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On prévient de la mëme maniéré la perted’un fruit gelé. Voye\ sur ce sujet Varti-cle Glace. La lenteur du dégel est abso-lument nécessaire. Une fonte trop brus-que , qui ne laisseroit pas aux parties d’uncorps gelé le tems de reprendre Tordrequ’elles ont perdu, détruiroit dans ce corpsl’organifation qu’on y veut conserver.
II suit de là que les fruits qui se fontgelés fur les arbres, font perdus fans res-source , s’il survient un dégel trop consi-dérable & trop prompt. Un pareil dégeln’est guere moins nuisible qu’une fortegelée , qui succédé tout - à - coup à unetrês-grande humidité.
Tous les pays ne ressentent point lesfunestes effets de la gelée. On fait qu’ilne gele jamais fous la zone torride, ni auxextrémités des zones tempérées, voisinesdes tropiques; au contraire il gele dansles zones glaciales pendant presque toutel’année. Les zones tempérées ont des vi-cissitudes de gelées & de dégels, qui, pa-roissant au premier coup - d’œil n’avoirrien de réglé, font pourtant moins irré-gulieres qu’on ne pense. Dans la nature,dit à ce sujet M. de Mairan, tout tendà une efpece d’équilibre & d’uniformité,& l’on ne peut douter que l’inconstance’même.n’y ait ses loix.
Dans le milieu des zones tempérées ona des hivers fans glace, mais qui, en com-paraison des hivers où il gele, font en pe-tit nombre. On y voit des printems & desautomnes où la gelée te fait sentir vive-ment ; il y gele très-rarement en été. Lesplus fortes gelées arrivent, comme le plusgrand froid, environ un mois après lesolstice d'hiver.
Quand on distingue les pays où il gele,de ceux où il ne gele point, on a simple-ment égard à ce qui a lieu fur la surfacede notre globe ; car en s’éloignant de cettesuperficie , on rencontre dans tous lespays du monde , & fous l’équateur même,un froid suffisant pour glacer l’eau ; onarrive mëme à une hauteur , au-delà delaquelle, jusqu’à une distance qui nous estinconnue, il ne dégele jamais. II est évi-dent que cette hauteur est moindre dansles pays septentrionaux & plus froids parleur situation. Peut - être est - elle nulle
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fous les pôles, qui dans ce cas seroientcouverts d’une croûte de glace qui ne fefondroit jamais. M. Bouguer, Relationdu Pérou.
Le froid qui devient toujours plus vif,à mesure qu’on s’éleve à une plus grandehauteur dans l’athmosphere, n’augmentepas de même quand on pénétré dans Tin—térieur de la terre, la chaleur étant cons-tamment assez considérable à soixante-dix pieds de profondeur. De là vient quela congélation ne gagne point dans lesterres aussi avant qu’on pourroit fe l’ima-giner. En France, en Allemagne , & dansles pays situés au milieu de l’Europe, laglace ne pénétré guere dans les grandesgelées au-delà de deux pieds de profon-deur ; elle va en Moscovie à six & à dixpieds. M. de Mairan , Dissertation sur laglace ; M. Mustchenbroek, Essais de phy-sique; Leçons de physique de M. l’abbéNollet, tome IV , &c. Cet article efl deM. de Ratte.
Gelée blanche , (Physique.} c'estle nom que l’on donne à une multitudede petits glaçons fort menus qu’on apper-çoit le matin vers la fin de l’automne,en certains jours d’hiver, quelquefois mê-me dans le printems, fur le gazon, fur lestoits des bâtimens, &c. où ils formentune couche, dont la blancheur égale pres-que celle de la neige. La gelée blanche ,lorsqu’elle paroît, tient la place de l'hu-midité , dont la rosée mouille en d’autrestems la plupart des corps terrestres. IIfaut plus de froid pour la production dela gelée blanche , que pour humecter laterre de rosée. A cela près, la dispositionde l’athmosphere est ab r olument la mêmedans l’un & l’autre cas. La gelée blanchen’est donc qu’une rosée congelée. Voye\Rosée.
Toutes les especes de rosée peuvent feréduire à deux, dont l’une tombe de*l’air,& l’autre s’éleve de la terre. Chacune deces deux especes peut être changée engelée blanche.
Les particules d’eau qui composentl’une & l’autre rosée, sont invisibles dansl’athmosphere ; ou, si elles s’y rendentsensibles, c’est seulement sous la formed’un brouillard peu épais: en un mot, elles