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Tome XV.
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sont fausses & fort éloignées du vraigénie de la langue latine : en secondlieu, parce que nous regardons la connoif-sance des moyens de suppléer l’ellipse,comme une des principales clefs de cettelangue.

On doit être fuffifammept convaincu,par tout ce qui précede, que le génitiffait l’office de déterminatif à l’égard dunom auquel il est subordonné : mais il fautbien fe garder de conclure que ce soit leseul moyen qu’on puisse employer pourcette détermination. II faut bien qu’il yen ait d'autres dans les langues, dont lesnoms ne reçoivent pas les inflexions ap-pellées cas.

En françois on remplace assez commu-nément la fonction du génitif latin parle service de la préposition de , qui par levague de la signification semble exprimerun rapport quelconque ; ce rapport estspécifié dans îes différentes occurrences,

( qu’on nous permette les termes propres)par la nature de son antécédent & de sonconséquent. Le créateur de L’univers,rapport de la cause à l’effet : les écrits deCicéron , rapport de l’effet à la cause :un vase d 'or, rapport de la forme à lamatière : Vor de ce vase , rapport de lamatière à la forme, &c. En hébreu , onemploie des préfixes, fortes de préposi-tions inséparables, dont quelqu’une estspécialement déterminative d’un termeantécédent. Chaque langue a son génie& ses ressources.

La langue latine elle-même n’est pastellement restreinte à son génitif déter-minatif, qu’elle ne puisse remplir les mê-mes vues par d’autres moyens : Evandriusen fis , c'est la même chose qu 'enfisEvan-dri ; liber meus, c’est liber mei^ liberpertinens ad me; domus régi a , c’est do-mus régis. On voit que le rapport de lachose possédée au possesseur, s’exprimepar un adjectif véritablement dérivé dunom du possesseur, mais qui s’accordeavec le nom de la chose possédée ; parceque le rapport d’appartenance est réelle-ment en elle & -.'identifie avec elle.

Le rapport de l’espece à l individu,n’est pas toujours annoncé par \e génitif:souvent le nom propre déterminant est

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au même cas que le nom appellatif dé-terminé ; urbs Roma ; flumen Sequana,mons Parnajsus , &c. Mais cette con-cordance ne doit pas s’entendre commele commun des grammairiens l’expliquent:urbs Roma ne signifie point, comme cnl’a dit, Roma quce efl urbs ; c’est au con-traire urbs quce eft Roma; urbs est dé-terminé par les qualités individuelles ren-fermées dans la signification du mot Ro-ma. II y a précisément entre urbs Romce& urbs Roma, la même différence qu’en-tre vas auri & vas aureum ; aureum estun adjectif, Roma en fait la fonction ; l’un& l’autre est déterminatif d’un nom ap-pellatif , & c’est la fonction commune desadjectifs relativement aux noms. N’est-ilpas en effet plus que vraisemblable queîes noms propres Afia , Africa , Hifpa-nia , Gallia , &c. sont des adjectifs dontle substantif commun est terra ; que an-nularis , auricularis, index, &c. nomspropres des doigts, fe rapportent au subs-tantif comrrtun digitus ? Quand on veutdonc interpréter l’apposition, & rendreraison de la concordance des cas, c’est lenom propre qu’il faut y considérer commeadjectif, parce qu’il est déterminant d’unnom appellatif. V. Apposition.

La langue latine a encore une maniéréqui lui est propre, de déterminer un nomappellatif d’action par le rapport de cetteaction à l’objet ; ce n’est pas en mettantle nom de Pobjet au génitif , c’est en lemettant à l’accusatif. Alors le nom dé-terminé est tiré du supin du verbe quiexprime la même action; & c’est pourcela qu’on le construit comme son pri-mitif avec l’accusatif. Ainsi , au lieu dedire, quid tibi hujus cura ejì rei? Fiantedit, quid tibi hanc curatio eft. rem?

Nous avons vu jusqu’ici la nature, ladestination générale, & les usages parti-culiers du génitif; n’en dissimulons pasles inconvéniens. II détermine quelque-fois en vertu du rapport d’une action ausujet qui la produit, quelquefois aussi envertu du rapport de cette action à l’ob-jet; c’est une source d’obscurités dans lesauteurs latins.

Est - il aisé, par exemple, de dire cequ’on entend par amor Dei ? La question