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le luxe eut établi des recherches sensuel-les, on crut devoir ajouter les parfums& les essences aux fleurs & au vin ; pro-diguer toutes ces choses un jour de nais-sance , c’est, dans le style d’Horace, ap-paiser son génie. " II faut, dit - il, tra-», vailler à Fappaiser de cette maniéré,» parce que ce dieu nous avertissant cha-,, que année que la vie est courte, il>» nous presse d’en profiter, & de l'ho-„ norer par des fêtes & des festins. „« Que le génie vienne donc lui-même„ assister aux honneurs que nous lui ren-„ dons, s’écrie Tibulle; que ses cheveux„ soient ornés de bouquets de fleurs ; que„ le nard le plus pur coule de ses joues;», qu’il íòit rassasié de gâteaux, & qu’on„ lui verse du vin à pleines coupes. >,
Jpsesuos adfit genius vifurus honores ,
Cul décorent fanclas mollia fer ta co-mas ,
Illius puro distillent tempora nardo ,
aitque fatur libo fit madeatque mero.
Le platane étoit spécialement consacréau génie ; on lui faisoit des couronnes deses feuilles & de ses fleurs;on en ornoitlès autels.
Pour ce qui regarde les représenta-tions des génies , on fait que l’antiquitéles représentoit diversement, tantôt sousla figure de vieillards, tantôt en hommesbarbus, souvent en jeunes enfans ailés,& quelquefois fous la forme de ferpens ;fur plusieurs médailles, c’est un hommenu, tenant d’une main une patere qu’ilavance fur un autel, & de l’autre unfouet.
. Le génie du peuple romain étoit unjeune homme à demi vêtu de son man-teau , appuyé d’une main sur une pique,A tenant de l’autre la corne d’abondance.Les génies des villes , des colonies, &des provinces, portoient une tour fur latête. Voye\ Vaillant, Numistn. imper.Spon, Recherches d’antiquit. distèrt. 2 ;& leP.Kircher, en plusieurs endroits deses ouvrages.
On trouve aussi souvent dans les ins-criptions sépulcrales, que les génies ysçmt mis pour lçs manès, parce qu’avec
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le tems on vint à les identifier ; & le pas-íâge suivant d’Apulée le prouve: " Le>» génie , dit-il, est I’ame de l’homme ,„ délivrée & dégagée des liens du corps.,, De ces génies, les uns qui prennent»> foin de ceux qui demeurent après eux», dans la maison, & qui sont doux & pa-» cifiques, s’appellent génies familiers ;», ceux au contraire qui errant de côté &c», d’autre causent sur leur route des te»,, reurs paniques aux gens de bien, &» font véritablement du mal aux mé-„ chans, ces génies - là ont le nom de» dieux manès , & plus ordinairement,» celui de lares. Ainsi l’on voit que le», nom de génie vint à passer aux manès», & aux lares; enfin il devint commun,» aux pénates, aux lémures, & aux dé-», mons : mais dans le principe des cho-», ses, ce fut une plaisante imagination», des philosophes, d’avoir fait de leur», génie un dieu qu’il failoit honorer. »,{D. /.)
Génie. (Philos Litt.) L’étendue del’esprit, la force de l’imagination , & l’ac-tivité de l’ame, voilà le génie. De lamaniéré dont on reçoit ses idées, dépendcelle dont on se les rappelle. L’hommejeté dans l’univers reçoit avec des sensa-tions plus ou moins vives, les idées detous les êtres. La plupart des hommesn’éprouvent de sensations vives que parl’impression des objets qui ont un rapportimmédiat à leurs besoins, à leur goût,&c. Tout ce qui est étranger à leurs pas-sions , tout ce qui est fans analogie à leurmaniéré d’exister, ou n’est point apperçupar eux, ou n’en est vu qu’un instantfans être senti, & pour être à jamaisoublié-
L’homme de génie est celui dont l’ameplus étendue, frappée par les sensationsde tous les êtres, intéreslee à tout ce quiest dans la nature, ne reçoit pas une idéequ’elle n’éveille un sentiment ; tout l’a-nime & tout s’y conserve.
Lorsque l’ame a été affectée par l’objetmême, elle Test encore par le souvenir;mais dans l’homme de génie , l’imagina-tion va plus loin ; il se rappelle des idéesavec un sentiment plus vif qu’il ne les areçues, parce qu’à ces idées mille autres