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Tome XV.
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942 . G E N.

parfaitement à son pere íì c’est un mâle, i& à sa mere si c’est une femelle ; maisqui, à l’égard des autres parties du corps, ipourra ressembler à l’un ou à l’autre, ou >a tous les deux, par le mélange plus ou <moins dominant des molécules organiques <qui proviennent de l’un ou de l’autre in-dividu.

I! fuit de tout ce qui vient d’étre dit,que les mémes molécules qui font desti-nées à la nutrition & au développementdu corps animal, fervent aussi à la re-production ; que l’une & l’autre s’opèrentpar la même matière & par les mêmesloix : fe nourrir, fe développer, & fe re-produire , font donc les effets d’une feule& même cause. Le corps organisé fe nour-rit par les parties organiques des alimensqui lui font analogues ; il fe développepar la fufception intime des moléculesorganiques qui lui conviennent ; ôc il fereproduit parce qu’il contient un super-flu de ces mémes parties organiques quilui reííemblent, en reííèmblant à cellesqui forment les organes dont il est com-posé.

Tel est le précis du système de M. deBuffon, qui présente autant de difficultésdans toutes ses parties, qu’il fournit depreuves du génie & de la sagacité deson auteur. En effet, peut-on bien con-cevoir & conçoit-il bien lui-même ceque sont les molécules organiques fans or-ganisations ; des parties vivantes, fans lacondition essentielle qui peut feule ren-dre la matière susceptible des effets aux-quels on a attaché l’idée de la vie ? Peut-on aisément fe rendre raison pourquoi lesmolécules organiques superflues par rap-port à la nutrition & au développement,

& destinées à la reproduction, après avoirnéanmoins pénétré comme les autres dans \le moule intérieur, par la force attrac-tive , n’y font pas retenues par cette mê-me force, à l’égard de laquelle on ne voitrien qui doive en suspendre l’effet ? pour-quoi & comment elles acquièrent la li-berté d’étre portées dans les réservoirs ?Si tous les matériaux qui doivent servir ala construction d’un nouvel animal, fetrouvent réunis clans les réservoirs de cha-cun des individus mâle & femelle j pour-

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quoi la formation d’un fœtus ne fe fait-elle pas dans le corps du mâle & danscelui de la femelle, indépendamment l’unde l’autre , comme cette formation fe faitdans les animaux qui ont les deux sexesdans chaque individu, tels que les lima-çons ? ce qui exclut le point d’appui four-ni par les molécules organiques prove-nues des parties sexuelles. Peut - on fecontenter de la solution que donne fau-teur à cette difficulté , après avoir exa-miné bien des réponses qu’il ne trouvepas satisfaisantes? Suffit-il de dire aveclui, que c’est uniquement faute d'orga-nes , de local propre à la formation, ál’accroiílèment du fœtus , que le mâle neproduit rien par fa propre vertu? Maiss’il s’est formé des fœtus dans les petitesbulles des testicules des femelles que l’ona prises pour des œufs, pourquoi ne s’enpourroit-il pas former dans les vésiculesséminales des mâles, qui ont bien plus decapacité que ces bulles ? D’ailleurs, pourfaire sentir en un mot I'insuffisance decette solution, pourquoi les femelles quiont tous les organes nécessaires pour ser-vir de local à l'œuvre de la reproduction,ne fe fuffisent-elles pas à elles-mémes, aumoins pour former d’autres individus demême sexe , fans le concours de la liqueurséminale des mâles? M. de Buffon paroîtporté à croire que chaque liqueur sémi-nale, soit du mâle, soit de la femelle, peutseule produire quelque chose d’organisé:pourquoi ne peut - elle pas produire unanimal parfait ? Mais en admettant mêmeque les molécules organiques dissembla-bles , fournies par les parties sexuelles,puissent former un centre de réunionpour les parties semblables ; pourquoi lemélange des liqueurs séminales des deuxI sexes ne produit-il pas toujours la for-mation d’un mâle & d’une femelle enmême tems ; puisqu’il fe trouve toujoursdans ce mélange, des matériaux fuffifansau moins pour la reproduction d’un indi-vidu de chacun des sexes?

Mais si la formation du fœtus se faitpar la réunion des molécules organiques,dans le même ordre que celui des partiesd’où elles ont été renvoyées, quelles fe-ront les parties organiques destinées a