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dépendent de V imagination , doivent bienplus raisonnablement être attribués à celledes personnes qui croient les appercevoir ,qu’à celle de la mere , qui n’a réelle-ment , ni n’est susceptible d’avoir aucunpouvoir de cette espece.
On a cependant poulie , sur ce sujet,le merveilleux auílì loin qu’il pouvoir al-ler. Non-seulement on a voulu que le fœ-tus pût porter les représentations réellesdes appétits de fa mere , mais on a en-core prétendu , que par une sympathiesingulière , les taches, les excroissances,auxquelles on trouve quelque ressemblan-ce , avec des fruits, par exemple des frai-ses , des cerises , des mûres, que la merepeut avoir désiré de manger, changentde couleur , que leur couleur devient plusfoncée dans la saison où les fruits entrent-èn maturité, & que le volume de cesreprésentations paroît croître avec eux :mais avec un peu plus d’attention , &moins de prévention , l’on pourroít voircette couleur , ou le volume des excrois-sances de la peau , changer bien plus sou-vent. Ces changemens doivent arrivertoutes les fois que le mouvement du sangest accéléré ; & cet effet est tout simple.Dans le tems où la chaleur fait mûrirles fruits , ces élévations cutanées fonttoujours ou rouges, ou pâles, ou livi-des , parce que le sang donne ces díssé-ientes teintes à la peau , selon qu’il pé-nétré dans ses vaisseaux , en plus ou moinsgrande quantité , & que ces mêmes vais-seaux sont plus ou moins condensés , ourelâchés , qti il s s° nt plus ou moins grandsfr nombreux ; selon la différente tem-pérature de Pair, qui affecte la surfacedu corps, & le tissu de la peau qmrecouvre fa tache ou l’excroislancesetrouve plus ou moins compact ou délicat.
Si ces taches ou envies, comme on lesappelle , ont pour cause Pappetit de lamere , qui se représente tels ou tels ob-jets, pourquoi, dit M. de Buffon, ( tìifi.nat. tom. IF. chap. xj. ) n’ont-esies pasdes formes & des couleurs aussi variéesque les objets de ces appétits ? Que defigures singulières ne verroit-on pas, sises vains désirs de la mere étoient écritsfur la peau de Pensant.
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Comme nos sensations ne ressemblentpoint aux objets qui les causent, il estpossible que les fantaisies, les craintes ,1 aversion , la frayeur , qu’aucune passionen un mot, aucune émotion intérieurspuissent produire aucune représentationréelle de ces mêmes objets; encore moinscréer en conséquence de ces représenta-tions , ou retrancher des parties organi-sées ; faculté , qui pouvant s’étendre autout, feroit malheureusement presqu’auflisouvent employée pour détruire I’individudans le sein de la mere, pour en faire unsacrifice à l’honneur , c’est-à-dire au pré-jugé , que pour empêcher toutes confor-mations défectueuses qu’il pourroit avoir ,ou pour lui en procurer de parfaites.D’ailleurs , il ne se feroit presque quedes enfans mâles ; toutes les femmes,pour la plupart , sont affectées des idées,des désirs , des objets qui ont rapport àce sexe.
Mars i’expérience prouvant que í’en-fant dans la matrice est à cet égard auílìindépendant de la mere qui le porte ,que Pœuf Test de la poule qui le couve,on peut croire tout aussi volontiers , outout aussi peu , que Y imagination d’unepoule qui voit tordre le cou â un coq,produira dans les œufs qn’elle ne faitqu’échauffer, des poulets qui auront lecou tordu ; que l’on peut croire la forcede l 'imagination de cette femme , qu!ayant vu rompre les membres à un cri-minel , mit au monde un enfant, dontpar hazard les membres fe trouvèrentconformés de maniéré qu’ils paroissoientrompus.
Cet exemple qui en a tant imposé araP. Mallebranche , prouve très-peu en fa-veur du pouvoir de l 'imagination , dansle cas dont il s’agit ; i°. parce que kfait est équivoque ; 2 °. parce qu'on nepeut comprendre raisonnablement qu’il yait, aucune maniéré , dont le principeprétendu ait pu produire un pareil phé-nomène. Soit qu’on veuille l’attribuer àdes influences physiques , soit qu’on aierecours à des moyens méchaniques , ilest impossible de s’en rendre raison d’unemaniéré satisfaisante. Puisque le cours desesprits dans le cerveau de la mere 3 n’q