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Tome XVIII.
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,> de l’air. Ces corps spirituels ne peuvênt» être apperçûs que par ceux à qui Dieu>’ en accorde le pouvoir, & qui font» éclairés par son esprit On peut jugerpar cet échantillon des idées que Tatiena eues de la véritable spiritualité.

S. Clément d’Alexandrie a dit eri termesformels, que Dieu étoit corporel. Aprèscela , il est inutile de rapporter s’il croyoicles âmes corporelles ; on le sent bien íansdoute. Quant aux anges , il leur faiíòitprendre les mêmes plaisirs que S. Justin ;plaisirs où le corps est autant nécessaireque l’ame.

Lactance croyois k'ame corporelle. Aprèsavoir examiné toutes les opinions des Phi-losophes fur la matière dont l’effence del’ame est composée , & les avoir toutesregardées comme incertaines ; il dit qu’ellesont toutes cependant quelques choses devéritable, notre ame ou le principe denotre vie étant dans le sang, dans la chaleur& dans l’esprit ; mais qu’il est impossible depouvoir exprimer la nature qui résulte dece mélange , parce qu’il est plus facile d’envoir les opérations que de la définir. Lemême auteur ayant établi par ces prin-cipes la corporéïté de l’ame, dit qu'elleest quelque chose de semblable à Dieu. IIrend par conséquent Dieu matériel, sanss’es appercevoir, & fans connoître sonerreur ; car selon les idées de son siecle ,quoique c e fût celui de Constantin , uneiprit écoit un corps composé de matièresubtile. Ainsi , disant que l’ame étoit corps,& cependant quelque chose de semblable áDieu , il ne croyoit pas dégrader davan-tage la nature divine & la spiritualité ',que lorsque nous assurons aujourd’hui queLame étant spirituelle, est d’une naturesemblable à celle de Dieu.

Arnobe n’est pas moins preas mmoins formel sur la corporeïte spirituelleque Lactance. On pourroit lui joindre a.Hilaire, qui dans la fuite pensa que l'ameétoit étendue; S. Grégoire de Naziance, quidisoit qu’on ne pouvoit concevoir un espritsans concevoir du mouvement & de la diffu-sion; S. Grégoire deNysse, qui parloit d’unesorte de transmigration inconcevable fansmatérialité ; S. Ambroise qui divisoit l’ameLU deux parties, division qui la dépouii-

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loit de son essence en la privant de sa sim-plicité ; Caísien qui pensoit & s’expliquoitpresque de même ; & enfin J ean de Thes-saloiiique, qui au septieme concile avance,comme un article de tradition attestéepar S. Athanase , par S. Basile, & parS. Méthode , que ni les anges, ni lesdémons , ni les âmes humaines ne fontdégagés de la matière. Déja néanmoinsde grands personnages a voient enseignédans l’Egiise une Philosophie plus correcte ;mais l’ancien préjugé se conservoit appa-remment dans quelques esprits , & se-montroit encore une fois pour ne plusreparokre.

Les Grecs modernes ont été à-peu- présdans les mêmes idées que les anciens. Cesentiment est appuyé de l’autorité de M»de Beausobre , l’un des plus savans hom-mes qu’il y ait en Europe. Voici commeil parle dans son histoire de Manichée &du Manichéime : " Quand je considéré ,>, dit-il , la maniéré dont ils expliquent» l’union de deux natures en ï. C. j-e-» ne puis m’empêcher d’en conclure ,n qu’iîsontcru la nature divine corporelle..n L’incarnation , disent-ils , est m par -„ fait mélange des deux natures : la nature>, spirituelle & subtile pénétré la nature» matérielle & corporelle jusqu a ce quellen joìt re'pandue dans toute cette nature %r> mêlée toute entìere avec elle , en jortsqu'ìl rìy ait aucun lieu de la nature„ matérielle qui soit vuìde de la nature„ spirituelle. Pour moi, qui connoisn Dieu comme un esprit, je comtois austì« s’Incarnation comme un acte constant” irrévocable de la volonté du fils deDieu, qui veut s’unir la nature liu —» marne , &. lui communiquer toutes les» perfections qu’une nature créée est ca-» pairie de recevoir. Cette explication du» mystère de l’Incarnation est raisonnable;" mais, fr je Pose dire , ou celles desr> Grecs n’est qu’un amas de fausses idéesn & de termes qui ne signifient rien , ouv ils ont connu la nature divine comme,i une matière subtile »,

Le grand homme, que je viens de citer,va nous prouver que dans le quatorziè-me íiecîè , il falloit , selon le principe-des Grecs, qu’ils crussent encore que