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rendit le calme à l’état. Un nouvel évé-nement acheva d’affermir la tranquillitépublique ; le roi de Castille mourut , & lareine dona Catherine , son épouse, ré-gente & tutrice de don Jean II, son fils ,fit convertsr la treve en paix , à la satis-faction des deux royaumes ; de Jean 1 sur-tout , qui ne defiroit que d’avoir le temsSt la liberté de travailler au bonheur deses sujets : il s’y consacra touc entier : ilrétablit Pautorité des loix énervée pen-dant les derniers troubles , il ramena lebon ordre , encouragea les citoyens utiles,intimida les citoyens pernicieux , & mal-gré la sévérité nécessaire qu’il se crut obligéd’employer , il ne cessa point d’être aimé,parce que dans aucune circonstance il necessa point d’être affable & accessible. Lesseigneurs seuls avec lesquels il avoir jadisvécu d’e'gal à égal , furent toujours reçusdans son palais fur le même ton : il sup-prima la vénalité des-charges qui ne furentplus accordées qu'a u mérite ; il diminuales impôts ; attira l’industrie par les ré-compenses & les distinctions qu’il accordaaux altistes. Lorsqu’il fut parvenu à rendreles Portugais aussi heureux , & son royau-me aussi fioriflànt qu’il Pavois defiré, sousprétexte de fe venger du comte de Flandreui ti oubloit le commerce de ses sujets , ilt d’immenses préparatifs de guerre pariner & par terre. Le comte de Flandreinformé par Jean / lui-même du véritablebut de ce grand armement, feignit de soncôté de.se préparer à une vigoureuse résis-tance. Les Maures d’Afrique étoienc Pani-que objet de ces préparatifs ; le roi dePortugal avoit projette d’aller a la fête deses troupes les combattre. Vainement lareine, son épouse , fit tous ses efforts pourle dissuader de cette expédition , i] Rem-barqua • & la reine conçut de son absenceun chagrin fi profond & si vif , qu’dletomba malade & mourut § aussi amère-ment regrettée de la cour & de la nationqu’elle le fut du roi. La flotte Portugaisecomposée de cinquante-neuf' galères , detrente-trois vaisseaux de ligne & de centvingt vaisseaux de transport , montés parcinquante milse hommes , alla débarquerprès de Ceuta , qui tut tout de fuite assié-gée j la résistance des Maures fut longue,
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opiniâtre ; mais la valeur des assiégeas»Pemporta à la fin, & cette place fut obli-gée de se rendre à J an 1 qui , api ès avoirbattu les Maures fur terre & sur mer »fortifia Ctuta , y laisla une forte garni-son , & revint triomphant dans ses états.La fortune fecondoit ce souverain illustradans toutes ses entreprises ; rien ne maiv-qi-oit à son bonheur : aimé des Portugais,estimé &: craint des puissances étrangè-res , il étoit encore plus heureux dans íàfamille. 11 avoir plusieurs fils: ils se distin-guoient tous par de rares talens , d'ex-cellent es qualités , f ur-tout par leurs sen-timens de zeîe , de respect & d’amourpour leur pere. Edouaid , l’aîné de sesenfans, d une prudence consommée, étoit,quoique jeune encore , capable de tenirles rênes du gouvernement. Henri , duede Vise u , plus jeune encore , avoit ladirection des affaires d’Afrique r & ellesne pouvoient être confiées a un directeurplus sage ni plus éclairé. Ce fut lui quile premier donna aux Portugais ce goûtdes découvertes qui , dans la fuite , s’estcommuniqué au reste des nations Euro-péennes : ce fut encore lui qui ayant re-marqué dans le petit royaume d’Algarveun terrein sûr & commode , à-peu-prés àdeux lieues du cap Sainc-Vincent , y fitconstruire Sagrès , l’une des villes les plusfortes du Portugal , & la mieux située.Jean I , qui lui-même étoit l’un des prin-ces les plus éclairés de son siecle , savoitapprécier 3e mérite & les talens de fesenfans ; il les rendort heureux , & il nechercha de son côté qu à faire leur bon-heur & leur donner des preuves de fa ten-dresse. II demanda l’insantedonai.éónore,fille de don Ferdinand , roi d’Aragon ,en mariage pour le prince Edouard , héri-tier. présomptif de la couronne ; il obtintcette princesse qui apporta en dot â soirépoux deux cens mille florins d’or, ce quidans ce siecle étoit la dot la plus richequ une princesse pût avoir. Dona Isabelled’Aragon , fille du comte d’Urgel , futmariée à l’infanr don Pedre : Jeun mariaaussi sa fille donna Isabelle à Phiîippe-le-»Bon » duc de Bourgogne ; & ce fut encor©lui qui fit le mariage de l’iníant don Juan.avec dona Isabelle de Portugal, siUç