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gradation descendante. L’idée de Méiorrenferme nécessairement plus d’attributsque î’idée spécifique de chien; parce quetons les attributs de l’espece conviennentà l’individu, qui a de plus son suppôtparticulier , ses qualités exclusivementpropres & incommunicables à tout au-tre. Par une raison semblable & que l’onpeut appliquer â chaque degré de cetteprogression, l’idée de chien renferme plusd’attributs que l’idée générique d’ animal,parce que tous les attributs du genre con-viennent â l’efpece, & que l’espece a deplus ses propriétés différentielles & carac-téristiques, incommunicables aux autresespeces comprises fous le même genre.
La gradation ascendante de l’individuà l’efpece, de l’espece au genre prochain ,de celui-ci au genre plus éloigné, & suc-cessivement jusqu’au genre suprême, estdonc une véritable décomposition d’idéesque l’on simplifie par le secours de I’abs-traction, pour les mettre en quelque sorteplus à la portée de l’esprit; c’est la mé-thode d’ana'iyfe.
La gradation descendante du genre su-prême á l’efpece prochaine, de celle-ci àl’espece plus éloignée, & successivementjusqu’aux individus, est au contraire unevéritable composition d’idées que l’on réu-nit par la réflexion , pour les rapprocherdavantage de la vérité & de la nature ;c’est la méthode de synthèse.
Ces deux méthodes opposées peuventêtre d’une grande utilité dans des mainshabiles, pour donner aux jeunes gensl’esprit d’ordre , de précision, & d’obser-vation.
Montrez - leur plusieurs individus ; &en leur faisant remarquer ce que chacund’eux a de propre, ce qui Pindividua-lise, pour ainsi dire , faites-leur observeren même tems ce qu’il a de communavec les autres, ce qui le fixe dans lamême efpece ; & nommez - I'eur cetteefpece, en les avertistànt que quand ondésigne les êtres par cette forte de nom,l’esprit ne porte son attention que surles attributs communs à toute l’espece,& qu’il tire en quelque forte hors del’idée totale de l’individu , les idées sin-gulières qui lui font propres, pour ne
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considérer que celles qui lui font com-munes avec les autres. Amenez-les en-suite à la comparaison de plusieurs espe-ces , & des propriétés qui les distinguent:les unes des autres, qui les spécifient ;mais n’oubliez pas les propriétés qui leurfont communes, qui les réunifient fousun point de vue unique, qui les consti-tuent dans un même genre ; & nommez-leur ce genre, en y appliquant les mê-mes observations que vous aurez faitesfur l’espece ; savoir, que l’idée de genreest encore plus simplifiée, qu’on en a sé-paré les idées différentielles de chaqueefpece, pour ne plus envisager que lesidées communes à toutes les eípeces com-prises fous le même genre. Continuez demême aussi loin que vous pourrez, en fai-sant remarquer avec soin toutes les abs-tractions qu’il faut faire successivement’,pour s’élever par degrés aux idées les plusgénérales. N’en demeurez pas là; faitesretourner vos éleves fur leurs pas ; qu’àl’idée du genre suprême ils ajoutent lesidées différentielles constitutives des es-peces qui lui font immédiatement subor-données ; qu’ils recommencent la mêmeopération de degrés en degrés, pour des-cendre insensiblement jusqu’aux indivi-dus , les seuls êtres qui existent réelle-ment dans la nature.
En les exerçant ainsi à ramener, parl’analyse , la pluralité des individus à l’u-nité de l’espece & la pluralité des especesà l’unité du genre, & â«distinguer , parla synthèse, dans l’unité du genre la plu-ralité des especes & dans l’unité de l’es-pece la pluralité des individus ; ces idéesdeviendront insensiblement précises & dis-tinctes , & les élémens des connoifiànces& du langage se trouveront disposés de lamaniéré la plus méthodique. Quel préjugépour la facilité de concevoir & de s’ex-primer, pour la netteté du discernement,la justesse du jugement, &. la solidité duraisonnement !
Seroit - il impossible, pour l’exécutiondes vues que nous proposons ici, de cons-truire un dictionnaire où lesmots feroientrangés par ordre de matières ? Les matiè-res y feroient divisées par genres, & cha-que genre seroit suivi de ses especes : le
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