512 G £ N
» que nous venons de nommer, est la„ valeur, fans laquelle je fais peu de,, cas des autres, parce qu’elles devien-», nent inutiles : la seconde est l’esprit ;„ il doit être courageux & fertile en ex-„ pe'diens : la troisième est la santé.
« L c général doit avoir le talent des„ promptes & heureuses ressources ; sa-
voir pénétrer les hommes, & leur êtrem impénétrable ; la capacité de se prêter», â tout ; Factivité jointe à l’intelligence;», l’habileté de faire en tout un choix„ convenable; & la justesse du discer-„ nement.
„ 11 doit être doux, & n’avoir aucune„ espece d’humeur ; ne savoir ce que„ c’est que la haine ; punir sans miséri-„ corde , & sur-tout ceux qui lui sont» les plus chers, mais jamais ne se fâcher», être toujours affligé de fe voir dans la» nécessité de suivre à la rigueur les re-„ gles de la discipline militaire , & avoir», toujours devant les yeux l’exemplede», Manlius ; s’óter de l’idée que c’est lui», qui punit, & fe persuader à soi-méme», & aux autres, qu’il ne fait qu’adtni-», nistrer les loix militaires. Avec ces qua-», lités, il se fera aimer , craindre , & fans», doute obéir.
», Les parties d’un général font infi-„ nies : sart de savoir faire subsister une», armée, de la ménager ; celui de se pla-» cer de façon qu’il ne puisse être obligé», de combattre que lorsqu’il le veut ; de», choisir ses postes, de ranger ses trou-», pes en une infinité de maniérés, & sa-», voir profiter du moment favorable qui», se trouve dans les batailles, & qui dé-», cide de leur succès. Toutes ces choses», font immenses & aussi variées que les», lieux & les hasards qui les produisent.
», II faut, pour les voir , qu’un général»> ne soit occupé que de l’ennemi un jour*, d’astàire : l’examen des lieux & celui de», son arrangement pour ses troupes, doit», être prompt comme le vol d’un aigle ;», fa disposition doit être courte & sim-», pie. II s’agit de dire , par exemple, la», premiere signe attaquera, la seconde», soutiendra ; ou tel corps attaquera, &», tel soutien ira.
», 11 fàudroit que les généraux qui font
G E N
» fous lui,fussent bien bornés, pour ne», pas savoir exécuter cet ordre, & fairew faire la manœuvre qui convient cha-,» cun à sa division : ainsi le général ne! », doit pas s’en occuper ni s’en embar-»» raíser ; car s’il veut faire le sergent de,» bataille & être par-tout, il sera pré-», cisément comme la mouche de la fable,», qui croyoit faire marcher un coche.
! », II faut donc qu’un jour d’affaire un
», général ne fasse rien ; il en verra mieux ;», il se conservera le jugement plus libre,», & il sera plus en état de profiter des», situations où se trouve I'ennemi pen-», dant la durée du combat ; & quand il», verra fa belle, il devra fiaisser la main», pour se porter à toutes jambes dans», l’endroit défectueux ; prendre les pre-», mieres troupes qu’il trouve à portée,», les faire avancer rapidement, & payer», de fa personne : c’est ce qui gagne les», batailles & les décide. Je ne dis point», où ni comment cela fe doit faire, par-», ce que la variété des lieux & celle des», dispositions que le combat produit,», doivent le démontrer ; le tout est de», le voir & d’en savoir profiter.
», Bien des généraux en chef ne sont», occupés un jour d’assaire , que de faire», marcher les troupes bien droites ; de», voir si elles conservent bien leurs dif-» tances, de répondre aux questions que»», les aides de camp leur viennent faire ;», d’en envoyer par - tout, & de courir», eux-mêmes fans cesse ; enfin ils veulent», tout faire , moyennant quoi ils ne font», rien. Je les regarde comme des gens», à qui la tête tourne, & qui ne voient», plus rien ; qui ne savent faire que ce», qu’ils ont sait toute leur vie, je veux», dire , mener des troupes méthodique-», ment. D’où vient cela? C’est que très-», peu de gens s’occupent des grandes», parties de la guerre; que les officiers», passent leur vie à faire exercer des», troupes, & croient que fart militaire», consiste seulement dans cette partie :», lorsqu’ils parviennent au commande-», ment des armées, ils y font tout neufs ;», & faute de savoir faire ce qu’il faut,», ils font ce qu’ils savent.
„ L’une de ces parties est métho-dique ,