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Tome XV.
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mislbit encore sous le poids de l’Etna. Cesobservations réunies prouvent indubita-blement qu’on a personnifié des météores& des phénomènes, & qu’il ne faut peut-étre pas plus croire à l’existence des ge'ans ,qu’à croire à l’existence des fées, dontquelques-unes ont également été produitespar des effets naturels, dont la cause a dûrester profondément cachée dans les sié-cles d’ignorance & de barbarie ; & il suf-fira de citer ici la fée Morgane, sur la-quelle le lecteur pourra consulter l’articleoù nous avons développé plus en détaill’origine de cette chimere.

En nous procurant toutes les connois-sances possibles fur le local d’un cantondu Pérou , où les Américains plaçoient lademeure ou la patrie des ge'ans d u nou-veau monde, nous avons vu que les cho-ses y font précisément arrangées commeelles dévoient l’être pour confirmernotre explication.

Vers une pointe qui s’avance en mer ,& qu on a nommée Le cap de Sainte-Hé-lene, on troupe , dit Zarate, quelquesveines d’où fort une efpece de bitumequi ressemble fort à de la poix ou à dugoudron , & qu’on emploie aux mêmesusages : les Indiens qui habitent en ceslieux assurent qu’ il y a eu autrefois ajfe\près de là des ge'ans.

Les physiciens conviennent presque gé-néralement aujourd’hui que l’origine dessubstances bitumineuses est due à des plan-tes & à des arbres entasiés dans les en-trailles de la terre par de grandes révo-lutions; & l’on conçoit que des matièressi combustibles peuvent de tems en temss’enflammer par î’ardeur du soleil, à peuprès au centre de la zone torride ; car ilne paroît point que le cap de Sainte-Hélene doive être reculé au-delà du cin-quième degré dans la latitude méridio-nale. D’ailleurs on y a découvert aussi despierres calcinées, des laves, des tas decendres; & les Espagnols ont nommétout ce district la Tierra Quemada ,• cequi revient, comme l’on voit, mot pourmot, au campus Phlegrceus de la Cam-passe, &au Phlegra de la Macédoine.

Cette conformité si frappante entre desendroits de l’ancien & du nouveau monde,

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où il doit avoir également existé des ge'ans jne sauroit être l’effet du hasard : car lehasard ne peut combiner tant de circons-tances , & les arranger ensuite avec uneprécision austi grande que l’est celle dontnous parlons. Mais les idées des hommespeuvent se rencontrer en personnifiantsous les mêmes formes les mêmes objets;& cela est encore très-vrai par rapportaux constellations : cet amas d’étoiles, quia paru représenter une ourse aux yeux dessauvages de la Grece, a aussi paru représen-ter une ourse aux yeux des sauvages du Ca-nada , qui ne descendent point des Hellé-niens, quoi qu’en puisse dire le P. Lafiteau.

Les Espagnols , en creusant aux envi-rons de Porto Veijo, situé près de cesfontaines de bitume , dont il est questiondans le récit de Zarate, y ont déterré austide grands oííèmens, qui ont appartenu àdes baleines échouées, ou a des quadru-pèdes dont l’efpece s’étoit éteinte en Amé-rique; & alors ils ont été autant persuadésde Inexistence des gvú/ij'duPérou, que lesPéruviens eux-mêmes pouvoient l’être.Telle est vraisemblablement la source detoutes les absurdités que quelques voya-geurs ont insérées dans leurs relations tou-chant la taille monstrueuse des Patagonsqu’on a voulu trouver plus près de la Tierradel Fuego, dont le nom ressemble beau-coup â celui du canton dont nous venonsde parler, c’est-à-dire, de la Tierra Que-mada ou de la terre brûlée. Si les feuxnocturnes font aujourd’hui moins appa-rens ou moins remarquables dans la Tierradel Fuego , qu’on l’assuraen quelques rou-tiers drestes vers Pan 1590, c’est que cetteisle , dont l'intérieur nous est absolumentinconnu, peut contenir des volcans quiont plus travaillé & plus éclaté en un temsqu’en un autre ; car que la simple fuméequi fortoit de la cabane de quelques sau-vages , ait fait imposer à cette isle le nomde la Terre de feu , comme des auteursle prétendent, cela n’est point probable.

Lorsque Paul Lucas, envoyé à grandsfrais par Louis XIV dans l’Asie & l’E-gypte pour en décrire les monumens &les particularités, osa publier à son re-tour , qu’il avoir découvert, dans les en-virons de Tharse, la ville des ge'ans ou la