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Tome XVIII.
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ne faisoit, pour ainsi dire , qu’écîore. Cefut lui-même qin dans les faires la porta àun point bien plus parfait ; cependant il neput la perfectionner alors fur Pessence deDieu , il raisonna toujours en parfait matérialifìe fur les substances spirituelles. IIdonna des corps aux anges & aux démons ;í! supposa trois ou quatre différentes ma-tières spirituelles , c’est-à-dire subtiles. IIcomposa de l’une , f essence des substancescélestes ; de l’autre, qu’il disoit être comme■£in air épais, il fit celle des démons. L’amehumaine étoit aussi formée d’une matière•qui lui étoient affectée & particulière.

On voit combien les idées de la purespiritualité des substances immatériellesétoient encore confuses dans le rems deS. Augustin. Quant à celles que ce pèreavoit de la nature de l’ame , pour mon-trer évidemment cqmbien elles étoient obs-cures & inintelligibles , il ne faut que con-sulter ce qu’ïl dit sur l’ouvrage qu’il avoirécrit au sujet de son immortalité. 11 avouequ’i! n’a paru dans le monde que malgré•son consentement, & qu’il est si obscur ,fi confus , qu’â peine entend-il Iui-méme,iorsqu’il le lit , ce qu’il a voulu dire.

II semble que quelque tems après S.Augustin, loin que la oonnoistànce de la■pur e spiritualité' se perfectionnât, elle fut.peu-à-peu obscurcie. La philosophie d’Aris-tote , qui devint en vogue dans le dou-zieme siede , fit presque retomber les1 neologions dans l’opinion d’Origene &de Teituihen. Il est vrai qu’ils nièrentformellement que dans PeíTence spirituellest se trouvât rien de corporel , rien desubtil, rien enfin qui appartint au corps ;ruais d’un autre côté ils détruisoient toutce qu’ils fuppofoient, en donnant une éten-due aux esprits ; infinie a Dieu,, & finieaux anges & aux âmes. Ils pretendoientque les substances spirituelles occupoientèc rempliíïoient un lieu fixe & deter-miné : or ces opinions sent directe-ment contraires aux saines idées de la fpi-ritualitv' Ainsi, l’on peut dire que jus-qu’aux Cartésiens , les lumières que S.Augustin avoir données fur la pure incor-poreíté de Dieu , étoient diminuées de■beaucoup. I.es Théologiens cpndamnoient■Qsieene & lertuUien ; & dans le fond,

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I ils étoient beaucoup plus proches du sen-timent de ces anciens que de celui de S.Augustin. Ecoutons fur cela raisonner M.Bayle à l'artUt: de SlMONIDE de sondictionnaire historique & critique : " Juf-» qu à M. Descartes , tous nos docteurs,» soit théologiens , soit philosophes ,» avoient donné une étendue aux esprits,» infinie à Dieu , finie aux anges &» aux âmes raisonnables. II est vrai" qu’ils soutenoient que cette étendue" n ’est point matérielle , ni composée" fio parties, & que les esprits font tout» entiers dans chaque partie de Pefpace» qu’ils occupent : ton i.i toto , & mi ind fingulis partibus. De-là font sortis les» trois especes de présence locale, ubi cir-» cumfcriptìvum , ubi dejinitivum , ubi» repletivum ; la premiere pour les corps,„ la seconde pour les esprits créés , & la„ troisième pour Dieu. Les Cartésiens ont„ renversé tous ces dogmes : ils disent que„ les esprits n’ont aucune forte d’étendue ,», ni de présence locale ; mais on rejette leur« sentiment comme très-abfurde. Disons» donc qu’encore aujourd’hui presque tous» nos philosophes & tous nos Théologiens» enseignent, conformément aux idéespo-» polaires, que la substance de Dieu est» répandue dans des espaces infinis. Or, il» est certain que c’est ruiner d’un côté>, ce qu’on bâtit de l’autre. C’est redonnerw en effet à Dieu la martériaîité qu’on lui» avoit ôtée. Vous dites qu’il est un esprit,„ voilà qui est bien ; c’est lui donner une» nature différente de la matière. Mais" en même tems vous dites que fa fubftan-" est répandue par-tout ; vous dites” donc qu’elle est ecendue ? Or nous n’a-» vons point d’idée-de deux sortes d’éten-» due : nous ne concevons clairement» que toute étendue quelle .qu’elle soit” a des parties distinâ;es , impénétrables *” inséparables les unes des autres. C’est un" monstre que de prétendre que Pâme soit" toute dans le cerveau & toute dans le» cœur. On ne conçoit point que l’éten->i due divine & l’étenduo de la matière„ puissent être au même lieu , ce seroit» une véritable pénétration da dimensions» que notre raison ne conçoit pas. Outren cela, les choses qui font pénétrées avec