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ou cinq paires de feuilles plus minces, pluspetites & plus pointues, sur-tout les jeu-nes , soutenues fur des côtes très-minces,vertes, & longues d’environ deux pouces.
Les fleurs font entièrement semblables& égales à celles de la premiere espece ;mais elles font bleues & un peu dentelées.Les fruits font de couleur de cire , qua-drangulaires comme ceux de notre fusain,partagés intérieurement en quatre loges ,dans chacune defquelles est contenue unefeule graine oííèufe , rouge , qui a pres-que la figure d’une olive.
Cette seconde espece de gayac est trés-fréquente dans l’isle de Saint-Domingue,aux environs du port de Paix. Ces arbresfleurissent au mois d’avril, & donnent desfruits mûrs au mois de juin.
On ne réussit qu’avec bien de la peine& du tems à élever cette plante dans nosclimats. II faut d’abord pour le succès,que fa graine semée sur les lieux dansun petit pot de terre alongé , nous par-vienne en été. II faut éviter soigneusementde les trop arroser en route. A leur arrivée,í! faut ôter du petit pot la jeune plante , enconservant un peu de terre autour de sesracines : ensuite on la transportera de cettefaçon dans un nouveau pot rempli de terrepréparée , riche & fraîche ; on plongerace pot dans un lit de tan propre à fairepousser les petites racines, afin qu’ellespuissent subsister & passer l’hiver. Dès lemeis de septembre ou d’octobre, on met-tra la plante dans la ferre , & on la placeraà une chaleur qui soit de vingt degrés au-dessus du tempéré. Les arrofemens serontfréquens, mais très-légers ; on nettoiera lesfeuilles de tems en tems de la saleté qui seloge sur leur surface. Au commencementde Pété, on donnera de Pair à la plante, enouvrant à moitié les fenêtres de la ferre ,&seulement dans le fort de la chaleur ; maison ne sortira point les pots , à moins que cene soit pour peu d’heures ; & on n’y man-quera pas dans le tems des ondées de pluieschaudes, qui la feront prospérer.
Voilà les soins & les précautions aveclesquels Miller est parvenu à élever desarbres de gayac dans le jardin de méde-cine de Chelséa : il en avoit déjà quel-qu es-uns aílez avancés en 172.6. On fait
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que dans le pays natal méme, ils croistènttrès-lentement ; ils ne jettent point derésine dans nos climats.
Personne n’ignore P usage qu’on fait enEurope , du bois, de l’écorce & des larmesrésineuses qui découlent des gayacs d’A-mérique. Lisez à ce sujet les articles sui-vans. (D. J.)
Gay AC. ( Chym . Mat. me d. ) L e gayacou bois saint, lignum sanclum , a été connuen Europe à peu près dans le méme temsque la maladie vénérienne , par le secoursqu’on en tira contre cette maladie , avantque l’on eût trouvé la maniéré de la traiterplus efficacement par le mercure. On assureque dans les pays chauds, dans l’Amé-rique méridionale , par exemple , le gayacest un spécifique aussi éprouvé contre la vé-role , que le mercure l’est dans nos climats.Quoi qu’il en soit, nous ne l’employonsque dans le traitement des maladies vé-nériennes légeres ou particulières à cer-tains organes, dans celles qui font censéesn’avoir point infecté la mastè entiere dtshumeurs, ou du moins n’y avoir répanduqu’une petite quantité de virus qui peutêtre évacué par les couloirs de la peau : c’tstcette excrétion que le gayac détermineparticulièrement. Ce remede est un fudo-rifique très-actif ; il fait la base ou le prin-cipal ingrédient des remedes sudorifiquescomposés, que l’on emploie dans les trai-temens de diverses maladies chroniques,comme dartres , tumeurs froides, œdè-mes , fleurs blanches, rhumatisme, para-lysie, vieux ulcérés humides & fameux.Voye\ ces articles & Varticle MALADIESVÉNÉRIENNES. C’est fous la forme detisanne qu’on la prescrit ordinairementdans ces derniers cas, aussi bien que dansles maladies vénériennes Voy. TlSANNE.On l’ordonne ou seul ou mêle avec d’autressudorifiques, & même avec des purgatifs.Voye\ SUDORIFIQUE & PURGATIF.On le fait entrer dans ces tisonnes com-posées , ou dans la décoction simple depuisdeux gros jufqu’à demi - once par livred’eau ; & le malade convenablement pré-paré , en prend trois, quatre, ou cinqverres par jour.
Le bois de gayac est très - résineux ,& contient une fort petite quantité d’ex-