886 G E A
Ces géans , disent - ils, étoient d’unetaille monstrueuse & d’une force propor-tionnée à cette prodigieuse hauteur; ilsavoient cent mains chacun, & des serpensau lieu de jambes. Résolus de détrônerJupiter, ils entreprirent de Tastiéger jus-que sur son trône, & entassèrent, pour yréussir , le mont Ossa sur lePélion, & l’O-lympe sur le mont Ostà, d’où ils esiaye-rent d’escalader le ciel, jetant sans cessecontre les dieux de grands quartiers depierres, dont les unes qui tomboient dansla mer, devenoient des isles, & cellesqui retomboient fur la terre faisoient desmontagnes. Jupiter effrayé lui-même à lavue de si redoutables ennemis, appella lesdieux à fa défense ; mais il en fut assezmal secondé ; car ils s’enfuirent tous enEgypte , où ía peur les fit cacher fous lafigure de différentes especes d’animaux.
Un ancien oracle avoit prononcé queles geans seroient invincibles, & qu’au-cun des dieux ne pourroit leur ôter lavie, à moins qu’ils n’appellastent quelquemortel à leur secours. Jupiter ayant dé-fendu à PAurore, à la Lune & au Soleild’annoncer ses desseins, devança la Terrequi cherchoit à soutenir ses enfans, & parl’avis de Pallas fit venir Hercule pourcombattre avec lui ; à l’aide de ce héros,il extermina les géans Encélade, Poly-betès , Alcyonée , Porphyrion, les deuxAloïdes, Ephialte, Othus, Eurytus, Cly-tius, Tithyus, Pallas, Hippolitus, Agrius,Thaon, & le redoutable Typhon, quiseul, dit Homere, donna plus de peineaux dieux que tous les autres géans en-semble. Jupiter, après les avoir déíâits, lesprécipita jusqu’au fond du tartare, ou,suivant d’autres poetes, il les enterra vi-vans, soit sous le mont Etna, soit endifïerens pays. Encélade fut enseveli sousla Sicile, Polybetès fous l’isle de Tango,Othus fous l’isle de Candie, & Typhonfous l’isle d’Ischia.
Ces prétendus géans de la fable n’é-toient, suivant plusieurs de nos mytholo-gistes, que des brigands de Thestàlie, quivinrent attaquer Jupiter fur le montOlympe, où ce prince avoit fait bâtir uneforte citadelle. Ce mont Olympe , ajou-tent-ils, a été pris par les plus anciens
GEA
pôëtes, pour le ciel ; & parce que les montsOstà & Pélion, qui font peu éloignés del’Olympe, servoient de retraite à ces ban-dits qui s’y étoient fortifiés, & qui de làtenoient en respect la garnison de l'O-lympe, on imagina de leur faire entastèrmontagnes fur. montagnes, pour attein-dre jufqu’au ciel.
Mais quoique cette explication soit gé-néralement adoptée, je croirois plutôtque toute la fable des géans n’est qu’unetradition défigurée de l’histoire de Ty-phon & d’Osiris. On fait qu’il y avoit enEgypte des monumens plus anciens queles fables des Grecs , des villes fondées &un culte établi en l’honneur des mêmesanimaux dont leurs poètes nous disent queles dieux prirent la figure, en se retirantde frayeur dans ce pays-là. (D. J.)
Géans (ojsemens de), Hist. nur.VoyezOSSEMENS FOSSILES.
GÉANS (pavé des ), Hìjì. nat. Lythol.en anglois Glands caufeway. V. Pavé.
GÉARON, (Ge'og. ) ville de Perse auTarsistan, entre Schiras & Bander-Congo,dans un terrein qui produit les meilleuresdattes de toute la Perle. Long. 72. 31.latic. 28. 25. [D. J.)
GEASTER, f. m. {Hist. nat. bot.)genre de plante ronde, composée de deuxécorces, dont la premiere est découpéejufqu’à la base en forme d’étoile à plu-sieurs rayons; l’autre n’est ouverte qu’ausommet par un orifice étoilé, rayonné,ou frangé: la substance du fruit adhéréà la seconde écorce, & se trouve placéeavec des semences & des filamens , dansplusieurs cellules. Ajoutez au caractère dece genre, que dans le tems de la maturitéla substance du fruit & les semences sor-tent au-dehors , comme dans le lycoper-don, par l’ouverture dont il a été faitmention. Nova pktntar. americ. généra %&c. par M. Miclieli. (/)
GEBEGYS , {Art mllit. Milice desTurcs. ) Les gebégys font des armuriers aunombre de 630, íòus un capitaine appellegebégy~bafcy, qui est présent à leur tra-vail.
Ils sont divisés en 60 odas, & demeu-rent à Constantinople près de Sainte-So-phie. Chaque chambre a son oda-bascy,