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Tome XV.
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G E N

cette efpece de convenance & d’uniténe pourroit manquer de produire un spec-tacle plus agréable que ces assortimensordinaires , qui n’ayant aucun rapport-nidans les sujets , ni dans la maniéré de lestraiter , offrent dans le même lieu les aus-tères beautés de l’histoire confondues avecïes merveilles de la fable, & les rêveriesd’une imagination peu réglée ; mais paílonsaux autres genres. La pastorale héroïqueest un genre commun à la poésie & à lapeinture, qui n’est pas plus avoué de la na-ture dans l’un de ces arts , que dans l’autre.En ester, décrire un berger avec des mœursefféminées, lui prêter des sentimens peunaturels, ou le peindre avec des habitschargés de rubans, dans des attitudes étu-diées , c’est commettre fans contredit deuxfautes de vraisemblance égales ; & ces pro-ductions de fart qui doivent si peu à lanature, ont besoin d’un art extrême pourêtre tolérées. La pastorale naturelle, cegenre dans lequel Théocrite & le Poussinont réussi, tient de plus près à la vérité;il prête aussi plus de véritables ressourcesà la peinture. La nature, féconde & iné-puisable dans fa fécondité , se venge desaisiront que lui ont fait les sectateurs dugenre précédent, en prodigant au peintre& au poète qui veulent la suivre , unesource intarissable de richesses & de beau-tés. L’idylle semblable au paysage, est ungenre qui tient à celui dont nous venonsde parler ( le PouJJìn ). Un artiste repré-sente un paysage charmant , on y voit untombeau ; près de ce monument un jeunehomme & une jeune fille arrêtés lisentf inscription qui se présente à eux, &: cetteinscription leur dit : je vivois 3 ainsi quevous , dans la délicieuse .Arcadie ; ne sem-ble-t-il pas à celui qui voit cette peinture,qusil lit l’idylle du ruisseau de la naïveDeshoulieres ? Dans fune & dans f autrede ces productions les images agréables dela nature conduisent à des pensées aussi jus-tes & aussi philosophiques que la façon dontelles font présentées est agréable & vraie.Le nom de portrait est commun à lapoésie comme à la peinture. Ces deuxgenres peuvent se comparer dans les deuxarts jusques dans la maniéré dont on lestraite; car il en est très-peu de restèm-Tome XV .

G E N ico$

blans. Les descriptions en vers des pré-sens de la nature font à la poésie ce qu’ontété à la peinture les ouvrages dans les-quels Desportes & Baptiste ont fi bienreprésenté les sieurs & les fruits : les pein-tres d’animaux ont pour associés les fa-bulistes. Enfin il n’est pas, jusqu’à la sa-tyre & à l’épigramme, qui ne puissentêtre traitées en peinture comme en poé-sie ; mais ces deux talens non-seulementinutiles, mais nuisibles , font par consé-quent trop peu estimables pour que jem’y arrête. J’en resterai même à cetteénumération, que ceux à qui elle plairapourront étendre au gré de leur imagi-nation & de leurs connoiííànces. rajou-terai seulement que les genres en pein-ture se sont divisés & peuvent se subdi-viser à l’infini : le paysage a produit lespeintres de fabriques, d’architecture, ceuxd’animaux , de marine; il n’y a pas juf-qu’aux vues de l’intérieur d’une église ,qui ont occupé tout le talent des Pieter-nefs & des Stenwits. Article de M.W A T E L E T. .

GENS , f. m. & f. ( Gramm. franc. )Voici un mot si bisarre de notre langue,un mot qui signifie tant de choses, unmot enfin d’une construction si difficile,qu’on peut en permettre l’article dans cedictionnaire, en faveur des étrangers ; &même plusieurs François le broient uti-lement.

Le mot gens tantôt signifie les per-sonnes , les hommes, tantôt les domes-tiques, tantôt les soldats, tantôt les of-ficiers de justice d’un prince , & tantôtles personnes qui sont de même fuite &d’un même parti. II est toujours masculinen toutes ces significations, excepté quandil veut dire personnes ; car alors il estféminin si l’adjectif le précede, & mas-culin fi l’adjectif le suit. Par exemple ,j’ai vu des gens bienfaits, fadjectif bienfaits après gens , est masculin. Au con-traire , on dit de vieilles gens , de bannesgens ; ainsi l’adjectif devant gens est fé-minin. II n’y a peut-être qu’une feuleexception qui est pour l’adjectif tout,lequel étant mis devant gens , est tou-jours masculin, comme tous les gens debien, tous les honnêtes gens; on ne ditM m m m m m