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ides ambassadeurs du roi de Castille , sonépouse , dona Béatrix , fut tumultuaire-ment proclamée à Lisbonne reine de Por-tugal. Cependant il s’en falloit bien quecette proclamation eut l’aveu de tous k scitoyens , des grands les plus distinguésfur-tout, ennemis déclarés de la réuniondes deux couronnes , & persuadés que fielle avoir lieu , bientôt le Portugal ne su-roît plus qu’une province Castillanne. Lechancelier étoit à la tête de cette puis-sante faction ; ils se réunirent tous augrand-maître, en qui seul ils soudoientleurs espérances ; mais leur plus grandecrainte étoit de voir tous leurs projets dé-concertés par la docilité de la reine Léo-nore aux conseils d’Andeiro son amant,qui, Castillan , travailleroit de toute sapuissance en faveur de l’époux de donaBéatrix. Le grand-maître leur promit deprévenir tous les efforts d’Andeiro : & eneffet il alla au palais , fit signe à Andeiroqu'il avoir à lui parler , l’attira dans unesalle voisine de l'apparrement de la reine ,& là , sans lui dire un mot , il tira unpoignard , îe lui plongea dans le sein , &saillant aux grands qui le suivoient le soind’achever de mettre à mort sa victime ,il fit fermer lesportesdu palais; après avoirfait sortir un de ses pages & le chancelier,qui allerent répandre & crier par la ville,que le grand-maître étoit dans le plusgrand danger , & que peut-être en ce mo-ment on Iepoignardoitau palais. A ces cris,les habitans de Lisbonne prirent les armes,coururent furieux au palais, enfoncèrentles portes, monterentà la tour où s’étoitréfugié don Martin , évêque de Lisbonne ,dont tout le crime étoit d’être Castillan ,Sc le précipitèrent d u hauc en-bas. Legrand-maître jugeant par ces excès de cequ’il avoir à attendre duzele des Portugais,fe montra & permit au peuple de le dé-fendre contre un péril qu’il n'avoir pointcouru. Iî alla ensuite justifier auprès deLéonore fa rigueur envers Andeiro , &s’efforça d’en démontrer la nécessité. Lareine í’écouta avec une froide & silencieuseindignation , & lui demanda seulement delui permettre de sortir de Lisbonne. II yconsentit, & elle íèretira à Alanguer. Alorsgrand-TOakre rassemblant les principauxTome XVIIL
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d’en tre ses partisans , parut inquiet & très-chagrin d’avoir renoncé , pour la tran-quillité publique , à fa propre tranquillité ,affecta !a plus grande incertitude fur leparti qui lui reíîoit à prendre , laissantmême entrevoir qu’il préféreroit de boncœur celui de la retraite. Le vieux chan-celier don Alvare Paez combattit detoutes ses forces cette résolution , & sou-tint que dans la situation actuelle le grand-maître ayant pour lui le peuple , devoirtout entreprendre & tout oser pour la sû-reté de la nation & pour la sienne. Legrand-maître affectant de se faire â lui—même la plus grande violence , promit dese sacrifier au bien général ; & tandis qu’iljouoit cette scene , le peuple & la noblesseassemblés par les foins de ses plus zélésadhérans , le proclamoient protecteur dela nation & régent du royaume , firentserment de ne l’abandonner jamais , &quelques momens après vinrent en foule leconjurer de ne rien négliger pour la dé-fense des Portugais. Cependant le roi deCastille , à la tête d’une armée considéra-ble , entra dans le royaume-, dont iî s’é-toit flatté de faire aisément la conquêtò ,& pénétra jusques à Santaren , où il fitson entrée publique avec la reine donaBéatrix, son épouse , & se fit proclamerroi de Portugal. Mais bientôt ses hau-teurs mécontentèrent le petit nombre deseigneurs qui s’étoient attachés â lui. Peuoccupé de leur maniéré de penser à sonégard , & toujours persuadé que le royau-me alloit tomber sous fa puissance, il nesongeoit qu’à hâter ses préparatifs, & join-dre à son armée astèz de troupes pourformer le siégé de Lisbonne. Mais il con-noiífoít peu le rival redoutable qu’il avoit acombattre , les ressources , la valeur LI’habileté du régent qui, P, ar ^ on amabi-lité , ses bienfaits répandus a pioposgto.-
sisoit son parti, ne cherchant , en appa-rence , qu’à défendre les interets & soute-nir les droits de ’mfant don Juan , prf,fonnier en Castille. L» armee du régentétoit déja presque aílez forte pour luttercontre celle du roi don Juan qui foîmavainement le siégé de Lisbonne , que leprotecteur 1 obligea de lever. Les Portu-gais étoient pourtant eux-mêmes dans unç
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