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Tome XVIII.
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puissent, ’.n’yarien qui leur résiste ; onne s’apperçoit même pas des défauts^qu’ilspeuvent avoir , & qui quelque considéra-bles , quelque énormes qu ils soient , Ion trachetés par ces deux qualités. Un princeaffable , doux , est toujours sûr du zele ,du respect , de la confiance & de I’amourde ses sujets qui mettant fur le compte decette douceur de caractère ses foiblesses ,ses défauts & ses fautes même , ne voienten lui que le roi bienfaisant, le protecteurgénéreux & f ami de ses peuples. Tel futJean J, roi d’Aragon ; il fut bon , & nefut que bon : cependant les Aragonois qui,à la vérité , venoient d'être soumis à unmaître fort dur , impérieux , méchant,l’aimerent & le regarderont comme le meil-leur des souverains. Jean pourtant n’étoitrien moins qu’ambitieux de pasièr pourhabile , mais il étoit affable , & la dou-ceur lui tint lieu des talens qu’il n’avoit pas& qu’on lui supposa , des grandes qualitésqu’il n’avoit pas non plus & qu’on voulutlui croire, des éminentes vertus auxquellesil ne prétendoit pas , & que le peupledont il étoit chéri lui donna libéralement.II se livra tout entier aux plaisirs, ne cher-cha qu’à se procurer & à goûter tous lesagrémens de la vie , & se reposa du gou-vernement du royaume sur la reine Vio-lante íà femme , princesse de beaucoupd’esprit , ambitieuse & intrigante ; maisil étoit affable , il étoit doux , & ce futuniquement à lui qu’on rapporta tout cequi fe faifoit de bien , comme on attri-buent à fa femme ou au malheur des cir-constances routes les fautes qui fe com-mettoient dans l’administration. On nesupposait pas qu’un roi qui recevoir avectant de douceur toutes les remontrancesqu’on jugeoit à propos de lui faire , futseulement capable de quelque négligencevolontaire dans la conduite des plus im-portantes affaires , & l’on excusait ou l’onfeignoit de ne pas voir toutes les faussesdémarches dans lesquelles l’engageoient soninapplication , ou les conseils de son épouse& deses favoris. Ce fut ainsi que régnapaisiblement Jean I , fils de don Pe-*Y > plus impérieux des rois , leplus violent des hommes , souvent le plus*PJuste , & de dona Léogore t infante de

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Portugal. II naquit le 27 décembre IZQ »& a fa naissance , son pere lui donna letitre de duc de Gironne , qui dans la fuitea toujours été celui des fils aînés des roisd Aragon. Son éducation fut confiée àbernard de Cabrera , général, ministre ,favori de don Pedre, & qu i par i es ser-vices les plus importans & I es plus signalésavoir mérité la confiance de son maître &l’estime publique : cependant , pat desfautes vraies ou supposées , Cabrera fe sicdes ennemis , & les accusations, ou peut-être les calomnies de ceux-ci ayant préva-lu , il devint odieux à tout le monde , &sur-tout à don Pedre qui soupçonnoit fa-cilement & condamnoit avec sévérité , surles soupçons les plus légers. Jean n’avoitpas encore quinze ans , lorsque son gouver-neur persécuté par ses ennemis & haï parson maître , fut arrêté , mis en prison ,applique à la plus violente torture , & ,par ordre de don Pedre > jugé par sonpupille Jean qui le condamna à mort.Mariana raconte que cette cruelle sentencefut prononcée par don Pedre , & publi-quement exécutée par le duc de Gironne.Ce fait n’est pas prouvé , & c’est astez qu’ilne soit pas vraisemblable , pour qu’on nedoive pas y ajouter foi. Jean n’étoit pasaíìèz cruel pour faire dans cette occasionl’office de bourreau ; il étoit fort doux aucontraire, il aimoit Cabrera, & il futforcément obligé de prononcer, fous ladictée de son pere , une sentence qu’il eutété très-dangereux pour lui de refuser deprononcer : don Pedre ne l’auroit pas plusépargné que Cabrera. Quelque tems aprèsil se maria avec dona Marthe , sœur ducomte d’Armagnac , & le roi son pere ,veuf depuis quelques années, épousa donaSybille de Fortia. Le caractère altier ,ambitieux & tracasser de la reine bybule ,causa beaucoup de chagrins au duc de Gi-ronne qu’elle haïssoit, qu elle cherchoit árendre odieux à don Pedre , & avec le-quel elìe ne garda plus de ítienagemenslorsque étant devenu veuf , il refusa d’é-pouser la reine de Sicile , cousine de Sy-bille, qui avoit proposé ce mariage. Lareine Sybille éclata , se déchaîna violem-? on l re duc de Gironne , qui eutenfin la douleur de voir le roi don Pedre

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