux fontarrêtés par l’extinéîion de la vie ou defaction organique. Ces sucs croupissant fedépravent, & détruisent promptement lefoible tistu qui les contient. L’espece degangrené cachée dont nous parlons , estfort redoutable , parce qu’elle s’étend ,fans presque qu’on s’en apperçoive , fortau loin dans les tissus graisseux.

C’est f étranglement qui rend les plaiesdes parties nerveuses & aponévrotiques fidangereuses. On a commis des fautes con-sidérables dans la pratique , parce qu’onn’a pas connu la véritable cause de ces dé-sordres , & qu’on a ignoré qu’ils sussentf effet d’un étranglement causé par la cons-truction des parties blessées. On s’étoit bienapperçu qu’en débridant par des incisionsallez étendues une aponévrose bkslée ,