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rance , on peut en tirer quantité de plants,fans diminuer la vente ; pui'qu’il est d 1 ex-périence que tout tronçon de racine, garnid’un ou deux boutons, & de quelques che-veux , produit un nouveau pied, quand onI’enterre à une petite profondeur.
Il y a un autre moyen de multiplier lagarance , fans fe priver du produit des ra-cines , lorfqu’on a de grands champs de ga-rance : je veux dire que la seconde année,dan s le cours des moisd’avril, mai ou juin,suivant que la saison est favorable, les tigesayant huit â dix pouces de long, des fem-mes saisissent la fane près de terre, & l’ar-rachent comme si c’étoit de l’herbe pourle bétail : une partie des brins vient avecde petites racines au bas : d’autres n’ontqu’un peu de rouge, d’autres enfin, seule-ment du verd & du jaune. Les premiersreprennent facilement, fur-tout s’il pleutun peu quand ils font en terre. La repriseest douteuse dans les provins qui n’ont quedu rouge en-bas. Pour ce qui est dé ceuxqui sont entièrement verds & jaunes , ondoit les rebuter ; ils périront presque tous.Les provins, dont le bas est brun & li-gneux , réussissent. Au reste, on doit avoirl’attention de ne pas arracher trop de plant,& de laisser aux vieux pieds au moins unquart de leurs tiges, fans quoi les racinespériroient. Si la terre est trop dure, &qu’en conséquence il vienne trop de brinssans racines, il est à propos de se servir d’unplantoir plat, large de douze à quinze li-gnes , qu’on enfonce en terre pour romprela traînasse , & qu’on incline ensuite poursoulever la racine , & empêcher les tigesde se rompre au ras de terre pendant qu’onles tire doucement.
La plupart de ces levées de plant doi-vent être faites au printems. Celle qui estattachée à la saison de l’arrachis pour ven-dre , n’est praticable qu’en automne dansLissage ordinaire.
A mesure que les ouvriers levent leplant, il faut se hâter de le mettre en terre.
En plantant la garance que l’on veutcultiver en planches, onfe sert de la houepour former des sillons tirés au cordeau,de trois à quatre pouces de profondeur,ou même davantage,si le plant est gros.Des femmes ou des enfans y couchent les
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provins ou les pieds fraîchement levés,à dix , douze ou quinze pouces les uns desautres , étendant les racines à droite & àgauche. Le plant détaché des racines tiréespour la vente, doit être mis assez épaispour que ce qu’il en périt ordinairementne laisse pas trop de vuides.
Ce n’est peut-être qu’une attention utilede tremper tout le plant dans des seauxd’eau avant de le mettre en terre, commeon fait les plants de légumes en grand. Ilest à propos que les traînasses de racinesfe trouvent à un pouce & demi de la super-ficie , pour que les tiges aient plus d’aifanceà percer &c se montrer dehors.
A mesure que la premiere rigole estplantée, des hommes la couvrent de laterre qu’ils tirent pour en former une se-conde où l’on arrange du plant comme dansla premiere. On recouvre celle-ci en for-mant la troisième, qui est ensuite comblésavec la terre de l’endroit où fera la plate-bande.
Chaque planche, large de deux pieds ,ne contient donc que trois rangées degarance , à un pied les unes des autres ;ce qui est préférable à un plus grand nom-bre de rangées. Et après la troisième onlaisse un intervalle de quatre pieds jusiqu’à la premiere de l’autre planche, pourformer une plate-bande vuide , mais qu’onlaboure par la fuite avec la charrue , com-me nous le dirons. Cette distribution d’unarpent de terre emploie environ quaranteou cinquante milliers de provins, ou deplants élevés de semence ; & il est presquetoujours suffisamment garni avec trois mil-liers de plantes soit venues d’elles-mêmes,soit tirées d’un champ que l’on sacrifie.
Pour ce qui est du plant formé d’un mor-ceau déraciné garni de boutons & de che-velu , l’ayant choisi dans les racines qu’onarrache en automne, il faut le mettre enterre fans différer. On peut aussi former lesplanches & plates-bandes comme pour leprovin.
On est maître de planter au printemsou en automne les plants enracinés, pour-vu que l’on fe conforme à ce que nousavons dit qu’il faut observer àl’égarddesprovins. Seulement alors on fait les rigolesplus larges, & proportionnées à la grosseurDdddd ij