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Tome XV.
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a parlé ci-devant, comme 'e lit chance-lier en jouiíloit avant qu’il eûc été dé-chargé des sceaux.

M. de Caumarrin étant mort le 2t jan-vier 1623, le même jour les sceaux furentapportés au toi par le président de Boissy,son fils ainé, accompagné de l’évêqued’Amiens, son second fils, & autres pa-rens, le président de Boissy portant la pa-role. Le roi les fit mettre dans ses coffrespar son premier Valet-de-chambre, & lelendemain il les renvoya par le sieur deLomenie, secretaire d’état, au chancelierde Sillery, fans aucunes nouvelles lettres.

Le 2 janvier 1624, le chancelier de Sil-lery ayant appris que le roi se disposoit àfaire un voyage dans lequel fa santé nelui permettoit pas d’accompagner fa ma-jesté, il demanda d'être déchargé de lagarde des sceaux , & les renvoya au roipar le sieur de Puisieux son fils, secre-taire d’état. Le roi les donna á son pre-mier va!et-de-chambre , pour les mettredans les coffres du roi, dont il avoit lesclefs.

Le 6 du même mois, le roi ordonnaau sieur de la Ville-aux-Clercs, secré-taire de ses commandemens, d’expédierdes provisions de garde des sceaux , lehom en blanc ; & le roi les ayant signées& visées de fa main , les fit remplir de lapersonne d’Etienne d’Aligre, qui avoit étéconseiller au grand-conseil, & étoit pourlors conseiller d’état & finances, lequelprêta serment entre les mains du roi im-médiatement après que ses provisions fu-rent scellées. Ses provisions portoient quec’étoit pour tenir ledit office, aux hon-neurs , droits, &c. dont les gardes dessceaux de France avoient ci-devant joui,ou cjui lui seroient attribués par S. M. &généralement de toutes les fonctions quidépendoient dudit office, avec pareilleautorité & pouvoir que celui dont leschanceliers de France avoient accoutu-mé d’ufer & de jouir; même de présideren toutes les cours de parlement, grand-conseil & autres cours souveraines, pourfur icelles, & toutes autres justices & ju-risdictions du royaume, avoir l’oeil & sur-intendance , comme un chancelier pou-voir & devoit faire, à cause de fondit

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office & dignité : & encore qu’avenantcation dudit office de chancelier, il dé-ni eureroit joint & uni avec ledit état degarde des sceaux , pour en jouir commeles chanceliers de France, fans qu’il eûtbesoin d’autres lettres de provisions ni deconfirmation ; fans diminution toutefoisdes droits, gages, états & pensions d uchancelier de Sillery, que S. M. voulutlui être continués fa vie durant.

Le chancelier de Sillery s’étoit retiréen fa maison de Sillery, suivant Tordrequ’il en avoit reçu du roi le 4 février1624; il y mourut le premier octobre sui-vant. Le roi donna le 3 de nouvelles pro-visions de chancelier à M. d’Aligre, étei-gnant & supprimant l’office de garde dessceaux , dont il étoit pourvu.

Le premier juin 1626, le chancelierd’Aligre rendit les sceaux au roi, qui luiordonna de se retirer dans fa maison duPerche , où il demeura jusqu’à son décès.Les sceaux furent donnés le même jourà Michel de Maríllac, conseiller d’état &surintendant des finances, lequel prêtaserment entre les mains de S. M. Ses pro-visions portoient création & érection eafa faveur , d’un office de garde des sceauxde France , pour Texercer aux mêmeshonneurs & droits que les autres gardesdes sceaux , avec pareille autorité & pou-voir que les chanceliers; même de prési-der dans toutes les cours souveraines,pour fur icelles, & toutes autres juris-dictions, avoir Tceil & surintendance com-me un chancelier; & que vacation ave-nant de Toffice de chancelier, il fût joint& uni avec ledit état de garde des sceaux ,sans qu’il eût besoin d’autres provisions niconfirmation ; fous la réserve néanmoinsdes gages, droits, états & pensions dusieur d’Aligre , fa vie durant.

Toutes les grandes qualités & servicesdu sieur de Maríllac n’empêcherent passes ennemis d’exciter le roi à lui ôter lessceaux , qu’il avoit lui - même souventvoulu remettre. Le ii novembre 1630,le roi envoya le sieur de la Ville - aux-Clercs , secretaire d’état, retirer les sceauxdes mains du sieur de Maríllac , lequel futconduit à Caen, puis â Lisieux, & enfin áChâteaudun , où il mourut le 7 août 1632.